La Justice Pénale et les Femmes PDF

Dans les guerres modernes, c’est un moyen utilisé pour réduire des peuples à néant. Des femmes la Justice Pénale et les Femmes PDF de violences sexuelles, au Sud-Kivu, RDC, le 6 septembre 2007.


Qui sont ces femmes qui ont maille à partir avec la justice ? Comment sontelles traitées par le système pénal? Pourquoi les catégories les plus vulnérables sont-elles plus souvent criminalisées ? Comment cette minorité parmi la population carcérale peut-elle faire valoir ses besoins différents de ceux de la majorité masculine ? Forte d une vaste expérience auprès des femmes judiciarisée auxquelles elle s intéresse depuis plus de trente ans, la Société Elizabeth Fry veut mieux faire connaître leur réalité et s emploie ici à déconstruire certains mythes persistants à leur égard. Au fil des chapitres qui dressent un portrait global de la situation, comme dans les propos de détenues reproduits dans ce livre, s élève un ardent plaidoyer en faveur de la réinsertion sociale des contrevenantes. Comme le dit si bien Claire, une femme qui témoigne de son expérience en prison : « La punition indirecte, c est de vivre l après en société. » Appuyé par des témoignages de femmes judiciarisées, cet ouvrage fait état du travail accompli pour faire reconnaître les besoins particuliers des femmes en prison, mais également du travail qu il reste à faire quant à la défense de ces acquis toujours menacés. « Si le Canada peut s enorgueillir, à bon droit, de son faible taux de criminalité et de l efficacité de ses mesures correctionnelles, il faut rappeler que cet accomplissement repose sur l esprit qui a prévalu lors de l élaboration de sa Charte des droits et libertés, de son système pénal, de ses services correctionnels, etc. Nous devons prendre conscience de la précarité de nos institutions si la pensée fondatrice s effrite. » extrait

Kadhafi aurait émis un message sur une station radio de Bani Walid acquise à sa cause, dans lequel il promettait aux habitants «les plus jolies filles» de la ville en guise de récompense, s’ils parvenaient à résister aux assauts des rebelles. L’ex-leader libyen n’est pas le premier à se servir du viol comme d’une arme de guerre ou d’un élément de motivation pour ses troupes. Le viol est d’ailleurs catégorisé comme une «tactique de guerre» depuis 2008 par le Conseil de sécurité des Nations unies. En temps de paix, les violences sexuelles passent pour des actes de pulsion, et non des sévices «stratégiques».

Dans les conflits armés, elles ont longtemps été assimilées au «repos du guerrier», un signe de domination plus qu’un outil de destruction. Le viol participe pourtant de la guerre. Il brise des vies, dissémine les groupes ethniques, anéantit méthodiquement les peuples. C’est un instrument de torture, utilisé contre les hommes aussi bien que les femmes. Certes, il ne s’agit pas d’une réalité nouvelle: les récits de viol de guerre parsèment l’Histoire, de l’Antiquité à la Seconde Guerre mondiale. Mais dans les conflits contemporains, la pratique semble «réactivée». La visibilité des horreurs sexuelles perpétrées pendant les conflits, souvent ethniques, s’accroît, notamment grâce à la justice internationale qui condamne ces sévices.

Bosnie: le viol devient un «crime contre l’humanité» Au moins 20. 000 viols de musulmanes en Bosnie entre 1992 et 1995. Le «viol de masses» est une «découverte» de la guerre en ex-Yougoslavie. Cette guerre marque le début de la judiciarisation du «viol systématique», notamment dans des «camps de viol» tenus par les soldats. Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie parle pour la première fois de «torture» et de «crime contre l’Humanité», à l’issue d’un procès contre trois militaires serbes en 2001. Ce que reconnaît le TPIY en les condamnant, c’est que le viol contribue au massacre.

