Famille et patrimoine de la haute noblesse française au XVIIIe siècle : Le cas des Phélypeaux, Gouffier, Choiseul PDF

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Par le jeu d’alliances conclues entre familles de la haute noblesse, les unes ayant servi le roi par l’épée, les autres venant des milieux de la robe, appelées à se rencontrer et à se fondre, une branche familiale naît de ces rapprochements. Le prestige et la considération attachés aux noms de la lignée étant établis à un haut niveau, le caractère principal de cette famille ne réside plus guère, au fil des ans, que
dans l’importance et la diversité de ses éléments patrimoniaux. Rassemblé sur une seule tête à la quatrième génération à la suite d’une série de décès, avec le renfort de nouvelles extensions, ce patrimoine constitue une très importante fortune
nobiliaire à prédominance foncière, dont toutes les composantes méritent examen, en suivant le parcours familial dans le détail des éléments analysés. Comment la gestion de tous les biens recueillis est-elle assurée ? Quels revenus produisent-ils ? Quels sont le poids et l’étendue des charges qui en réduisent l’importance de manière significative ? Quels sont les obstacles et les difficultés qui se présentent sans cesse et comment cherche-t-on à les surmonter ou à les résoudre ?
L’étude entreprise retrace l’évolution au cours du siècle d’une fortune très conséquente et tente d’en dégager les différents aspects au plan juridique,
économique et social pour des situations individuelles révélant des mentalités bien différentes. Cette monographie familiale, relatant des données très diversifiées, témoigne au XVIIIe siècle d’un développement spectaculaire au plan patrimonial avant que de graves imprudences, puis les événements extérieurs et l’émigration, ne
conduisent progressivement à la dislocation et à la ruine.

Portrait de Choiseul par Louis-Michel Van Loo. Sujet du duc Léopold Ier de Lorraine, Etienne-François reçoit les prénoms du fils du duc. Le souverain – qui fit l’admiration de Voltaire – meurt en 1729 et le prince François-Etienne lui succède. Ayant épousé l’archiduchesse Marie-Thérèse, fille aînée de l’empereur, l’ex-duc de Lorraine sera élu empereur en 1745. Le 22 décembre 1750, Choiseul épousera Louise Honorine Crozat, fille de Louis François Crozat, et petite-fille d’Antoine Crozat, première fortune de France sous Louis XIV.

François participe aux campagnes de Bohême en 1741 et d’Italie, notamment la bataille de Coni, pendant la guerre de Succession d’Autriche, dans le régiment de Navarre. Brièvement bailli des Vosges, il devient en juillet 1753 maréchal de camp en Flandre, sous les ordres du prince de Soubise. Il doit y cimenter la nouvelle alliance entre la France et l’Autriche, et y parvient par un traité, assorti de la promesse d’un mariage entre le Dauphin, futur Louis XVI, et l’archiduchesse Marie-Antoinette. Près d’une centaine de courriers des généraux français lui seront destinés durant les quinze mois de son ambassade.

Bernis, son supérieur aux affaires étrangères, ne tarit pas d’éloges à l’égard de Choiseul qu’il considère comme un allié dans son ambition d’être premier ministre  Vous avez du nerf, et vous en donnerez plus que moi. Votre caractère s’affecte moins, vous tenez plus ferme contre les orages. Durant la guerre de Sept Ans, il organisa une politique de propagande autour de grands esprits tels Voltaire afin de contrebalancer les pamphlets de Frédéric II de Prusse rédigés contre Louis XV et madame de Pompadour. Son domaine favori était la politique extérieure, où il incarna une vue exigeante, mais non point déraisonnable ni stérile de la fierté nationale et du  leadership  français. Selon Edgar Faure, il disputait à Kaunitz le titre de  cocher de l’Europe . En 1752, alors que la cour était à Fontainebleau, Choiseul apprit par l’entremise de son cousin de Choiseul-Beaupré la liaison de l’épouse de son cousin avec Louis XV : le mari, furieux, ne parlait de rien moins que de mettre le feu au château de Versailles.

Choiseul calma son cousin, le détourna de son projet et lui conseilla d’emmener tout simplement sa femme qui était enceinte de cinq mois, et ce prétexte suffit. Le lendemain, Choiseul rendit visite à sa cousine. Choiseul a été l’objet d’une historiographie très évolutive basculant rapidement de la louange à la critique pour ensuite passer à une phase d’un long oubli réparé enfin par une lecture plus objective et équilibrée. Cela relève d’abord d’une vision a posteriori, non seulement du personnage lui-même mais aussi de l’époque qui l’a constitué.