Lecons sur l’histoire de la Philosophie. Tome I: La philosophie grecque. De Thalès à Anaxagore PDF

Socrate s’est régulièrement opposé aux sophistes, pour démasquer leurs impostures. Platon qui, en mettant en scène Socrate opposé à certains sophistes, a changé la lecons sur l’histoire de la Philosophie. Tome I: La philosophie grecque. De Thalès à Anaxagore PDF du nom de sophiste.


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Bien, le Beau, et le Juste. Il peut ainsi s’exercer à combattre les impostures qui jouent sur la vraisemblance pour piéger leurs auditeurs, ou encore paraître avoir raison en toute circonstance, buts considérés immoraux. Grèce pour donner des leçons de sophia. Ils encourageaient aussi une certaine connaissance des arts et métiers. Ils suscitent un grand engouement, mais aussi des réactions de la part de ceux qui estiment qu’ils sont des révolutionnaires. Mais en dépit de cet aspect douteux, c’est notamment par la critique socratique des arguments des sophistes que s’est constituée la méthodologie philosophique, sans oublier leur contribution aux progrès des sciences grammaticales et linguistiques. Prodicos fit évoluer l’analyse du langage par son approche des différentes significations des mots.

Sa contribution la plus significative se trouve dans sa méfiance de l’utilisation polysémique du verbe qui le pousse à établir un usage de mots ayant un sens précis dans lequel chaque expression doit faire référence à une seule et même chose. Bien qu’on connaisse mal le détail des idées professées par les sophistes, il y avait certainement de grandes différences de l’un à l’autre. L’analyse rationnelle des situations, des caractères, des lieux, des événements. L’analyse du langage, non pour lui-même, mais en tant que moyen de persuasion, c’est-à-dire la rhétorique. L’usage synonymique des mots, dans un sens strict, en vertu duquel chaque nom doit se référer à un seul et unique objet.

La curiosité sans limites des sophistes et leur pragmatisme font qu’ils ont souvent été jusqu’à remettre en cause l’existence des dieux. Aristoxène rapporte, dans les Commentaires historiques, que Platon avait eu l’intention de brûler tous les écrits de Démocrite qu’il avait pu rassembler, mais que les pythagoriciens Amyclas et Clinias l’en détournèrent en lui représentant qu’il n’y gagnerait rien, puisqu’ils étaient très-répandus. C’est le polygraphe Philostrate d’Athènes qui, au début du IIIe siècle, dans ses Vies des sophistes, a inventé l’expression de  seconde sophistique . Le sophiste de la seconde sophistique est d’abord un professeur de rhétorique qui a pour élèves des adolescents.

Outre ses leçons, il compose des manuels techniques, des recueils de sujets à traiter, avec ou sans correction, des modèles de discours. Il peut aussi jouer le rôle de conseiller auprès de sa cité en composant des discours qui prônent telle ou telle politique, telle réforme, qui dénoncent tel défaut. Dans l’empire désormais chrétien et plus bureaucratique, leur influence est en effet moins grande que pendant le Haut Empire, parce qu’ils sont en concurrence avec les légistes, les bureaucrates et les évêques. D’autre part, ces sophistes tardifs semblent davantage préoccupés de morale. Platon, copie du portrait exécuté par Silanion pour l’Académie vers 370 av.

Pour Platon, les sophistes ne sont pas un simple repoussoir, mais des adversaires sérieux dont les doctrines méritent d’être combattues. Les sophistes sont amoraux, puisque leur enseignement peut servir tout aussi bien à donner des armes à l’injustice, alors qu’ils prétendent donner à leurs élèves une éducation. Les sophistes manipulent le langage et préfèrent l’efficacité à la vérité. Thèses épistémologiques : Les sophistes sont considérés comme relativistes par Platon.

Cela signifie que la vérité n’est pas quelque chose d’indépendant de l’homme, mais qu’elle dépendra de sa perspective. En allant à peine plus loin, on soutiendra la thèse que rien n’est vrai, et que tout est relatif. Il n’y a pas de doute que la doctrine des Idées est une tentative de sortir du relativisme des sophistes. Thèses politiques : Elles ne sont pas séparables des thèses épistémologiques. Si l’homme est la mesure de toute chose, alors les lois de la cité ne sont pas guidées par ce qui est bien en soi, mais par ce que les hommes sont convenus d’adopter. C’est le positivisme juridique, par opposition au naturalisme. Thèses morales : Si rien n’est vrai en soi, alors rien n’est bien en soi, d’où l’assimilation de la vertu à la puissance.