L’approche centrée sur la personne PDF

Please forward this error screen to srv1. Le terme « accompagnement social », parfois « accompagnement » tout court, a acquis droit de cité dans le vocabulaire professionnel depuis quelques années. Ce changement de vocabulaire ne va pas sans l’approche centrée sur la personne PDF des questions.


En effet, quelle est la spécificité de l’accompagnement d’un travailleur social par rapport à celui d’un bénévole ou d’une personne non travailleur social ? Quel sens lui est-il attribué par les professionnels, les institutions, les dispositifs d’action sociale ? Cet article tentera d’apporter une clarification conceptuelle sur ce sujet. Dans la première partie, partant d’une définition de termes et de l’évolution de la terminologie, nous verrons l’apparition récente du terme accompagnement et ses conséquences. Ce mot est d’utilisation récente en Travail Social. Sa racine latine est : ad – mouvement cum panis – avec pain, c’est-à-dire, « celui qui mange le pain avec ».

Ce vocable renvoie également aux termes de compagnon et copain, qui sont utilisés pour signifier les liens de proximité entre des personnes. En espagnol, dérive aussi de cette racine le mot « compartir » qui veut dire partager. Le service social a utilisé différents « mots forts » au cours de son histoire pour désigner son « faire professionnel ». Les mots ne sont pas anodins ni neutres, ils reflètent bien les options et courants de pensée d’une époque donnée.

Après, ils se chargent de connotations différentes de leur signification originelle, tombent plus ou moins en désuétude ou côtoient d’autres mots en se superposant. On signifiait ainsi la volonté de la société d’assister, soutenir, un de ses membres lorsqu’il en avait besoin. Le terme assistance se différenciait alors de la charité et de la bienfaisance. Entre 1904 – 1930 apparaissent les termes aide et protection en rapport surtout avec l’enfance. C’est l’aide sociale à l’enfance, la protection des mineurs. Entre 1930 – 1945 le mot protection s’affirme, notamment avec en 1945 la protection maternelle et infantile.

L’apparition du mot « suivi » date aussi de cette époque. Le terme suivi veut dire « faire suite », suivre, marcher derrière. Il signifie aussi contrôler dans le temps de manière régulière et sans interruption. Il fait référence à la compréhension logique et à l’intérêt soutenu porté à une personne. A cette époque, le courant hygiéniste du service social est encore fort, et nécessaire. Ce terme de « suivi » a été directement emprunté du langage médical. C’est après la deuxième guerre mondiale, entre 1946 et 1970 qu’apparaissent d’autres termes.

Ils ne se substituent pas aux précédents, mais cohabitent. Apparaît ainsi l’expression « prise en charge » qui s’associe à la notion de poids, de fardeau, de difficulté. On parle aussi de « cas lourds », pour désigner souvent des familles à problèmes multiples. Dans la période de 1970 à 1985 deux nouveautés importantes : « approche globale » et « intervention ».

Sous l’influence de l’analyse systémique, d’autres modes de définir le faire professionnel se font jour. L’approche globale désigne la manière de resituer l’acte professionnel dans un contexte social et institutionnel, et aussi une approche de la personne sous tous ses aspects psychologiques et sociaux. Le terme « accompagnement » apparaît entre 1985 et 1995, il n’a pas cessé de faire son chemin dans le vocabulaire des travailleurs sociaux. Nous l’avons donc emprunté à la terminologie sanitaire.