Je vous défie ! PDF

On vous a fait le coup cent fois, et rien ne dit que ce soit la je vous défie ! PDF. Mais nous le croyons, nous qui avons lancé le mouvement des coquelicots le 12 septembre 2018.


Nous croyons tout simplement que nous allons gagner. En réalité, c’est simple : notre fleur magnifique tire son nom d’une ressemblance avec la crête d’un coq, au moins par sa couleur. Mais bien sûr, outre qu’il est somptueux, le coquelicot est un combattant de la biodiversité. Demandez leur avis aux abeilles décimées par les pesticides ! Elles ne fondent pas sur eux pour le nectar, qu’ils ne produisent pas, mais pour leur pollen. Bien que les études demeurent rares, le coquelicot joue un grand rôle pour le maintien de nombreux ruchers, pendant la disette printanière qui succède au fleurissement du colza.

Une fleur peut produire 20 000 graines à elle seule, qui ne pèseraient dans l’affreuse balance du marchand, que 2 grammes. Et là, patiemment planquées sous trois grains de terre, elles attendent le moment favorable. Combien de temps gardent-elles leur pouvoir de germination ? Chez les semeurs de tous horizons, la discussion n’en finira jamais : certains comptent en années, d’autres en décennies. C’est horrible, mais en ce premier printemps du massacre, les terres bouleversées par les obus ramènent à la surface des graines de coquelicots qui couvrent les champs de la mort de milliards de fleurs rouges, qui deviendront, en Angleterre et au Canada, le symbole du souvenir. 11 novembre par des millions d’humains recueillis. On n’est pas obligé de se prosterner.

Ni d’accepter qu’un tel symbole puisse représenter tant de corps déchiquetés. Notre grand ethnobotaniste Pierre Lieutaghi, par exemple, note que le coquelicot  se moque des frontières , ajoutant qu’il y a  de par le vaste monde, beaucoup d’êtres qui, en mai, le découvrent avec bonheur et qu’il vaut mieux, pour une fleur, symboliser la joie que le sanglant sacrifice . Comment ne pas exulter avec lui ? On connaît au moins 9 tableaux de Monet avec des coquelicots, peints entre 1873 et 1891. Preuve que qui plantait alors son chevalet en Île-de-France au printemps avait les yeux éblouis par les quatre pétales écarlates.