Aide alimentaire et développement rural PDF

En pratique : Quelles sources sont attendues ? Selon la définition dans la charte de la Fédération française des banques alimentaires, les banques alimentaires collectent, gèrent et partagent des denrées alimentaires pour aider l’homme à se restaurer. Paradoxe des sociétés industrialisées, leur richesse croît globalement, elles produisent des biens en aide alimentaire et développement rural PDF, tandis que certains de leurs membres ont toutes les peines du monde à satisfaire un besoin pourtant de base, à savoir se nourrir convenablement. Le creusement des inégalités, développement de la misère et des situations de pauvreté extrême.


Plutôt que de réclamer la suppression de cette aide, il faut se demander s’il ne serait pas possible de l’utiliser plus efficacement, d’en faire même un instrument du développement de l’agriculture. « Copyright Electre »

Il est avéré que la malnutrition est une des premières causes de dégradation physique et d’exclusion professionnelle. Les mécanismes de l’économie de marché aboutissent à des absurdités économiques et humanitaires. Des denrées sont gaspillées alors qu’elles pourraient être employées utilement. Les excédents agricoles, la surproduction des industries agroalimentaires, par crainte d’une chute des cours, aboutissent à retirer à la vente un nombre important de produits alimentaires pourtant tout à fait consommables. La mobilisation des banques alimentaires s’appuie sur ce droit fondamental.

Par certains aspects, certaines associations caritatives sont assimilables à des banques alimentaires. Leur activité a en effet comme dénominateur commun la collecte et le stockage des denrées alimentaires en vue d’une distribution aux personnes démunies. Dans ce paysage institutionnel, les banques alimentaires stricto sensu sont relativement récentes mais affichent néanmoins une spécificité certaine. Des associations humanitaires exercent des activités proches de celle des banques alimentaires, à savoir la collecte, le stockage et la redistribution de denrées aux plus démunis. Bien entendu, la vocation première de ces réseaux reste, au-delà des dons de nourriture, l’accompagnement et l’insertion sociale.

Par leur aspect logistique et collecte, ces associations ont donc de fait un volet  banque alimentaire , mais une telle activité ne reste toutefois envisageable que pour les réseaux d’entraide les plus puissants. Les premières banques alimentaires se sont constituées aux États-Unis à la fin des années 1960. Ce modèle fut exporté un peu partout : au début des années 1970, plusieurs autres banques alimentaires furent instituées dans plusieurs grandes villes. En 1976, le gouvernement fédéral accorda une aide à la banque alimentaire créée par Van Hengel dans le but de lui permettre d’étendre le modèle à tout le pays.

Van Hengel voyagea également au Canada et en Europe pour contribuer à la création de nouvelles banques alimentaires, et fonda International Food Banking Services, une société de conseil pour le développement de banques alimentaires. En 1982 l’aide fédérale cessa, et le réseau Second Harvest diversifia ses sources de financement. Depuis, l’organisation continue de croître aussi bien en termes de banques alimentaires adhérentes qu’en termes de volume de denrées distribué. L’apparition des banques alimentaires en Europe est plus tardive : sur le modèle américain, la première banque alimentaire y ouvre en France en 1984 à Arcueil, à partir la réunion de plusieurs associations caritatives.

Des banques se sont développées par la suite dans d’autres pays d’Europe. Dans la mesure où d’autres associations caritatives peuvent être amenées à remplir des fonctions similaires, la question de la spécificité des banques alimentaires se pose donc. Si les banques alimentaires soutiennent les actions de réinsertion menées par leurs associations partenaires, elles laissent à ces dernières le soin de mener de telles actions et de distribuer les denrées alimentaires aux personnes dans le besoin. Les banques alimentaires sont donc spécialisées dans des tâches logistiques et sur le travail de collecte alimentaire. La collecte alimentaire est en effet devenue une problématique à part entière, tant l’accès aux approvisionnements en denrées est une activité difficile. La spécialisation logistique et la visibilité des banques alimentaires, constituées en de puissants réseaux, leur confèrent un pouvoir de négociation plus important auprès des fournisseurs en denrées alimentaires, que les associations humanitaires ne pourraient assumer seules. L’organisation des banques alimentaires européennes s’inspire largement de l’exemple des food banks américaines.

