Filippo Brunelleschi: Le dôme de Florence, paradigme du projet PDF

Statue de Brunelleschi de la loggia du Palazzo dei Canonici. Brunelleschi puise sa vigueur créatrice aux sources antiques pour rationaliser l’espace de la cité moderne et met en place les bases de la perspective, opposant ainsi au gothique tardif filippo Brunelleschi: Le dôme de Florence, paradigme du projet PDF nouveau système de représentation du monde. 1398, il s’intéresse un temps à l’horlogerie. En 1400, il exécute des statuettes de prophètes, d’évangélistes et de Saint Augustin pour l’autel de San Jacopo à Pistoia.


Filippo Brunelleschi méditait depuis de longues années, en silence, un secret dissimulé au plus profond de lui. Son génie intérieur l’alertait, par de nombreux signes, qu’il était né pour réaliser un chef-d’oeuvre et, c’est toute la démarche de projet qu’il devra inventer pour l’accomplir. Ce récit historique invite le lecteur à découvrir les origines de la gestion de projet, que l’on croit, souvent à tort, contemporaines, en le plongeant dans l’histoire passionnante et pavée d’anecdotes de la construction du Dôme de la cathédrale Santa-Maria-del-Fiore qui illustre de façon éclatante toute la dimension du mot projet à une époque particulière : la Renaissance, dans un lieu précis : Florence et avec un artiste de génie : Filippo Brunelleschi. Créateur de l’architecture renaissante, Brunelleschi inaugure une nouvelle architecture à taille humaine, lumineuse et mesurée, offrant à l’homme une place en harmonie avec son environnement. Précurseur des méthodes actuelles de conduite de projet, il a su consacrer le temps nécessaire à l’étude et à l’analyse, avant de passer à l’exécution. Cet immense artiste a bouleversé les lois et les méthodes de la construction de son époque. Avant de découvrir cette histoire extraordinaire qui se confond avec la vie de « l’ingénieux ingénieur », Filippo Brunelleschi, répondons d’abord à cette question : « Qu’est-ce qu’un projet ? »

En 1401, il participe au concours pour la porte nord du baptistère de Florence sur le thème du sacrifice d’Isaac. En 1418, un avis de concours est lancé pour doter la cathédrale de Florence d’une coupole. Le dôme de la cathédrale Santa Maria del fiore de Florence, vu du Campanile. Florence est toujours un monument du savoir-faire architectural, tant les dimensions, les techniques et la qualité du travail sont exceptionnelles. Mais Brunelleschi, loin de se contenter de copier l’antique, en réadapte le vocabulaire à un édifice qu’il conçoit comme un tout organique, régi par des mesures et des proportions harmoniques.

Bien que reconnu et honoré – il fut enseveli à Santa Maria del Fiore, et eut droit à un monument avec une épitaphe commémorative -, Brunelleschi dut lutter pour imposer ses projets, notamment celui de la coupole de la cathédrale. Cosme de Médicis refusa le plan d’un palais nouveau, jugé trop somptueux. Pour l’ingénieur Brunelleschi, la perspective constitue un instrument de calcul et un moyen de reproduction rationnel des édifices. Il aurait également pris part, à Santa Maria Novella, à la construction graphique du cadre architectural de la Trinité, peinture murale de Masaccio. L’extraordinaire capacité d’invention de Brunelleschi se manifeste peut-être plus dans ses trouvailles techniques que dans ses choix esthétiques. Brunelleschi propose un nouveau type d’église lumineuse dont le plan est régi par le nombre d’or, à San Lorenzo et à Santo Spirito.

Avec l’hôpital des Innocents, il établit un rapport particulier à l’espace urbain en suscitant la création de la place publique. Il réintroduit le plan central sur la base du carré ou du cercle à la Vieille Sacristie, à la chapelle des Pazzi, et à Santa Maria degli Angeli. Enfin, on lui attribue le projet de l’un des premiers palais urbains de la Renaissance, le palais Pitti. Le Sacrifice d’Abraham, si intéressant par ses audaces, par l’observation hardie de la nature, par la nouveauté de l’invention et surtout par l’énergie de la pensée, prouve qu’il eût pu occuper dans la statuaire la place qu’il laissa prendre à Donatello.

Brunelleschi et Donatello, les drames de la pensée. Brunelleschi, comme plus tard Michel-Ange en sculpture et Raphaël en peinture, est placé aux confins de deux âges. Il marque la transition entre l’ancienne ère et la nouvelle ère, et dans son œuvre on trouve le legs du passé à côté des idées de l’avenir. Florence n’appartient en rien à l’influence de l’antiquité, mais dérive tout entière de l’art du Moyen Âge. Lorsque Brunelleschi apparaît, les plans de la cathédrale sont faits depuis plus d’un siècle, les nefs sont couvertes, les grands piliers destinés à recevoir la coupole ont leur forme et leur épaisseur et les pendentifs sont déjà couronnés par le tambour octogonal.