L’étoile et le fouet PDF

Organisée, puis que j’ai accueillie et accompagnée au cours de l’un de mes précédents ateliers « Mon temps et l’étoile et le fouet PDF ». Au cours de cet atelier, elle avait osé s’exprimer sur son histoire, en racontant brièvement son burn-out. Plus récemment, et ce sont ses propres mots que je reprends, elle a commencé à écrire cette histoire, son histoire.


Les couloirs calibans permettent de voyager presque instantanément entre les étoiles. Mais quelque chose le détraque. Tous ceux qui les ont récemment empruntés perdent la mémoire ou encore disparaissent dans le néant.

L’ennui, c’est que personne ne sait comment fonctionnent exactement les couloirs calibans.

Et, bien entendu, c’est Jorj X. McKie, saboteur extraordinaire, qui va être chargé de découvrir ce qui se passe. Et de sauver les civilisations interstellaires.

Comment communiquer avec les dieux ? Avec un être si puissant qu’il semble appartenir à un autre univers, que les hommes ne sont guère pour lui que des flammes de bougie oscillent dans la nuit… Mais dont il peut tomber amoureux.

Avec son génie habituel, Frank Herbert, l’auteur de Dune, s’attaque ici, dans son roman le plus étrange, magistralement traduit par Guy Abadia, au problème central de toute société et de toute littérature : celui de la communication.

Elle y décrit à la manière d’un journal de bord, et de façon très juste,  les mécanismes du stress, de la fatigue. La détresse que l’on peut vivre dans une entreprise : l’obligation de résultat, de perfection, d’objectifs inatteignables, l’absence de reconnaissance. Et surtout comment elle s’en est  sortie, quelles ressources elle a utilisées, quelles pistes elle a explorées. Puis elle a eu l’idée de partager son histoire pour que cela puisse aider les autres femmes et hommes qui vivent cette expérience. Je lui ai donc ouvert le blog et je la remercie profondément pour cette confiance. Je viens de fêter mes 36 ans. Et plus que jamais, cet anniversaire a une saveur particulière.

Il a le goût du renouveau, de l’envie, de la zénitude et d’une certaine forme de sagesse. L’épreuve que j’ai traversée s’appelle le burn-out. Mais on pourrait l’appeler un ouragan ou un tsunami, parce que c’est comme une force de la nature qui se déchaine, qu’on ne voit pas arriver et qui peut tout dévaster. C’est un état qui s’installe insidieusement, et qui nous grignote petit à petit. Un stress qui monte crescendo, prend toute la place, jour et nuit, et qui conduit à une longue agonie dont on ne voit pas l’issue. On parle souvent de burn-out chez les cadres, les chefs d’entreprises, ou les médecins urgentistes.

Moi je ne suis rien de tout ça. Je suis juste  expert technique , je n’ai personne sous ma responsabilité. Dans un contexte économique difficile, le monde de l’entreprise peut être une vraie machine de guerre, un vrai bulldozer, et les dégâts collatéraux qu’il occasionne peuvent alors être considérables. Ma boîte, comme beaucoup d’autres, est en difficulté. Il faut redresser la barre, travailler plus, plus vite, la pression de l’atteinte des objectifs est continue et pesante.

On me distribue des projets à mettre en œuvre à la pelle, avec des consignes peu précises et qui changent tous les jours. Je prends cela pour une marque de confiance. Je m’investis et travaille sans relâche. Les objectifs l’entreprise deviennent peu à peu mes objectifs personnels. Mais je ne dis rien, en fait, dire  non  ne me vient même pas à l’esprit.

Les dossiers s’amoncellent, ma boîte mail déborde. Je m’isole, je ne prends plus de pause-déjeuner. Tout est en mode accéléré, j’ai l’impression d’avoir le vertige à longueur de journée. Un sentiment de honte s’empare de moi et ne me quitte plus. La honte de ne plus y arriver, de ne plus être à la hauteur, de ne plus savoir faire mon métier. Je n’ai plus confiance en moi.

Je culpabilise de ne pas arriver à tout gérer. Quand j’arrive sur mon lieu de travail le matin, il me faut 10 minutes pour quitter ma voiture, je pleure avant d’arriver à mon bureau, je pleure le soir en rentrant chez moi. Je ne dors presque plus, je rédige mentalement, mes mails, mes notes de services. J’aimerais tant poser mon cerveau sur la table de nuit pour enfin dormir paisiblement, sans ruminer. Je me dis sans cesse qu’il faut tenir, que demain, ça ira mieux, que cette situation va se régler. Je me mets à chercher des solutions mais pas n’importe lesquelles : je veux pouvoir les puiser en moi.

J’ai trop peur des traitements chimiques. Je me mets à la méditation, chaque soir je médite au moins 5 minutes. Cette pratique est une révélation, elle m’apprend à ramener mon corps et mon esprit au calme. J’arrive alors à mieux gérer mes angoisses, et parfois à prendre du recul. La charge de travail est toujours très intense. Les réunions dans lesquelles je ne me sens plus à la hauteur, plus compétente,  plus à ma place, se succèdent. J’en fais des crises d’angoisse, je suis en état de panique continuellement.

Chaque minute passée à mon poste de travail est une  lutte, une souffrance. Heureusement, je m’accroche à l’idée que mes vacances annuelles ne sont pas loin. C’est ce qui m’aide à tenir. Dès mon arrivée sur mon lieu de vacances, je ne me sens pas bien. Une immense fatigue s’abat sur mes épaules. J’ai de fortes migraines, des crampes.

Et surtout, je constate rapidement que je ne parviens pas à couper avec mes dossiers en cours. La première nuit, je ne parviens pas à dormir, je tourne et me retourne dans ce lit. Je fais des exercices de respiration, mais je comprends vite que mon malaise est profond. Le dimanche suivant, je pleure au petit déjeuner, puis à 10h, puis dans le pré, puis dans le jardin d’enfant, j’ai l’impression d’avoir un océan de tristesse à déverser. Je décide de demander conseil au pharmacien du village qui me propose du millepertuis en comprimés.

Mais je me sens glisser encore, je sens le vide au fonds de moi et je déteste cette sensation. La nuit suivante est identique à la précédente. Je décide de me prendre en main, de me secouer et d’aller voir le médecin. Je lui explique : une activité professionnelle accrue, le stress répété, les crises d’angoisse et de larmes de ces derniers mois.