Ecologie et biologie marines : Introduction à l’halieutique PDF

Privés d’oxygène, des organismes ecologie et biologie marines : Introduction à l’halieutique PDF, et leur décomposition amplifie le déficit en O2. Ici un fond marin en mer Baltique occidentale. Les études conduites en mer Baltique et aux États-Unis depuis la fin des années 1990 montrent que nombre de poissons, dont on pourrait penser qu’ils puissent facilement les fuir, y perdent rapidement connaissance et meurent asphyxiés. En janvier 2018, le groupe de travail international  Global ocean oxygen network  indique dans la revue Science que la proportion de zones de haute mer dépourvues de tout oxygène a plus que quadruplé au cours des cinquante dernières années.


Ces zones ont des impacts de plus en plus importants sur la pêche et les écosystèmes. Il existe des zones naturellement anoxiques dans les grands fonds marins, ou au fond de grands lacs là où l’eau est stratifiée et immobile. En mer Noire profonde, une zone morte existe et persiste ainsi sans doute depuis des millénaires. Dans tous les cas identifiés à ce jour, le phénomène a ou semble avoir pour origine directe ou indirecte des activités humaines. Ces phénomènes peuvent durer toute l’année, quelques heures ou quelques jours. Le dioxygène dissous est exprimé en pourcentage du seuil de saturation, lequel varie selon la température, la pression et la salinité de l’eau, et indirectement selon l’agitation et la stratification des couches d’eau.

Le stade d’anoxie est atteint quand le dioxygène dissous est totalement absent. La plupart des formes de vie consommant de l’oxygène disparaissent alors au profit de bactéries et d’organismes fongiques. Un rapport de 2004, repris dans le rapport GEO 2003, présenté aux ministres à l’ONU en 2004, identifie près de 150 zones mortes dans le monde. Les scientifiques en comptaient en 2003 près de 150 majeures sur la planète, chacune traduisant très probablement des phénomènes graves de dystrophisation marine. Le phénomène semble s’accompagner d’une descente vers le sud des populations de marsouins et dauphins.

Pour la zone OSPAR, des anoxies graves sont constatées dans de nombreux estuaires, baies et fjords, dans la mer des Wadden, le Kattegat et l’est du Skagerrak. Le manque de réseaux de collecte et d’épuration des eaux usées dans les régions densément peuplées participe sans doute aussi au phénomène, mais ne peut expliquer à lui seul la répartition de ces zones. De même, les pluies acides solubilisent plus de nutriments, qui sont emportés à la mer ou dans les lacs. La turbidité augmente alors, au point d’empêcher les rayons solaires de pénétrer l’eau. La photosynthèse planctonique est inhibée et ni les rayons ultra-violets solaires, ni l’oxygène ne jouent plus leur rôle de  désinfectant  naturel. Localement, un lien possible avec l’impact de fermes marines aquacoles a été évoqué. 2005 par les États-membres à la Commission OSPAR a listé pour la première fois 148 sites officiellement reconnus par les États-membres de la Convention OSPAR comme zones de décharge sous-marine de munitions.

Trente de ces zones ont exclusivement reçu des armes chimiques, et trois sont déclarées avec un contenu  inconnu . En 1995, des experts réunis par l’OTAN avaient prévenu que les obus commenceraient probablement à fuir vers 2005. Mais si d’importants efforts sont faits en Russie et au Canada notamment pour dépolluer des décharges militaires, aucune mesure de récupération ne semble avoir été tentée en mer. Non seulement certains animaux qui survivent ont un poids anormalement bas, mais ils se reproduisent mal ou pas du tout. Les ovaires des femelles étaient moitié moins grands que ceux des femelles vivant dans une eau normalement oxygénée, avec un nombre d’œufs en moyenne sept fois inférieur à la normale . C’est un poisson commun dans la baie de Pensacola, baie relativement fermée et protégée des vents, partiellement isolée de la mer par un isthme et une île qui forme un cordon au sud de la baie. Aucun des poissons exposés à un déficit en oxygène dans l’estuaire ne s’est reproduit à l’époque prévue, ni même plus tard.