La Bretagne et la guerre d’Indépendance américaine PDF

Alors que les Etats-Unis se présentent comme la Bretagne et la guerre d’Indépendance américaine PDF défenseurs de la Démocratie, ils ont organisé le trucages des élections en Italie, deux coups d’Etat invisibles, et n’ont pas hésité à faire exécuter le Premier ministre Aldo Moro. Les preuves découvertes au cours des dix dernières années attestent que l’armée Gladio dirigée par les services secrets italiens prit, avec la complicité des terroristes d’extrême droite, une part active à cette guerre non déclarée.


Le 4 juillet 1776, les treize colonies anglaises d’Amérique du Nord proclament leur indépendance et la guerre, déjà larvée depuis quelques mois, devient une vraie guerre qui ne prendra fin que sept ans plus tard, le 3 septembre 1783, avec le traité de Paris, qui consacrera définitivement la naissance des États-Unis. Le rôle capital de la France dans l’indépendance américaine, illustré par le personnage emblématique de La Fayette, est bien connu et régulièrement célébré des deux côtés de l’Atlantique à l’occasion d’anniversaires ou d’autres temps forts des relations entre la France et les États-Unis.
Curieusement, le rôle de la Bretagne et des Bretons dans cette guerre qui a donné naissance aux États-Unis, aujourd’hui première puissance mondiale, est resté largement dans l’ombre. Pourtant, plus de 20 000 Bretons ont pris part à la Guerre d’Amérique et près de 2 000 d’entre eux y ont perdu leur vie, de nombreux affrontements navals ont eu lieu tout près des côtes bretonnes ; la Bretagne toute entière a vibré ardemment pour la cause américaine et des Bretons sont partis dés 1776 et 1777, dont le marquis de La Rouërie, combattre aux côtés de George Washington ; le rôle des ports bretons a été capital dans le ravitaillement des colonies révoltées ; on peut dire aussi que l’US Navy est née en Bretagne ; bien plus que Beaumarchais, c’est un Nantais, Le Ray de Clermont, qui a été le principal financeur et pourvoyeur d’armes et de munitions de l’armée de Washington et c’est sa demeure de Passy, où il a hébergé son ami Benjamin Franklin qui a joué durant toute la guerre le rôle d’ambassade officieuse des États-Unis… Dans ce livre captivant et rempli d’informations, puisées aux meilleures sources, le docteur Philippe Carrer, déjà bien connu pour ses importants travaux d’ethnopsychiatrie, confirme son talent d’historien, après ses deux remarquables biographies : Louis de Plélo. Une folle aventure au siècle des lumières (1996) et Ermengarde, l’autre duchesse de Bretagne (2003). Homme d’une vaste culture et d’une impressionnante érudition, il révèle enfin au grand jour les circonstances, les ressorts et les étapes de cette guerre qui changea le cours de l’histoire du monde et à laquelle les Bretons prirent une place importante.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Italie du dictateur fasciste Benito Mussolini s’était alliée à Hitler. Après la défaite des puissances de l’Axe, le président Franklin Roosevelt, le Premier ministre britannique Winston Churchill et le dirigeant de l’URSS Joseph Staline se rencontrèrent à Yalta, en Crimée, en février 1945, pour discuter du sort de l’Europe et prirent la décision, cruciale pour l’Italie, de placer la péninsule dans la sphère d’influence états-unienne. Les troupes US qui libérèrent le pays et instaurèrent en lieu et place de la dictature une démocratie fragile furent accueillies par les Italiens avec des drapeaux, du pain et du vin. Malgré cela, les Alliés « étaient inquiets de la situation politique de l’Italie et notamment de la menace du parti communiste dont l’influence ne cessait de croître, une situation déjà observée par le passé en Grèce et en Yougoslavie ». Il est probable que des groupuscules d’extrême droite furent recrutés et intégrés au réseau stay-behind afin de pouvoir nous prévenir si une guerre se préparait », confirma plus tard Ray Cline, directeur adjoint de la CIA de 1962 à 1966, dans un reportage sur Gladio.

