Le ciel peut-il attendre ? : Le culte du purgatoire dans le Midi de la France (v. 1320-v. 1520) PDF

La basilique de Sainte Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, achevée en 1532 est le plus important édifice religieux de style gothique bâti en Provence. Après avoir débarqué aux Saintes-Maries-de-la-Mer, elle aurait occupé pendant trente le ciel peut-il attendre ? : Le culte du purgatoire dans le Midi de la France (v. 1320-v. 1520) PDF une grotte du massif de la Sainte-Baume pendant qu’elle évangélisait la Provence. Le culte de la sainte reste cependant vivace. Le souvenir de cette sépulture ne s’étant pas perdu, le prince de Salerne, Charles II, fils du comte de Provence Charles Ier fait entreprendre en 1279 des recherches pour retrouver les reliques de sainte Marie-Madeleine à laquelle il voue une grande dévotion.


Cette confirmation était d’autant plus précieuse que la basilique de Vézelay affirmait posséder le corps de Marie-Madeleine. En 1320, le chevet est terminé avec la première travée des trois nefs. Les quatre travées suivantes sont réalisées de 1330 à 1345. L’entrée de la crypte se situe alors en dehors de l’église. En 1404, on sait que l’abside et les cinq dernières travées de la nef étaient terminées. Les travaux reprennent sous Louis XII en 1508 avec la nomination d’un nouveau prieur, Jean Damiani, qui exercera le plus long prieurat du couvent durant trente cinq ans de 1508 à 1543. Les trois premières travées sont achevées en 1532 après quelques interruptions dues notamment à la peste.

Dès 1839, des travaux avaient été engagés au chevet, comme des graffitis nous l’ont appris, et l’église a été classée au titre des monuments historiques sur la liste de 1840, parmi les monuments les plus prestigieux de France. Les travaux dirigés par le père Lacordaire en 1875 eurent une incidence sur la face du monument : la démolition des maisons de deux étages sur la galerie du cloître et les chapelles nord. La restauration proposée par Henri Révoil connaissait un commencement d’exécution. Jules Formigé s’intéressa à la basilique, mais procéda surtout à des fouilles et à la présentation de la crypte que Révoil avait décorée dans le goût de son temps en 1884. Après la Seconde Guerre mondiale, Paul Colas put intervenir sur les fenestrages du bas-côté nord, de l’absidiole nord, mais les travaux furent interrompus.

François Enaud le 25 mai 1977. Dès 1975-1976, des chutes de pierres provenant des nervures des voutes sur croisée d’ogives et doubleaux s’étaient produites, et une campagne de purges et de confortations tout à fait provisoires étaient exécutées. La cause essentielle des désordres dont souffrait cet édifice était l’eau qui s’infiltrait par les couvertures, par les dispositifs d’évacuation des eaux pluviales et par les joints des murs. Ces eaux affaiblissaient les appuis en lavant les mortiers des blocages internes.

Le programme de mise hors d’eau et de confortation structurale a alors été entrepris. Les travaux ont consisté, en partant de l’angle sud-ouest, à refaire la couverture du bas-côté, en reprenant les évacuations d’eaux pluviales qui, depuis les fenestrages, traversent le comble en appentis, à rejointoyer les murs et les contreforts et leurs appuis. Un pare-gravois a dû être mis en place devant la façade à la suite de chutes de pierres. La façade occidentale inachevée depuis 1530 a été confortée en 1986-1987. L’édifice comprend une nef de neuf travées munie de collatéraux de huit travées auxquelles correspondent des chapelles latérales placées entre les contreforts. L’abside est polygonale ainsi que les deux chapelles flanquant la dernière travée de la nef.