Cliniques méditerranéennes, numéro 66 : Psychopathologie du travail PDF

La psychanalyse consiste en l’élucidation de certains actes, pensées ou symptômes en termes psychiques à partir du postulat de l’existence du déterminisme psychique : une idée qui se présente à l’esprit ou un acte ne sont pas arbitraires, ils ont un sens, une cause que l’exploration de l’inconscient permet de mettre au jour. La psychanalyse fait l’objet, depuis l’origine, de critiques et de discussions à la fois internes au mouvement psychanalytique et extérieures à ce mouvement, concernant son caractère scientifique, la pertinence de sa description du psychisme, et son efficacité thérapeutique. Article détaillé : Histoire de la psychanalyse. Sigmund Freud, médecin, neurologue et psychanalyste autrichien, il est difficile d’en dater précisément la naissance et différentes dates pourraient être retenues : 1881-1882 avec Josef Breuer cliniques méditerranéennes, numéro 66 : Psychopathologie du travail PDF Anna O.


Ce dossier coordonné par Yves Clot, professeur à la chaire de psychologie du travail du CNAM, paraîtra peut-être inhabituel aux lecteurs de cette revue. C’est que la psychanalyse s’y trouve concernée d’une façon particulière. Les approches en clinique du travail présentées ici – aussi bien en clinique de l’activité qu’en psychodynamique du travail – ne cherchent pas à étendre la psychanalyse à un nouveau domaine. En partant de l’histoire de la psychopathologie du travail, elles adoptent un autre point de vue : le travail, dans ce qu’il a de plus concret, possède sa propre portée subjective. Il n’est pas un simple théâtre d’opérations pour les conflits laissés en souffrance dans l’histoire personnelle. Il est même une source de discorde qui dépasse les rapports purement subjectifs de personne à personne. Ces conflits ne sont pas voués à la seule répétition des premiers. Et pourtant, très souvent, ils finissent par le devenir. C’est peut-être là le paradoxe même de toute psychopathologie du travail. Au travers de nombreuses situations professionnelles, les auteurs, tous spécialistes du domaine, affrontent ici ce paradoxe. Nos lecteurs trouveront aussi dans ce numéro des textes traitant de l’histoire de la psychanalyse et de ses concepts ou de thèmes psychopathologiques, comme ceux des troubles du sommeil de l’enfant ou de la violence.

L’auteur attribue alors l’invention du procédé à Josef Breuer. Josef Breuer et Freud, arrivent à la conclusion, dans leur ouvrage sur les études sur l’hystérie, que l’hystérique souffre de manière inconsciente de traumatismes passés, vécus dans l’enfance. Freud explore le psychisme à travers la parole du sujet qui doit suivre la règle fondamentale et la logique d’association libre de manière à faire parvenir à la conscience des éléments liés au refoulement. Les premiers débats entre psychanalystes sont vifs et nombreux. Freud lui-même a considérablement évolué sur certains points théoriques qui concernaient la psychanalyse, notamment en 1920, lors de sa conceptualisation de la deuxième topique.

Le passage de la première topique à la seconde topique est rendu nécessaire à la suite de l’élaboration de la seconde théorie des pulsions. En 1914, Freud fait paraître ses travaux sur le narcissisme qui préfigurent les changements qui interviendront dans la deuxième topique. Article détaillé : Critiques de la psychanalyse. Dès les débuts de la psychanalyse, les psychanalystes contemporains de Sigmund Freud, tels Carl Gustav Jung ou Sándor Ferenczi pour la première génération, ou Melanie Klein, pour la deuxième génération proposent des inflexions théorico-cliniques, ou critiquent des positions de Freud . En France, l’essentiel des débats internes à la psychanalyse porte sur l’enrichissement des concepts freudiens, tout en conservant les exigences de rigueur sur les principes essentiels, dans l’exploration de ce champ d’études, et éthiques dans la pratique de la cure, les débats se cristallisant autour des travaux et de la personnalité de Jacques Lacan. Au Royaume-Uni, des controverses scientifiques divisent durablement la société britannique de psychanalyse, entre les partisans d’un renouveau théorique, autour de Melanie Klein, et leurs opposants, réunis autour d’Anna Freud. La psychanalyse n’est pas qu’un ensemble théorique, une métapsychologie qui peut être appliquée à l’étude des œuvres d’art, des philosophies, etc.

L’observation de ces tendances contradictoires permet d’émettre l’hypothèse d’un conflit psychique inconscient. Afin de remplacer l’hypnose, Sigmund Freud utilise un principe qu’il attribue à C. Le rêve n’est donc pas composé d’images hallucinatoires dépourvues de sens, le lapsus n’est pas un simple accident sans cause, pas plus qu’une idée ne traverse l’esprit sans raison. Une idée, avant d’arriver à la conscience, subit une déformation plus ou moins grande mais conserve toujours un rapport avec l’idée d’origine. Sans doute faut-il voir dans l’affirmation de ce principe le souci de Freud de hisser la psychanalyse au rang de science.

En effet, le principe du déterminisme, qui est le réquisit de toute science expérimentale, est bien la  foi  du psychanalyste : pas plus dans le monde psychique que dans le monde physique, un phénomène ne peut se produire sans cause. La thèse de Freud sur le rêve est que celui-ci est la réalisation d’un désir. Le rêve de l’adulte est en ce sens identique au rêve de l’enfant, mais il est déformé par les nombreux interdits qui résultent de l’éducation et de la culture, aussi le rêve peut-il être compris comme l’expression d’un compromis entre un désir et un interdit. Cette interprétation passe donc par le travail d’analyse du rêve. Inversement, un seul élément du contenu latent peut être représenté par plusieurs éléments du contenu manifeste.

C’est un travail de  compression  dont Freud dit qu’il est différent d’un simple résumé. Il n’y a pas de correspondance entre l’intensité psychique d’un élément donné du contenu manifeste et celle des éléments du contenu latent auquel il est associé. Freud a donné à quelques-uns des souvenirs d’enfance un nom plus précis, celui de  souvenirs-écrans . C’est assez dire que ces souvenirs ne sont pas à prendre pour argent comptant, mais que, par contre, ils sont à prendre à la lettre, c’est-à-dire qu’ils sont à déchiffrer tout à fait comme le texte d’un rêve. Parmi ces souvenirs d’enfance analysés par Freud, il est possible de mentionner celui de Goethe, qui est l’occasion pour Freud, à l’aide de son expérience analytique, d’expliquer un épisode où Goethe raconte dans sa biographie, qu’enfant il cassa un jour la vaisselle familiale : il s’agit d’une réaction à la naissance d’un petit frère, vu comme un intrus à l’égard de l’affection maternelle, désormais à partager. Article détaillé : Psychopathologie de la vie quotidienne.

Freud en vient, en 1905, à appliquer le principe du déterminisme psychique afin d’expliquer les comportements les plus habituels. Freud analyse les comportements qui relèvent du commun : l’analyse va du pathologique vers le normal. Si le rêve est un processus particulier réservé à une partie du vécu seulement, la psychopathologie de la vie quotidienne montre comment la psychanalyse peut interpréter la vie de tous les jours. Les erreurs de langage, les oublis, les mots d’esprit deviennent des révélateurs de tendances psychiques inconscientes chez tout un chacun. Avec L’Interprétation des rêves et Le mot d’esprit et sa relation à l’inconscient, Psychopathologie de la vie quotidienne met en évidence la structuration de l’inconscient par le langage. Dans le premier texte, il réussit à décrire comment se forment un symptôme hystérique ou une obsession.