Carnets : Tome 4, Le mystère de Paternité (7 janvier 1943 – 31 mai 1944) PDF

La littérature de la Shoah est constituée par les ouvrages littéraires qui témoignent directement ou évoquent l’anéantissement des Juifs par le nazisme entre 1939 et 1945. La littérature de la Shoah carnets : Tome 4, Le mystère de Paternité (7 janvier 1943 – 31 mai 1944) PDF, avant même l’anéantissement dans les camps de concentration et d’extermination, dans les ghettos où sont entassés les Juifs de toute l’Europe allemande. Ce dernier crée d’ailleurs l’Oyneg Shabbos, organisation clandestine, suscitant et recueillant les archives du ghetto de Varsovie, un ensemble de témoignages, d’œuvres littéraires et d’analyses sur les conditions de vie, d’alimentation et de création.


Les Carnets de soeur Marie de la Trinité constituent une oeuvre monumentale et très originale. Au début de sa vie religieuse, Marie de la Trinité reçoit, dans l’oraison, plusieurs grâces importantes, ainsi que des lumières et paroles, qu’elle consigne entre 1941 et 1946 dans 3 250 pages manuscrites de 35 carnets. Ces pages denses font entrer le lecteur dans l’étonnante expérience mystique qui a pour lieu le sein du Père et font écho à la longue réflexion théologique sur les mystères de la filiation et du sacerdoce. Le théologien Hans Urs von Balthasar écrivait en 1988, peu avant sa mort : «Marie de la Trinité a beaucoup influencé ma pensée. Un vrai tournant.» L’édition de l’intégralité des Carnets est donnée en cinq tomes. Le premier s’ouvrait sur le récit de la grâce du 11 août 1929 et des grandes grâces. Le deuxième et le troisième tome, furent rédigés de février à décembre 1942 et couvrait une période relativement paisible et féconde. Dans ce quatrième tome, les thèmes se concentrent sur le mystère de Paternité. Marie de la Trinité fixe le Père, sa vocation même. Elle comprend de mieux en mieux, surtout pendant la retraite qu’elle fait à Paris du 11 au 20 mars 1944, que le Père lui demande et lui donne une «vocation personnelle de forme intérieure».

Après la guerre, la Shoah est devenu un objet littéraire et philosophique de premier plan. Les textes de la Shoah se heurtent à la difficulté de raconter un événement sans précédent, avec des actes parfois tellement horribles qu’ils instillent chez les auteurs la peur de ne pas trouver les mots pour décrire et faire comprendre leur vraie nature. Rupture ou continuité des traditions littéraires juives? La Shoah, un événement unique dans l’histoire ? Les soubresauts de l’histoire juive : diaspora, persécutions régulières dès la première croisade, mises au ban de la société, pogroms, avaient conduit l’imaginaire juif à élaborer au cours des siècles de multiples figures pour dire le désastre.

Elle reflète aussi le culte de l’écrit née d’une conception théologique du langage. La nouvelle difficulté réside dans le témoignage d’une destruction totale. L’anéantissement, lui, échappe à toute tentative de dénomination. Il ne trouve pas sa place dans des canons préexistants et peut pas s’inscrire dans un temps cyclique de la Bible.