Frédéric Bazille (1841-1870) : La jeunesse de l’impressionnisme PDF

Camille Vialars est héritière du domaine agricole de Saint-Sauveur à Lattes. Frédéric Bazille commence frédéric Bazille (1841-1870) : La jeunesse de l’impressionnisme PDF études de médecine pour faire plaisir à ses parents. En 1862, il part s’installer à Paris où il s’inscrit à l’atelier du peintre Charles Gleyre sous les conseils de son cousin peintre Eugène Castelnau. Il commence par se perfectionner en dessin, mais sait qu’il sera peintre.


Mort avant d’avoir atteint 29 ans à la guerre de 1870, loin de sa ville natale de Montpellier, Frédéric Bazille aura peint huit ans à peine. Sa mort précoce l’empêcha de participer à l’épanouissement de l’impressionnisme aux côtes de ses amis Monet ou Renoir. Cent cinquante ans plus tard, on commence à mesurer le rôle décisif qu’il joua dans l’émergence de l’impressionnisme. Cet ouvrage entend lui rendre la place qui a toujours été la sienne en retraçant l’histoire de ces jeunes gens qui allaient révolutionner la peinture.

Plus favorisé qu’eux, il loue son premier atelier en 1864, puis il partage divers ateliers avec Renoir et Monet dès 1865. Il se sent prêt à participer au Salon de 1866 et soumet deux toiles à l’épreuve du jury : un sujet moderne, Jeune fille au piano et une nature morte classique, Poissons. Paris, la peinture n’est pas le seul centre d’intérêt de Bazille, qui se passionne pour l’écriture, le théâtre, la musique, l’opéra. Sa palette s’éclaircit et se colore. L’ami Edmond Maître partage avec Frédéric Bazille sa passion pour la musique de Richard Wagner, Gabriel Fauré, Robert Schumann, et pour la poésie.

65 cm, conservée actuellement à la National Gallery of Art de Washington. La mort de Bazille est un déchirement pour Maître. Nature morte au héron de 1867, Montpellier, musée Fabre. Une balle de fusil peut-elle changer le cours de l’histoire des arts ? Cent cinquante ans plus tard, quelle a été la destinée de la soixantaine de tableaux qui forment l’œuvre de Bazille ? Mais il faudra attendre les années 1950-1960 pour qu’un vrai regard soit porté sur sa peinture, l’extrayant du cercle très local des initiés montpelliérains. C’est l’époque où ses tableaux s’évadent du cénacle familial et rejoignent les cimaises des musées américains.

Frédéric Bazille aspirait pourtant à la lumière. Sans arrogance, mais sans fausse modestie non plus. 1869, de jeunes garçons se baignant sous les ombres des pins et des bouleaux, une scène de nu moderne et une célébration du plein été. Né en 1841 dans la bourgeoisie protestante de Montpellier, Bazille construit son œuvre trop brève entre ces deux pôles de sa vie, géographiquement et mentalement bien éloignés l’un de l’autre. Condition sine qua non : poursuivre ses études de médecine.

Comme on peut s’en douter, les bancs de la faculté ne recevront pas souvent la visite de Bazille et, à partir de 1864, il n’appartient plus qu’à la peinture. La formation qu’il trouve rue Notre-Dame-des-Champs sera décisive, les rencontres qu’il y fait vont orienter sa vie : ses meilleurs amis se nomment Claude Monet, Auguste Renoir et Alfred Sisley. En huit ans, Bazille changera six fois de domicile. Il n’a pas été facile de convaincre ses parents de lui louer un atelier, plutôt qu’une chambre. Delacroix règne encore sur les lieux. Bazille, les amis se succèdent, le quotidien de l’atelier est celui d’une perpétuelle agora. Tumulte joyeux mais agité qui lui fait chercher retraite quelques mois en 1866, seul, rue Godot-de-Mauroy.