L’agression sexuelle terrorise la population, mais elle «mélange» aussi les sangs. C’est une manière de dire à la femme violée «il y a du sang serbe en toi, tes enfants seront serbes», explique Isabelle Lasserre, correspondante de guerre pour Le Figaro pendant le conflit. Arme de la terreur, le viol a également servi à vider les villages que les Serbes cherchaient à occuper. Isabelle Lasserre raconte avoir recueilli des témoignages d’hommes forcés par les soldats à violer leurs voisines, pistolet sur la tempe: la seule réponse à ce type de torture est la fuite. Les ethnies, dispersées, disparaissent petit à petit. Pendant le génocide au Rwanda, le viol est «la règle générale, son absence, l’exception», selon le rapporteur spécial de l’ONU René Degni-Ségui.

Le nombre de femmes violées n’est pas certain: les différentes associations d’aide humanitaire comptent entre 250. Peu avant la généralisation des violences, les journaux contrôlés par les Hutu avaient diffusé des dessins de femmes Tutsies couchant avec les hommes des forces d’intervention pacifistes belges, considérés comme des alliés du Front Patriotique de Paul Kagame. L’agression systématique des femmes pendant le conflit a contribué à répandre la maladie, signale Amnesty International. L’Armée patriotique rwandaise s’est également rendue coupable de crimes contre les Hutus, notamment de viols, bien que ces exactions soient «moins connues» selon Amnesty International .

L’ampleur des maltraitances sexuelles infligées en Tchétchénie est difficile à établir. Contrairement au premier conflit, les soldats envoyés étaient sous contrat, plus préparés à la guerre, plus violents. Les abus se sont multipliés après l’entrée des troupes russes en Tchétchénie, entre 2000 et 2003. Les femmes sont violées dans les prisons illégales, les «camps de filtration», et lors des pillages des villages. Comme en ex-Yougoslavie, il y a une notion d’humiliation de la société par un attaquant prédateur. S’y ajoute un élément de torture, pendant les interrogatoires.

Ce type de viol comme système de torture est un héritage des années du Goulag: il a été «importé» en Tchétchénie mais se pratique aussi dans les prisons ou au sein de l’armée russe, explique Amandine Regamey. Instruments de «nettoyage ethnique» ou de torture, les violences sexuelles subies par les Tchétchènes sont très peu punies en Russie. Emblématique: l’affaire Boudanov où le colonel du même nom avait été accusé de l’enlèvement, du viol et du meurtre d’une jeune Tchétchène. République démocratique du Congo: «Les pires violences sexuelles au monde» 17. La République démocratique du Congo porte les stigmates du génocide rwandais. C’est en effet le gouvernement rwandais qui encourage les guerres civiles congolaises des années 1990. Comme au Rwanda, les viols à grande échelle sont monnaie courante.

Le phénomène devient visible à la fin des années 1990 bien qu’il ait été perpétré bien avant. En 2006, les Nations unies recensent 27. 000 viols dans le pays: l’organisation internationale affirme que la violence sexuelle au Congo est «la pire au monde». La situation ne s’est pas améliorée depuis, notamment dans la province du Sud-Kivu où l’IRC dit avoir recueilli 40.

000 victimes de viol entre 2003 et 2008. Hutus et les Nande «se disputent le deuxième et le troisième rang». Les ethnies frappées sont en général celles qui résistent le plus aux forces armées. Le viol «musèle un village», explique Arnold Djuma: c’est une manière de forcer l’adhésion aux rebelles par l’humiliation.

L’extermination des différents peuples pourrait également passer par l’infection des femmes violées par le virus du sida. On soupçonne les gouvernements rwandais et ougandais d’envoyer des porteurs du virus dans leurs troupes pour attaquer les femmes. Le viol homosexuel est pratiqué comme une torture, bien qu’il soit plus rare. Kifaru accusé d’avoir violé plus de 200 femmes avec ses troupes ait récemment été arrêté. Les révoltes contre Mouammar Kadhafi sont réprimées dans le sang depuis le début de l’année 2011. Le viol ferait partie de l’arsenal des pro-Kadhafi. Selon le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno Ocampo, le dirigeant libyen aurait commandité des viols en masse afin de terroriser les rebelles.