La Logique de l’informel : A la découverte des jeux de pouvoir dans l’entreprise PDF

En pratique : Quelles sources sont attendues ? Il est membre fondateur du CIRFIP, en 1993 et participe à la création de la Revue internationale de psychosociologie en 1994, puis de la Nouvelle revue de psychosociologie en la Logique de l’informel : A la découverte des jeux de pouvoir dans l’entreprise PDF, dont il a été corédacteur en chef.


Manque de réactivité dans un environnement incertain, échec des projets de changement, gaspillage et surcoûts… dans toutes les entreprises confrontées de près ou de loin à la mondialisation, les meilleures pratiques de management trouvent aujourd’hui leurs limites. Il ne s’agit plus d’appliquer telle ou telle recette managériale pour obtenir performance, motivation et efficacité. L’entreprise n’est pas une belle mécanique dont les rouages seraient parfaitement prévisibles. Elle doit plutôt être considérée comme un tissu de relations interpersonnelles comportant une part incompressible d’irrationalité. Ce livre part de la réalité du fonctionnement des organisations telles que l’auteur a pu les analyser au cours de ses interventions. Besoins inconscients, quête de pouvoir et de reconnaissance, conformisme et peurs, cloisonnements ou baronnies alimentent la dynamique cachée des organisations. Le manager lui-même influence, par ses choix et ses prises de positions, le jeu de ces forces souterraines. Celles-ci peuvent agir comme un frein à la performance de l’entreprise, mais, identifiées, reconnues et canalisées, elles apporteront au management une nouvelle gamme d’outils pour conduire avec succès les projets de changement. Construit comme un carnet d’exploration, ce livre permettra au manager-navigateur, escale après escale, de mettre à jour la logique informelle de l’entreprise et d’acquérir de nouveaux outils de management pour développer le jeu collectif et la coopération, adapter son style de leadership et mettre son organisation à l’écoute des clients.

Eugène Enriquez a repris comme base les apports de Sigmund Freud et de Max Weber et s’est essentiellement intéressé aux fonctions imaginaires et à l’inconscient social, et en particulier aux aspects mortifères du pouvoir. La pierre angulaire de son œuvre est la thèse De la horde à L’État publiée en 1983. Dans ses études postérieures, un accent particulier est mis sur la prégnance de l’inconscient. L’imaginaire moteur a donc pour fonction d’éviter à la société et à sa culture vivante un enfermement dans une entropie d’une part, mais aussi de démonétiser, au point de le renverser, un pouvoir devenu par trop mortifère à un moment donné d’autre part. Toute attitude unilatérale va obtenir les effets escomptés mais aussi toujours son inverse. Toutefois l’inconscient n’est ni inconnu ni inexprimable, en conséquence de quoi ses forces ont une logique propre que l’on peut structurer en classes de processus inconscients non réductibles l’une à l’autre.

Dans une organisation, ces classes de processus forment les instances spécifiques avec leur loi de fonctionnement interne permettant de valider que tout acte dans l’organisation à toujours une motivation inconsciente. Ces instances rendent compte de l’appareil inconscient collectif réel et particulier d’une organisation contemporaine. Il s’agit d’un ancrage dans un temps primordial  ancien  racontant les exploits de héros et de dieux et autres chimères plus ou moins symboliques. Le mythe parle de l’origine des choses et de la communauté et il a pour but de souder en permanence par identification aux héros. Il s’agit de susciter l’identification à ces êtres vertueux et de fonder l’admiration, l’amour, la révérence et la sidération en contrepartie d’une reconnaissance élective. Elle va tenir éloignés les individus des effets de l’instance mythique mais va en contrepartie leur imposer des règles idéologiques et des limites.

Cela vise en particulier à masquer les conflits permanents générés par l’instance mythique. De comportements héroïques seulement justifiés par les vertus, on va passer à des comportements autorisés. De l’identification aux fondateurs on va passer à un rassemblement c’est-à-dire de s’identifier autant aux dirigeants mais aussi aux pairs de sa classe d’appartenance sans être en permanence obligé de se justifier puisque pré codés par l’instance sociale historique. La contrepartie d’un excès d’adhésion au modèle intériorisé est un trop grand conformisme, une frustration des individus face à un modèle fondamentalement totalitaire certes rassurant mais unilatéral, répressif et intolérant. Cette instance conduit à une homogénéisation mortifère dont les symptômes sont la paranoïa, la perversion et l’apathie, si elle devient trop importante. L’aliénation au modèle serait la conséquence ultime pour un individu. Dans l’instance institutionnelle, ce sont les mécanismes de pouvoir et de justifications de pouvoir qui vont être intériorisés.