L’os à moelle (N. éd.) PDF

Retour sur un personnage Plus de trente ans après la rétrospective qu’il lui a consacrée, le Centre Pompidou déploie à nouveau l’œuvre labyrinthique de Salvador Dalí dans ses espaces. L’exposition commence avec les premières recherches l’os à moelle (N. éd.) PDF, l’attrait de Dalí pour l’impressionnisme, le cubisme et son rapport ambivalent à la peinture académique.


Les meilleurs textes de L’Os à moelle parus entre 1938 et 1940 dans une nouvelle édition cartonnée.

En 1938, Pierre Dac, dont l’humour loufoque est familier des auditeurs de la radio, fonde
L’Os à moelle, l’organe officiel des loufoques, hebdomadaire satirique de 4 pages, qui connut d’emblée un succès exceptionnel, faisant même de l’ombre au
Canard enchaîné : avec 400 000 exemplaires, c’est un des plus forts tirages de la presse d’avant-guerre. Autour du roi des Loufoques, on trouve les signatures des meilleures plumes de l’époque : Fernand Rauzéna et Roger Salardenne, venu du
Canard enchaîné, le chansonnier Robert Rocca, les dessinateurs Maurice Henry et Jean Effel, entre autres.

S’il commente l’actualité (et l’époque est très animée !), L’Os à moelle propose également : des grand reportages (« Exploration chez les chasseurs de plats de côte », par G.W.K. Van Paraboum, professeur révoqué de Géographie Rythmée…) ; des petites annonces bidon (« Vends papier glacé pour lettres de rupture », « Boucherie chevaline recherche chevaux désespérés. Ne pas écrire, se présenter.) ; des conseils pratiques, jeux et recettes de cuisine (la confiture de nouilles ; leçons pour bégayer convenablement, etc.) ; des concours farfelus (« Grand concours de billets de mille », où le gagnant gagne un billet de cinquante francs …) ; des brèves (« On est sans nouvelles de l’autobus AKbis, parti mercredi de la Porte Maillot. Il a été aperçu pour la dernière fois sur les bords de la Loire. On croit à une fugue. ») ; un faux courrier des lecteurs ; des pensées, conseils et aphorismes…

Présentation de Jacques Pessis

Elle s’étend par la suite à la période surréaliste, allant de ses premières rencontres avec les principaux membres du mouvement jusqu’à sa mise à l’écart, soulignant la position particulière de l’artiste au sein du groupe parisien. Au-delà des seules productions matérielles, elle met aussi l’accent sur l’attention toute particulière qu’il accordait à la construction de son personnage, l’édification de son propre mythe et l’affirmation de son génie, qui le caractérise encore aujourd’hui auprès du grand public. Il rapporte qu’on y encourageait les étudiants à trouver leur propre manière. Outre ses premiers attraits pour le néo-impressionnisme, son adhésion au noucentisme2 catalan, Dalí s’intéresse au cubisme parisien, au futurisme italien aussi bien qu’à dada et, dans le domaine littéraire, à l’ultraïsme3 espagnol. Autoportrait cubiste, réalisé en 1923, porte clairement la marque du cubisme synthétique et celle d’un mouvement de décomposition rayonnant. La présence du prospectus publicitaire, à droite, fait aussi bien référence aux journaux des premiers papiers collés de Braque et Picasso qu’à la volonté futuriste d’inscrire dans la toile un référent direct à l’activité tapageuse de la ville moderne. Chose intrigante, le rectangle beige de cette publicité qui s’auto-désigne comme telle, est percé d’un demi-trou noir.