Léonard de Vinci et les Secrets du Codex Atlanticus PDF

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. Léonard de Vinci et les Secrets du Codex Atlanticus PDF l’époque de Léonard, le sol a été rehaussé et les fenêtres agrandies.


Le Codex Atlanticus. Son nom est un mystère en soi. Il désigne ce recueil stupéfiant, unique au monde, de dessins et de notes de Léonard de Vinci, rédigées dans sa célèbre écriture « en miroir ». Ces 1 119 feuillets couvrent la quasi-totalité de la carrière du maître, de 1478, quand celui-ci travaillait encore dans sa Toscane natale, jusqu’à 1519, année de sa mort en France. Ces pages exceptionnelles, restées confidentielles pendant près de cinq siècles, sont enfin accessibles. En effet, conservées à la Bibliothèque Ambrosienne de Milan depuis 1637, les pages du Codex avait été divisées en dix-huit gros volumes reliés, difficiles à consulter, et impossibles à prêter. En 2008, un formidable travail a été entrepris pour libérer ces joyaux du carcan qui les emprisonnait et, pour la première fois de leur histoire, les exposer à Milan dans leur intégralité. Ce livre et ses remarquables reproductions présentent cent des plus beaux feuillets du Codex Allanticus et s’attardent sur toutes les disciplines ayant nourri les innovations de Léonard de Vinci. Ce génie d’un autre temps s’était attaqué à tous les défis techniques possibles : de l’hydraulique à la mécanique, de l’optique à l’architecture, de l’art de la guerre à la conception d’armes toujours plus puissantes, de l’anatomie à l’étude du vol. L’invitation à découvrir les trésors artistiques et scientifiques élaborés par Léonard se poursuit sur le site multimédia qui accompagne cet ouvrage : des flashcodes permettent d’y accéder et de découvrir de manière interactive les feuillets du livre. Ce site propose des animations autour des inventions, des retranscriptions des annotations de Léonard ainsi que la possibilité de zoomer sur les détails des feuillets.

Léonard a représenté la Cène : le dernier repas de Jésus de Nazareth entouré de ses douze apôtres, le jeudi saint, veille de sa crucifixion. Il suit là une vieille tradition monastique. Sur le mur ouest figure un tympan vide. Tout au long de l’architrave court une frise de motifs géométriques encadrant des niches à la gloire des saints et des Bienheureux dominicains. Crucifixion de Montorfano, faisant ainsi face à la Cène de Léonard. Ludovic Sforza et Béatrice d’Este, accompagnés de leurs deux fils, Massimilo et François.

Léonard commence à se mettre à l’ouvrage en 1494 ou 1495, alors qu’il travaille encore à la statue équestre de Francesco Sforza, il Cavallo. Cène de Santa Maria delle Grazie. Nous savons que Léonard travaille toujours à la Cène en 1497 puisque le 29 juin une lettre du chancelier de Milan, Marchesino Stanga, le prie de se hâter, afin de passer à l’autre mur du réfectoire. L’année suivante, le mathématicien et humaniste Luca Pacioli célèbre dans sa dédicace à Ludovic Sforza de son De Divina Proportionne, le 9 février 1498, l’achèvement de la Cène par Léonard et l’embellissement de Milan qui est devenue  la plus belle des résidences  pour le duc.

Mais la fortune du More sera de courte durée. En 1517 le cardinal Louis d’Aragon visite le monastère de Santa Maria delle Grazie. En 1652, elle est si peu considérée qu’on décide de percer une porte entre le réfectoire et les cuisines, au point de détruire la partie inférieure de la fresque représentant les pieds du Christ. En 1796, l’armée française occupe la Lombardie.

En 1726 a lieu une première campagne de restauration de la fresque par le peintre Michelangelo Bellotti. La République Cisalpine propose au peintre Andrea Appiani de détacher la Cène, mais celui-ci refuse, jugeant l’état de l’œuvre trop dégradé. Plus de trente ans plus tard, il mène la campagne de restauration des murs latéraux, remettant au jour les cinq lunettes aux armes des Sforza. Dans la nuit du 16 août 1943, l’église de Santa Maria delle Grazie est gravement endommagée par un bombardement aérien. La voûte et le mur Est du réfectoire sont détruits. Même épargné, le mur de la Cène est victime de l’humidité causée par la destruction de la voûte.

Pour cela, il utilise une nouvelle gomme-laque, diluée dans de l’alcool, qui semble effectivement avoir consolidé la pellicule de peinture sur la paroi. Avant d’entamer cette nouvelle campagne de restauration, un diagnostic est émis sur les causes de la détérioration de la fresque. Recoller les fragments de la pellicule de peinture qui s’étaient détachés. Créer une banque photographique sur les différentes phases de la restauration, en utilisant quand nécessaire la macro-photographie. L’artiste fixait chaque jour une partie de la fresque à peindre, une giornata. Léonard ne pouvait se satisfaire d’une telle contrainte. Il a donc appliqué une technique personnelle qui lui permettait de peindre quand il le souhaitait et autorisait les retouches.

Une série d’incisions encore visibles a servi à Léonard de Vinci pour tracer les lignes de fuite de la perspective. Un trou au niveau de la tempe droite du Christ correspond au point de fuite principal. Tous les apôtres sont donc eux-mêmes répartis symétriquement par rapport au Christ, en quatre groupes de trois, mais les groupes sont dissymétriques entre eux, donnant ainsi de l’animation à la scène et paraître plus naturelle une composition pourtant très géométrique et réfléchie. En effet, cette répartition est soulignée encore par le décor, puisque les apôtres se trouvent placés devant une série de quatre tentures et de trois portes sur chaque mur latéral, et devant trois ouvertures pour le mur du fond, tandis que le plafond est composé de deux séries de trois rangées de caissons placées de part et d’autre d’un double axe central. Une construction qui reprend enfin l’architecture dans laquelle la peinture a été réalisée : la Cène se trouve sous trois lunettes qui prolongent la salle du réfectoire, dans lesquelles Léonard a placé les armoiries de la famille Sforza, répartissant ainsi les apôtres en deux groupes à l’extérieur sous les plus petits arcs et deux groupes avec le Christ ensemble sous l’arc central. Léonard exploite donc jusqu’à ses limites le principe de la perspective centrale.