Annales Des Sciences Naturelles: Botanique Et Biologie Vegetale PDF

Verzy près de Reims en France. Le fau ne dépasse pas quatre à cinq mètres de haut. En été, il étale ses feuilles en un parasol très dense, pouvant aller jusqu’à former une sorte d’igloo annales Des Sciences Naturelles: Botanique Et Biologie Vegetale PDF feuilles.


En hiver, son architecture tourmentée se dévoile : troncs et branches tordus, coudés, torsadés, branches terminales retombant jusqu’au sol. Ce n’est pas le cas des faux de Verzy, en particulier depuis qu’un sentier aménagé permet de les admirer, protégés par des barrières en rondins, sans que le piétinement leur soit nuisible. Avec plus de 1 000 faux, la Forêt Domaniale de Verzy est la principale réserve mondiale de faux. Jeanne d’Arc vint faire une sieste dans cette forêt. Le site est classé au niveau national depuis 1932. Une multitude de spéculations, des plus farfelues aux plus plausibles, souvent sans fondement scientifique, ont été proposées pour déterminer l’origine des faux. Les moines les auraient multipliés par marcottes et transplantés en forêt pour faire un véritable  jardin botanique .

Ces grands voyageurs auraient, selon Y. En se rendant avec Charles VII de France à l’abbaye de Saint Basle, Jeanne d’Arc serait montée dans les branches d’un fau à Verzy et s’y serait assise. Vraie ou pas, l’anecdote témoigne du fourmillement de légendes qui a entouré pendant des siècles ces hêtres tortillards, qui restent encore aujourd’hui un mystère pour les scientifiques. La cause de l’étrange croissance des tortillards est un secret inexpliqué à ce jour.

Pour la croissance, ont été rendus responsables la nature du sol, sa composition chimique, la présence de substances radioactives dans les eaux, le climat, des météores radiants, la forme et la position des bourgeons, des cavités souterraines avec courants d’air ou des rayonnements telluriques. Les hêtres tortillards, comme les hêtres communs, font partie de la famille des Fagacées. Pas 800 ans, comme cela a été avancé, mais des comptages de cernes de croissance ont donné 350 ans à Verzy. Certains ont pu vivre 500 ans. La mutation génétique est actuellement l’hypothèse la plus probable concernant le phénomène  tortillard . Verzy dans d’autres milieux ou greffés sur hêtre commun, en conservent l’aspect tourmenté.

Non, car alors pourquoi tous les hêtres de Verzy ne sont-ils pas tortillards ? L’hypothèse d’un pathogène ayant induit une mutation est compatible avec la présence à Verzy de quelques spécimens tortillards de chênes Quercus petraea et de châtaigniers Castanea sativa. 1985 n’a pas permis d’y déceler la présence active de virus ou de mycoplasmes. Sont aussi présents sur le site, et paraissant être de plus en plus nombreux au fil de ces dernières années, de curieux arbres de phénotype tortillard dont une branche présente un retour stable au phénotype commun. Ces  hêtres chimères  sont aussi nommés  révertants .

Université de Reims en 1998 a permis de montrer que les différences morphologiques étaient bien dues à un facteur génétique, confortant l’hypothèse d’une mutation. Les hêtres tortillards sont l’objet de soins depuis des décennies. Le site de Süntel, peu visité, s’enrichit de replantations sur greffes. Le site de Verzy appartient à l’ONF et de ce fait il reçoit des centaines de milliers de visiteurs par an qui ont été une menace pour la survie de la variété. Des récoltes de faines sont réalisées par l’INRA et le Conservatoire Botanique de Nancy.

Dans le square des arènes de Lutèce, dans le 5e arrondissement de Paris, figure un individu de la même espèce, de deux mètres de haut, planté en 1905. Dom Martène et Dom Durand, Voyage littéraire de deux bénédictins de la congrégation de St-Maur, Paris, 1717 et Dom Saulnier, La vie de saint Basle, ermite. Bulletin de la Société des Amateurs de Jardins Alpin. Les faux de Verzy : naissance, développement et maintien d’une légende.