L’ONU au Rwanda, 1993-1995 PDF

Le 6 avril 1994, en fin de journée, le président Juvénal Habyarimana rentre à Kigali à bord de son avion personnel, un Falcon 50, immatriculé 9XR-NN, offert par la France et piloté par un équipage français. Juste avant de décoller, il a proposé au président burundais Cyprien Ntaryamira, dont l’avion est en maintenance, de l’accompagner, et de lui prêter son avion jusqu’à Bujumbura. Mobutu Sese Seko aurait dû se trouver à cette rencontre régionale, mais aurait refusé de l’ONU au Rwanda, 1993-1995 PDF au dernier moment. Un Dassault Falcon 50 semblable au jet présidentiel de Juvénal Habyarimana.


Les responsabilités dans l’attentat du 6 avril 1994 ne sont pas encore bien établies. FPR, adversaire politique et militaire du régime en place. Dans les deux cas des aides étrangères ont parfois été évoquées. La complexité juridique et politique de cette affaire exigeant de nommer une commission d’enquête, l’ONU refusera  faute de budget .

Une enquête a dû être ouverte en France par le juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguière, quatre ans après les faits, à la suite de la plainte déposée par la famille du personnel français pilotant l’avion. Abdoul Ruzibiza, principal témoin de l’enquête Bruguière, dont le témoignage fut révélé par le journal le Monde en mars 2004, avait relancé la polémique entre la France et le Rwanda en octobre 2005 en publiant un livre, Rwanda – L’histoire secrète, dans lequel il affirmait être témoin de cet attentat en tant qu’officier du FPR. Son témoignage était une des principales sources de la thèse qui accuse le FPR d’être l’auteur de l’attentat. Le 15 juin 2010, il est entendu à Oslo par les juges Trévidic et Poux.

APR, donnant des détails sur les missiles utilisés, le nom des tireurs, l’identification de l’avion présidentiel, le lieu de l’attentat et le véhicule utilisé. Jusqu’en janvier 2010, le point d’accord entre ces deux versions était que des missiles auraient été tirés de la colline de Masaka, située à l’est de Kigali. Les habitants de cette colline ont été massacrés en grand nombre par la garde présidentielle rwandaise, dans les heures qui suivirent l’attentat. Masaka, et privilégié le camp Kanombe, situé trois kilomètres plus à l’ouest. Cette nouvelle version est admise par les avocats des deux parties. Depuis le 12 janvier l’unanimité s’est faite également sur les missiles utilisés, des SA-16 portatifs d’origine soviétique.

Hutu, mais aucune décision judiciaire n’est venue confirmer cette piste. Ces hypothèses sont énumérées dans l’ordre où elles sont apparues chronologiquement. L’accusation selon laquelle des soldats belges auraient aidé le FPR à commettre l’attentat fut lancée sur la radio des Mille Collines dès la matinée du 7 avril. Cette thèse est avancée par le « Hutu power » qui a organisé le génocide et est très activement soutenue par les responsables politiques et militaires français de l’époque. Paul Kagamé et par le juge Jean-Louis Bruguière. Le plus connu des témoins ex-FPR est Abdoul Ruzibiza.