Comme aux États-Unis, les banques de chaque pays sont structurées en réseau sur le mode fédératif. Second Harvest, le réseau américain de banques alimentaires, est également la plus importante association humanitaire de lutte contre la faim aux États-Unis : plus de 200 banques alimentaires locales en sont membres. En France, 79 banques agissant au niveau des départements sont regroupées dans une fédération nationale coordonnant leur action. La création d’une banque locale part de l’initiative d’un groupement d’acteurs associatifs agissant à une échelle locale, ce qui démontre là encore le rôle d’outil logistique des banques alimentaires, dont l’action est mise au service de toutes les initiatives.

Le rôle des fédérations nationales est de servir de péréquation et d’accueillir les grandes donations. Les fédérations établissent les normes en ce qui concerne la capacité de stockage, le contrôle qualité, la gestion. Les banques alimentaires sont entièrement gérées par des bénévoles pour la collecte et l’acheminement des denrées, leur tri et stockage, leur contrôle et conditionnement. Le partage et la distribution de vivres vont exclusivement aux démunis via les associations caritatives adhérentes. Les banques alimentaires reposent sur le bénévolat, le mécénat, la générosité ainsi que la gratuité des denrées collectées. Par quels canaux les banques alimentaires parviennent-elles à se fournir en denrées alimentaires consommables et de qualité, l’idée de base étant pour ce faire de contourner les mécanismes classiques de distribution marchande ?

Le grand public : chaque année en novembre une collecte nationale de denrées non périssables est organisée auprès du public dans les magasins de grande distribution. Les bénévoles des Banques Alimentaires distribuent à l’entrée du magasin des imprimés expliquant quels produits doivent être achetés en priorité. Les clients remettent ensuite à la sortie les denrées ainsi achetées, qui seront ensuite stockées. Aux États-Unis, une réforme fiscale de 1976 favorise la donation par les entreprises de leurs produits aux banques alimentaires. Depuis, le fonctionnement et l’idée même des banques alimentaires sont bien acceptés par les industriels. Cela s’inscrit dans le cadre d’une politique plus générale de lutte contre le gaspillage. Les pouvoirs publics, principalement par l’ouverture de stocks agricoles.

Le gouvernement américain fournit gratuitement ou pour un prix dérisoire des surplus agricoles aux banques alimentaires. Les vivres collectés sont ensuite stockés dans des entrepôts de transit où ils sont conservés dans des bonnes conditions sanitaires. Les banques alimentaires ne distribuent en principe pas directement les denrées aux populations démunies. Des associations locales au contact de la population s’en chargent.

Cet approvisionnement des organismes humanitaires et caritatifs de terrain s’effectue dans le cadre de conventions. Toute l’année, les banques alimentaires approvisionnent gratuitement les associations humanitaires, les organismes sociaux adhérents ainsi que les centres d’entraide ou d’accueil agissant au niveau local. Aux États-Unis, le réseau Second Harvest distribue annuellement 1,8 milliard de livres de provisions alimentaires. Les Banques alimentaires du Québec, qui regroupent 18 banques régionales et quelque 1 000 organismes locaux, se donnent pour mission de soutenir et représenter le réseau des organismes d’aide alimentaire du Québec en recherchant des alternatives durables pour contrer la faim et la pauvreté. La Fédération Française des Banques Alimentaires participe depuis sa création au Programme européen d’aide aux plus démunis. Rechercher les pages comportant ce texte. La dernière modification de cette page a été faite le 22 novembre 2018 à 08:09.