Introduction aux doctrines ésotériques de l’Islam PDF

La troisième raison qu’il y a de présenter l’enseignement akbarien en Occident par référence à l’œuvre de René Guénon est que celle-ci est seule à définir les critères d’orthodoxie traditionnelle applicables en l’occurrence. Il convient ici encore, pour éviter tout malentendu, de garder à l’esprit la perspective cyclique inhérente à la doctrine des « trois Sceaux » dont il nous faut à présent, ainsi que nous l’avions annoncé, introduction aux doctrines ésotériques de l’Islam PDF les traits essentiels.


Pris dans son sens strict, l’ésotérisme désigne la partie la plus , « intérieure » d’une religion, le domaine où s’organise sa recherche du secret de la réalité, de l’homme et du divin. L’ésotérisme musulman trouve sa source dans le Coran même, où la dualité d’Allah, Dieu apparent et caché, autorise la voie mystique. Comme la kabbale juive, le soufisme relève de cette quête de l’Absolu. Cœur spirituel de l’islam, il est le , « noyau » essentiel transmis dès l’origine pour fonder et vivifier le reste de l’édifice musulman. Avec Hallaj, Al-Ghazâli, Attar ou Ibn’Arabi, le soufisme a donné à la civilisation islamique certains de ses plus fascinants représentants que ce soit en terme de philosophie, de poésie ou surtout d’accomplissement humain. Bravant la diversité des croyances, le soufisme développe une vision universaliste des religions, fondée sur l’amour, et œuvre comme un passeur culturel et spirituel entre Orient et Occident. Introduction à l’étude de la doctrine soufie, l’ouvrage de Titus Burckhardt entend contribuer aux efforts de ceux qui, dans le monde moderne, cherchent à comprendre les vérités permanentes et universelles dont toute doctrine sacrée est un mode d’expression.

Que le Sceau des Prophètes est Muhammad. Sceau des Prophètes » ou « de la Prophétie légiférante » qui n’est autre que Muhammad — qu’Allâh répande sur lui Sa Grâce unitive et Sa Paix ! Le point essentiel de la doctrine considérée ici est que ces Sceaux correspondent à trois fonctions uniques qui relèvent directement, non de la forme islamique au sens strict, mais du Centre initiatique suprême. Ils sont « indépendants » à l’égard de l’Islam dans la mesure où c’est d’eux, précisément, que l’Islam dépend au point de vue de sa définition formelle et de ses réadaptations cycliques. Cependant, leurs manifestations successives et les « fermetures » que celles-ci entraînent font que, tout au moins sur le plan extérieur, le second Sceau est hiérarchiquement placé sous la dépendance du premier et le troisième sous la dépendance des deux précédents. Dans cette perspective, les trois Sceaux peuvent être décrits sommairement de la façon suivante : le Sceau de la Prophétie légiférante a pour fonction d’énoncer et de communiquer la Loi finale et universelle qui ne peut être abrogée par aucune autre : elle fixe irrévocablement le régime traditionnel de la fin de notre cycle. Le Sceau de la Sainteté universelle est, quant à lui, le dernier à posséder la connaissance directe des secrets communs à l’Islam et aux autres formes traditionnelles, secrets qui concernent plus particulièrement le cycle humain.

D’une certaine façon, l’ordre des manifestations apparentes est inverse de celui des réalités principielles : l’avènement du second Sceau entraîne une certaine divulgation des secrets inclus dans la Loi énoncée par le premier — sur lui la Grâce et la Paix ! Sceau entraîne une divulgation analogue des secrets relatifs à l’Unité transcendante des Lois sacrées données par Dieu à l’homme. Au point de vue cyclique, l’existenciation du Sceau de la Sainteté muhammadienne coïncide avec un moment décisif. Califat exotérique en tant que source de pouvoir effectif et de l’institution des grandes confréries initiatiques.

L’œuvre d’Ibn Arabî contient, de toute évidence, des critères analogues mais ceux-ci sont définis pour un monde demeuré, somme toute, fidèle à sa tradition et pour une humanité protégée par son appartenance au Dâr al-Islâm, c’est-à-dire à une terre où la Loi islamique était encore vivifiée et appliquée. La comparaison établie ainsi est loin d’être fortuite car les deux œuvres ont entre elles des affinités très profondes. L ’Islam et la fonction de René Guénon, p. La vigilance de ceux qui la représentent, seule à même de maintenir intacte la présence de la Bénédiction divine sans laquelle il n’y a pas de réalisation métaphysique possible, est mal supportée par ceux qui en méconnaissent la raison d’être profonde. Ceci explique un curieux phénomène qui illustre parfaitement l’affinité des deux œuvres : alors qu’en terre d’Islam l’enseignement d’Ibn Arabî continue de susciter des polémiques et des oppositions souvent violentes, l’œuvre de René Guénon est habituellement mieux accueillie.

Le recours à René Guénon oblige à maintenir l’exposé des doctrines akbariennes dans une orientation strictement « traditionnelle ». De toute évidence, le « conseil » est considéré comme plus important que celui qui le donne, si éminents que soient le degré et la qualification de ce dernier. Pour ce qui concerne les deux premiers aspects, le critère d’orthodoxie qui correspond, dans l’œuvre d’Ibn Arabî, à celui de tradition n’est autre que le respect scrupuleux de la Loi sacrée de l’Islam entendue au sens total défini par Michel Vâlsan, c’est-à-dire en tant qu’elle « inclut tous les domaines et tous les degrés de la vie spirituelle et temporelle, y compris les principes et les méthodes de la connaissance métaphysique. Introduction à l’enseignement et au mystère de René Guénon, p. Le danger principal est aujourd’hui que des aspects essentiels de l’enseignement d’Ibn Arabî soient coupés de leurs racines islamiques et utilisés à des fins anti-traditionnelles.