La Boétie, penseur masqué PDF

Le Discours la Boétie, penseur masqué PDF la servitude volontaire ou le Contr’un est un ouvrage rédigé par Étienne de La Boétie. Ce texte consiste en un court réquisitoire contre l’absolutisme qui étonne par son érudition et par sa profondeur, alors qu’il a été rédigé par un jeune homme. L’originalité de la thèse soutenue par La Boétie est de nous démontrer que, contrairement à ce que beaucoup s’imaginent quand ils pensent que la servitude est forcée, elle est en vérité toute volontaire.


Avec le Discours de la Servitude volontaire d’Etienne de La Boétie, nous sommes entraînés dans ces guerres fratricides entre catholiques et protestants, dans ces guerres de religion si mal nommées. Le Contr ‘Un fait partie d’une littérature clandestine, d’une littérature de combat, le combat contre un pouvoir injuste et despotique. Jamais pourtant La Boétie ne jette tout à fait le masque. L’ombre des gibets avait de quoi dissuader le plus généreux des pamphlétaires. Jamais La Boétie n’a renié ce texte qu’il sait hors la loi.

Combien, sous les apparences trompeuses, croient que cette obéissance est obligatoirement imposée. Pourtant comment concevoir autrement qu’un petit nombre contraint l’ensemble des autres citoyens à obéir aussi servilement ? Comment un homme arrive-t-il à dominer un peuple ? La puissance subversive de la thèse développée dans le Discours ne s’est jamais démentie.

Si pour éviter la censure, les exemples sont tirés de l’Antiquité, la réflexion porte bien sur son époque, dans un pays où le poids du pouvoir monarchique se renforce. L’originalité de la thèse de La Boétie est contenue tout entière dans l’association paradoxale des termes  servitude  et  volontaire . Il établit ainsi un modèle de la servitude, des causes de son apparition à celles de son maintien qu’il s’agit d’établir ici. Un point de vue : La Boétie, en énonçant son discours, ne se positionne pas comme maître à penser, ni comme détenteur de la vérité : ceux qui affirment détenir la vérité sont en vérité ceux qui détiennent la maîtrise. Le Malencontre est un accident tragique, une malchance inaugurale dont les effets ne cessent de s’amplifier au point que s’abolit la mémoire de l’avant, au point que l’amour de la servitude s’est substitué au désir de liberté. Ce qui est désigné ici, c’est bien ce moment historique de la naissance de l’Histoire, cette rupture fatale que constitue dans l’histoire de l’humanité la naissance de l’État. Or, celle-ci est contingente, et non pas inévitable.

Car la servitude est contraire à l’état de nature :  Ce qu’il y a de clair et d’évident pour tous, et que personne ne saurait nier, c’est que la nature, premier agent de Dieu, nous a tous créés et coulés, en quelque sorte au même moule, pour nous montrer que nous sommes tous égaux, ou plutôt frères. L’état de nature voudrait donc que les sociétés soient  égalitaires  où personne ne pourrait détenir du pouvoir sur les autres. C’est-à-dire le contraire de la servitude que connaissent les peuples. La première cause de la servitude est donc l’oubli de la liberté, et la coutume de vivre dans une société hiérarchisée où règne la domination des uns sur les autres. C’est bien le peuple qui délaisse la liberté, et non pas le tyran qui la lui prend. En effet, comment expliquer que les hommes non seulement se résignent à la soumission mais, bien plus, servent avec leur plein consentement ? Ainsi certains hommes seraient même prêts à perdre leur vie pour le tyran.