La décision : entre passion et raison PDF

Premier volet d’un billet en deux parties sur la justice administrative, dont je parle trop peu, et les politiques, pas du tout, la décision : entre passion et raison PDF qu’elle le mérite amplement. Tout d’abord, voici un aperçu historique de cette dichotomie absolument fondamentale en droit français, et qui est assez unique au monde.


Nous sommes tous des décideurs. Par expérience, nous prenons la plupart du temps les bonnes décisions sur le champ. Mais il est des questions où la solution immédiate n’est pas la meilleure ; il faut s’asseoir, consulter et réfléchir aux choix possibles. La décision : entre passion et raison est le recueil d’expérience de dizaines de décideurs anonymes ou reconnus, parmi lesquels Alain Hubert, explorateur des Pôles Nord et Sud. Inspiré par les circonstances de l’extrême, ses actes sont porteurs de messages au quotidien. Quel que soit son âge, le chercheur de bonnes décisions reconnaîtra dans le cheminement méthodique du livre son propre parcours de décideur personnel ou professionnel, seul ou en organisation. Cette boîte aux trésors est un réducteur de solitude car ses multiples tiroirs offrent des lectures d’intensité et d’utilité différentes : des mots forts, des résumés, une panoplie de soixante outils et de vingt bonnes pratiques, des définitions… et des réflexions fabuleusement motivantes d’Alain Hubert. Le décideur réalise que plus il décide avec discernement, mieux il décide. Il découvre qu’existent peu de décisions bonnes en soi mais de nombreuses que l’on rend bonnes.

Mais avant de revenir aux origines, définissons un peu : qu’est ce que cette séparation, que signifie-t-elle ? Cette interdiction est absolue, et comme tout ce qui est absolu en France, connaît des exceptions. Il est incompétent, et doit refuser de juger. Sous l’ancien code pénal, s’immiscer dans les affaire de l’administration était pour un juge le crime de forfaiture. C’est là que l’Histoire nous éclaire. Cette séparation remonte à la Révolution française.

Mais qu’est ce qui a provoqué la réunion des Etats Généraux ? Une guerre que livraient les juges au roi. Cette formalité administrative, condition de l’applicabilité de la loi, a été dévoyée par les magistrats qui se permirent de commenter le texte, et, avant de l’enregistrer, d’adresser des remontrances au roi, lui demandant de modifier tel et tel point. Louis XVI le renvoya, et rétablit les anciens usages, croyant ainsi calmer la fronde des magistrats. Maupeou dit à cette occasion :  J’avais fait gagner au roi un procès qui dure depuis trois cents ans. Il veut le reperdre, il en est le maître. Etats Généraux se réunissent pour les approuver, comme c’était le cas lors de la Guerre de Cent Ans.