Calendrier liturgique officiel 2011 : Année A PDF

Le blog de l’amie scolaire : Questions de profs. Ce blog n’est pas un forum de débat entre partisans et adversaires de la pédagogie. Il veut être un lieu de réflexion et d’échanges pédagogiques destiné aux professionnels de l’école et à tous ceux qui s’interrogent, doutent, cherchent, souhaitent une aide à la recherche, à la pratique du métier, sans oublier les parents, bien sûr. Surtout, quand on est chargé d’enseigner l’écriture, des mots comme ceux-là, ça vous libère aussi de la « rédac », cette chose mollasse, sans consistance, sans signification autre que scolaire, qui prétend être un entraînement à la production de textes et qui n’entraîne qu’à produire des erreurs d’orthographe comptabilisées dans des non-textes sans intérêt, inutiles et même dangereux, car ils trompent les enfants sur cette activité essentielle de la vie sociale, calendrier liturgique officiel 2011 : Année A PDF et personnelle.


L’écriture, ce n’est pas ça du tout ! D’abord, elle est un outil de communication, et donc, le Petit Prince nous le rappelle, elle permet de créer des liens entre des êtres que séparent l’espace et le temps. Elle est ce qui la rétablit, là où la communication est coupée par les données de la vie. Et l’on comprend bien que pour apprendre à utiliser cet outil, il faut être en situation réelle : on n’apprend pas à manier un outil, le marteau ou la scie électrique, en faisant semblant, car alors, comme disait Jean Foucambert, on apprend à faire semblant.

Condition évidemment remplie si l’on est en situation de projet, et si la communication en question en fait partie. Mais l’on sait qu’en classe, de telles situations ne seront pas suffisamment nombreuses et variées pour que les enfants fassent connaissance avec tous les types de situations possibles. 1- la mention de celui avec qui on est censé communiquer : un ami, un personnage officiel, un organisme, l’ensemble des parents, le public etc. 5- S’ajoute aussi le fait que le texte à produire puisse être un extrait d’un type d’écrits à préciser : si l’on travaille sur la description, par exemple, on sait qu’aucun texte, jamais ne peut être que descriptif.

Une description ne peut donc être qu’un extrait d’un type d’écrit donné, largement dépendant de l’écrit en question : le même paysage champêtre ne sera pas décrit de la même façon dans un roman d’amour et un polar, dans une brochure touristique et dans un manuel de géographie. La consigne doit donc les préciser, ou les donner à choisir. Et rien n’empêche, au contraire, de faire varier ces paramètres proposés d’un groupe d’écriture à un autre, si, comme c’est souhaitable à l’école primaire, les enfants écrivent en petits groupes solidaires. Mais l’écriture a aussi un autre rôle — dont il est de bon ton de parler surtout dans les cercles intellos, où il tend à envahir tout le champ de l’écriture, la communication devenant subalterne et méprisable — mais un rôle que l’École ignore superbement, ce qui en fait un facteur de discrimination de plus.

Celui de l’écriture d’expression, celle qui va jusqu’à la littérature. Celui que chante si bien Renaud, qui lui a permis de sortir de l’enfer où il s’était enfermé. On le sait tous — et Renaud plus que quiconque — la vie réserve à chacun de nous des drames souvent épouvantables, auxquels il est pour beaucoup d’entre nous affreusement difficile de survivre. Certes, écrire au sens le plus large de ce terme, celui de créer : musique, peinture, et tous les arts, l’essentiel étant d’agir pour produire. Mais l’écriture a, sur ses frères et sœurs en création, un plus incontestable : alors que la création artistique a pour effet de faire oublier la douleur, en la remplaçant par un autre réel, écrire ne la fait pas oublier, mais permet de s’en rendre maître par l’analyse, la transformation, la caricature ou la sublimation. En fait, beaucoup plus que la parole orale qui colle au locuteur et se dissout dans l’instant, l’écriture qui prolonge la parole dans le temps, la ramène à celui qui parle.

Elle a, du reste, par rapport à la communication orale, un pouvoir de maîtrise de celle-ci, en permettant de dire ce qui a du mal à se dire, ce que l’oral, dans sa nudité, déforme ou ne peut exprimer. Rappelons-le, le mot « expression » vient du latin exprimere : faire sortir en pressant . Or, la notion de presser est souvent oubliée dans les acceptions de ce verbe, volontiers pris dans le sens de dire ou faire ce qu’on veut . Même si elle a des liens avec elle, la spontanéité n’est pas l’expression. Celle-ci est souvent le résultat de stéréotypes sociaux, d’idées reçues, de pratiques imposées sans qu’on s’en soit aperçus. Le problème, c’est que ça ne se fait pas tout seul. Il ne suffit pas de donner le « droit » de s’exprimer pour qu’on puisse le faire.

A cette question, un enfant ne peut que répondre « c’était bien, ça m’a plu ». Et puis, des confidences, ça ne se demande pas. Mais on ne les sollicite pas. Et pourtant il faut être capable de le faire quand cela devient nécessaire : comment ? La sagesse populaire le dit fort bien : pour avoir du jus, il faut presser le citron.

A l’école, le presse-citron , c’est le jeu. C’est lui qui ouvre la porte à l’expression. Pour que les enfants deviennent capables de s’exprimer, c’est-à-dire faire sortir d’eux ce qui est vraiment eux, il faut quelque chose qui presse : seul le jeu, et les règles qui le définissent peuvent obtenir ce résultat. L’expression, à l’école primaire, passe donc obligatoirement par du jeu et des règles de jeu. C’est en jouant avec toutes sortes de règles inventées que les enfants vont pouvoir casser les stéréotypes, les empêcher de s’installer en eux, et acquérir des outils qui leur permettront de les utiliser pour leur propre compte, et bien sûr, sans que personne ne vienne le leur demander. Donc, il faut jouer en classe, normalement dans toutes les disciplines, mais pour la maîtrise de la langue, plus encore. L’écriture, qui distancie la parole, la clarifie et l’intensifie en même temps, devient alors prise de pouvoir sur le monde et sur soi.

Sa maîtrise est la compagne incontournable de la liberté. Elle doit donc appartenir à tous : c’est notre devoir. A paraître en juin prochain, chez ESF : « Eveline Charmeux : « Réconcilier les enfants avec l’écriture ». Les trackbacks pour ce billet sont fermés. Sur médiapart, en guise d’hommage au courage d’Eveline qui poursuit inlassablement le combat pour une école moderne, démocratique, émancipatrice, dans un contexte où le conservatisme s’impose avec arrogance. Lui qui m’en parlait régulièrement, il a cessé après : son deuil était fait. Chose mollasse, sans consistance, sans signification autre que scolaire  : généralisation bien hâtive.