La Belle Gabrielle PDF

Après un tirage á compte d’auteur, un indéniable succès public, et dans les programmes pédagogiques depuis 2004, le carnet de Renefer n’est plus disponible chez les éditeurs Somogy et Albin Michel. C’est au cours d’un entretien avec le petit-fils de l’artiste que la Belle Gabrielle PDF dernier me présenta ce carnet de croquis tout juste sorti des archives familiales.


Espérance, né de parents inconnus, est un beau jeune homme qui apporte une lettre de sa mère morte à Crillon. Le célèbre capitaine d’Henri IV le prend aussitôt sous sa protection car le danger menace. Le roi doit encore vaincre les ligueurs, les Guise et leur parti qui, malgré sa conversion, lui contestent sa légitimité royale. Espérance se retrouve ainsi au beau milieu de conspirations, de duels, de trahisons et de batailles. Mais surtout, sa route croise celle de la favorite d’Henri IV : Gabrielle d’Estrées. Formidable roman d’aventures et de cape et d’épée, La Belle Gabrielle montre avec éclat le talent d’Auguste Maquet qui n’a rien à envier à celui dont il fut le  » nègre « , Alexandre Dumas.

Ce carnet est un témoignage moderne, sensible et réaliste que l’artiste réalise sur le front pour sa fille Raymonde, agée de 8-10 ans et qu’il surnomme affectueusement « Belle Petite Monde ». Renefer réussit à y réunir les scènes de la vie des poilus tout en épargnant la représentation de la brutalité des combats. Il parvient cependant à laisser filtrer l’indicible, sa possible disparition. La subtilité n’est pas dans l’affichage à tout prix de l’image choc du combat et de la mort, mais dans le but de montrer que le fil tenu de la vie n’est pas rompu.

Renefer parvient à capter des moments intenses, ou suspendus, de la vie du soldat et de les partager. A sa façon, il garde ainsi le contact avec son entourage, sa famille et donc sa fille. Dieu que la campagne 1916 est triste ! Voici un dessin que je crois bon, le voulez-vous ? C’est ce qui nous fait croire que nous sommes encore des hommes. Durant toute la Grande Guerre, il dessine sans discontinuer et exécute de nombreuses gravures « Sur le Front » de Verdun, « Pendant le Combat » dans la Somme, des « Hauts-de-Meuse en Alsace ». Certaines d’entre elles serviront à illustrer « le Feu » d’Henri Barbusse parût chez Gaston Boutitie en 1918.

Parmi tous les témoignages sur la première guerre mondiale, ce carnet de guerre, de petites dimensions au format poche, décrit en trente aquarelles et textes la vie sur le front et à l’arrière : l’artiste-poilu présente les soldats, le grand père soldat, le cuistot, le soldat à la pèche, à sa toilette ou au coin du feu. Plus « sérieusement », il décrit également les soldats dans les tranchées, la hiérarchie militaire, les bombardements, les prisonniers et ennemis. Dans ce carnet, ni les personnages ni les situations ne sont imaginaires. Toute sa vie, l’artiste a dessiné ce qu’il a vu à sa manière, discrètement, mais avant tout, avec humanisme. Je vais te raconter ce que je vois de drôle ici» : le soldat Renefer, s’adressant à sa petite fille souhaite distraire et évidement la protéger. Au fil de l’histoire, la gravité de la situation est progressivement dévoilée.

L’artiste-poilu représente aussi les paysages dévastés, les maisons en ruine, les civils en errance. Les petites fleurs des champs poussent sur leur tombe et les décorent   Quand tu seras grande et que tous les ans on fêtera la gloire et la bravoure de nos soldats, tu penseras à toutes ses petites croix éparses dans les champs, elles sont le gage de ton bonheur à venir. Renefer transmet un message de mémoire, qui fait de lui un passeur de mémoire pour les générations actuelles et futures et donc à nous, enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants de la « génération sacrifiée ». Pendant plus de 10 ans ! Parmi nos actions pour faire découvrir l’œuvre de Renefer au plus grand nombre, j’ai souhaité mettre en œuvre des projets pour permettre de comprendre l’œuvre d’art, de saisir ce qu’elle peut nous apporter, ce qu’elle nous dit de notre monde contemporain. Organisé par l’ Education Nationale et l’ONAC, avec le soutien de multiples partenaires clés, ce concours d’art et d’histoire est devenu national, pédagogique, civique et intergénérationnel. Nous regrettons que la version anglaise n’ai pas été éditée.