Dans cette optique, l’utilisation d’extrémistes de droite, à des fins de renseignement et non politiques, me semble ne poser aucun problème. En 1947 furent créés à Washington le NSC et la CIA. L’Italie, en raison des « attaques continuelles de son puissant parti communiste » dont elle était la cible, eut le triste privilège d’être le premier pays à faire l’objet d’une guerre secrète et non déclarée de la CIA. La mission que s’était fixée l’Agence était claire : empêcher la gauche italienne de remporter les premières élections nationales de l’après-guerre, qui devaient se dérouler le 16 avril 1948. Le président Truman fut très satisfait des résultats obtenus et devint un adepte des opérations clandestines. Dans sa fameuse « Doctrine Truman » de mars 1947, il avait spécifié : « Nous ne devons reconnaître aucun gouvernement imposé à une nation par une force ou une puissance étrangère », fondant ainsi la politique étrangère des États-Unis sur « le Droit et la Justice » et refusant toute « compromission avec le mal ». Après que le PCI eut été écarté du gouvernement, l’Italie gouvernée par la DCI pro-US fut invitée, le 4 avril 1949, à rejoindre l’OTAN nouvellement créée, en qualité de membre fondateur.

Quelques jours seulement auparavant, le 30 mars 1949, l’Italie s’était dotée de son premier service de renseignement militaire depuis 1945, né de la collaboration avec la CIA. Intégrée au ministère de la Défense, l’unité secrète fut baptisée SIFAR et placée sous la direction du général Giovanni Carlo. Le SIFAR fut dès sa création « régulé par un protocole top secret imposé par les États-Unis qui constitue un renoncement total à la souveraineté nationale ». Selon ce protocole, établi en coordination avec le programme de l’OTAN, les obligations du SIFAR à l’égard de la direction de la CIA aux USA auraient compris le partage du renseignement collecté et le respect d’un droit de regard sur le recrutement du personnel, lequel devait impérativement recevoir l’approbation de la CIA. En 1951, le général Umberto Broccoli fut nommé directeur du SIFAR et, en sa qualité de membre d’un « Comité Secret », rencontra régulièrement des représentants de la CIA, le responsable du commandement de l’OTAN pour l’Europe du Sud ainsi que des responsables de l’armée, de la Marine et de l’armée de l’Air italienne.

L’OTAN craignant l’influence du PCI, le SIFAR avait vocation à garantir la stabilité de l’Italie. Dans cette optique, l’armée secrète Gladio était sa pièce maîtresse. OTAN, les représentants du SIFAR participaient régulièrement aux réunions Gladio des organes de commandement de l’OTAN, l’ACC et le CPC . Peu de temps avant de quitter ses fonctions, le président Cossiga prétendit lors d’un entretien télévisé que l’armée secrète Gladio était née en Italie en 1951 de l’inquiétude « de ce qui pourrait arriver si l’Europe était envahie ». Dans un document top secret du NSC, le Conseil National de Sécurité états-unien, signé de la main de Truman le 21 avril 1950, le président soulignait que « l’Italie est la clef de la sécurité américaine », les USA doivent donc « être prêts à utiliser tout leur pouvoir politique, économique et, au besoin, militaire » pour combattre le PCI . La CIA est-elle allée trop loin ? William Colby, le directeur de l’Agence, a notamment organisé le Gladio en Italie.

Avec sa moustache, ses lunettes et son allure militaire, De Lorenzo incarnait le figure du général à l’ancienne. Dans un document top secret daté du 26 novembre 1956 et signé de sa main, le patron du SIFAR évoque des « accords antérieurs » passés entre la CIA et ses services et précise que l’opération Gladio est en bonne voie. Le document, contenant des données hautement sensibles, ne fut pas dévoilé aux sénateurs chargés de l’enquête parlementaire. Sur la liste des projets prioritaires du SIFAR, De Lorenzo plaça la construction d’un nouveau quartier général pour l’armée secrète, pour lequel la CIA n’hésita pas à débourser 300 millions de lires. Etats-uniens et Italiens étaient convenu que pour des raisons de discrétion et de fonctionnalité le nouveau centre du Gladio ne devait pas être bâti sur le continent mais sur l’une des grandes îles de la côte Ouest de l’Italie.

La Sardaigne fut retenue et le terrain acheté. Je me suis rendu pour la première fois à Capo Marragiu en 1959 », témoigna le Gladiateur Ennio Colle suite à la découverte des armées secrètes. Le 27 novembre 1990, Colle avait reçu une lettre du directeur du SISMI l’informant que « l’armée secrète avait été dissoute ». En résumé, mon travail consistait à empêcher que les communistes ne s’emparent de l’Italie aux prochaines élections de 1958 », écrivit l’agent de la CIA William Colby dans ses mémoires. En automne 1953, il fut envoyé à Rome et placé sous les ordres du COS Gerry Miller. Colby partageait l’enthousiasme du président Dwight Eisenhower pour les opérations secrètes suite au succès des coups d’État menés conjointement avec le MI6 qui renversèrent les gouvernements de Mossadegh en Iran en 1953 et d’Arbenz au Guatemala l’année suivante.