Dictionnaire Encyclopedique Des Sciences Medicales Volume 74 PDF

Tableau Le Cauchemar de Füssli, 1802, présentant une femme étalée sur son lit, un démon dictionnaire Encyclopedique Des Sciences Medicales Volume 74 PDF elle et une jument spectrale au fond. Velu, hirsute et souvent représenté comme possédant des pieds de bouc.


Le démon incube pèse sur la poitrine de sa victime endormie et peut même l’étouffer. Son équivalent féminin est le succube. La civilisation mésopotamienne le connaît sous le nom Lilū, mais c’est dans la Grèce antique que l’ éphialtès  est perçu pour être un démon qui s’attaque au dormeur. Les médecins grecs en font un être indissociable du phénomène cauchemardesque. Jean Wier et Scipion Dupleix participent à faire passer le phénomène du domaine religieux au domaine médical, puis à la psychiatrie naissante. D’une connotation sexuelle très forte, les récits d’attaques d’incubes, véhiculés par la littérature, sont teintés d’une ambivalence à l’égard des sentiments de la victime.

Tantôt plaisants, ils peuvent se transformer en cauchemar. Symboliques, psychanalytiques ou physiologiques, les causes des apparitions d’incubes tiennent à la fois de l’imaginaire et du médical. Lié fortement au cauchemar, l’incube est l’un des démons les moins représentés par l’iconographie. L’article  Succube  est un complément encyclopédique à ce sujet. Enluminure d’un manuscrit français du XIIIe siècle représentant l’enchanteur Merlin, à gauche, discutant avec un moine copiste, à droite.

Outre-Rhin, la Mähre, Mara en Scandinavie et Mare en Angleterre est une créature fantomatique qui pèse sur ses victimes. Le médecin grec Galien en fait un synonyme de la paralysie du sommeil. La littérature européenne a conservé la figure de l’incube. Ce dernier serait un démon de l’air, entré par effraction alors que la porte de la chambre de la mère de Merlin était fermée à clef. Tableau représentant un démon de couleur noire, poilu, aux yeux rouges, oreilles pointues dressées et queue, assis à califourchon sur le ventre d’une femme nue et endormie, étendue sur le dos sur son lit, contre un deuxième corps. Ils possèdent souvent un comportement qualifié de  lubriques .

Sa forme est variable, parfois éthéré, il peut prendre possession d’un corps humain ou animal, voire celui d’un autre démon ou esprit. Bas-relief représentant la déesse mésopotamienne de la nuit Lilitu, debout, nue avec des ailes dans le dos, bras écartés et repliés, les paumes des mains qui tiennent ses insignes étant tournées vers l’avant à hauteur des épaules. La déesse mésopotamienne de la Nuit Lilītu. La première allusion à un incube provient de Mésopotamie. Ces termes renverraient à des figures mythologiques. La Liste royale sumérienne datant de 2400 av. Les deux créatures s’attaquent aux jeunes mariés mais peuvent aussi inspirer des visions nocturnes.

Le phénomène survient pendant le sommeil et accable physiquement le dormeur dont le langage est réduit à quelques sons inarticulés. Quand survient un incube, qu’on commence par un vomissement ou une purgation, qu’il soit affaibli par sa diète, que sa tête soit purgée par des sternutatoires et des gargarismes et qu’ensuite il soit enduit d’un onguent d’huile de castor et de produits semblables à celui-ci, afin qu’il ne puisse aller jusqu’à l’apoplexie. Buste en marbre de l’empereur romain Auguste représenté de trois quarts avec la chevelure bouclée traditionnelle et les yeux vides. Toutefois, dans la mythologie grecque, l’incube, souvent un dieu, passe aussi pour avoir engendré des hommes célèbres.

Selon Marie Delcourt, la représentation iconographique du sphinx présente des attributs similaires à celle de l’incube, comme la capacité à peser sur le corps, à effectuer des strangulations ou à ravir ses victimes. La religion romaine considère également que des hommes d’exception sont engendrés par des démons incubes. Recueils d’aventures divines d’Asclépias de Mendès, je trouve l’histoire suivante. C’est en effet dans la Rome antique que le terme d’ incube  apparaît. Les démons sont signalés par leur énergie libidinale et par leurs victimes féminines. Les incubes sont tour à tour assimilés à Faunus, à des divinités nocturnes, à Hécate ou aux Larves.