Léo Ferré : une vie d’artiste PDF

Nous apercevons au premier plan un marcheur solitaire vu de dos, placé dans un milieu alpin, sauvage et léo Ferré : une vie d’artiste PDF. J’emprunte à Florence Gaillet de Chezelles cette remarquable présentation : le personnage est absorbé dans la contemplation d’un paysage sublime qui s’étend à perte de vue, l’horizon étant à peine voilé par les collines diaphanes du dernier plan.


Ce qui est tout d’abord surprenant dans la scène représentée est l’impression de vertige qui s’en dégage. Comme l’avait fort bien noté Jean-Pierre Mourey, la désolation et le vertige du vide, chez Friedrich, naissent du télescopage d’un plan proche et d’un plan lointain. Le voyageur enjambe du regard le précipice qui est à ses pieds, il est face aux vastitudes et aux brumes . Cette solitude du personnage, qui n’est pas sans évoquer ce qu’on a nommé le mal du siècle , c’est-à-dire le sentiment d’inadaptation face à la marche de l’histoire, est accentuée par l’irréalité de la scène : de fait, la tenue vestimentaire que porte le voyageur ne semble guère adaptée pour affronter une ascension aussi périlleuse. Cette déréalisation de la scène contribue à la symbolique romantique : libre expression de la sensibilité et contestation de la raison. Le paysage provoque donc ici une sensation intense qui évoque la variété et le mystère des forces naturelles : le paysage romantique est presque irrationnel. Il exprime tout à fait la sensibilité et conteste par là même le rationalisme.

Loin d’être régulier et défini, il apparaît comme un symbole de force et de passion. Si le paysage occupe une place éminentedans la peinture et la poésie romantiques, il apparaît ainsi comme la projection du paysage intérieur de celui qui regarde. Remarquez enfin comme le corps du personnage forme une sorte d’axe vertical vers le ciel, un peu comme si son moi se plaçait au centre du monde pour mieux le repenser. Florence Gaillet de Chezelles, Wordsworth et la marche: parcours poétique et esthétique, Grenoble : ELLUG, Université Stendhal, 2007.