Les États-Unis, grande puissance européenne (L’Histoire au présent) PDF

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie les États-Unis, grande puissance européenne (L’Histoire au présent) PDF. La notion de puissance est consubstantielle à celle d’État. Elle qualifie, dans son acception française contemporaine, les rapports de l’État avec ce qui échappe à sa souveraineté.


Où en sont les relations entre l’Europe et les États-Unis ? Entre les Europes, faudrait-il dire, et l’Amérique, puisque, on l’a encore constaté lors des récentes crises internationales, Washington compte plus d’alliés indéfectibles dans l’ancien « bloc de l’Est » que dans la vieille Europe démocratique. Au-delà des tensions conjoncturelles et des vicissitudes diplomatiques, des rivalités entre puissances aussi qui se sont fait jour lors du conflit irakien, il faut, pour la comprendre, considérer cette histoire compliquée, à plusieurs partenaires, sur la longue durée. Celle qui commence avec la guerre froide, prend en compte la grandeur de la Russie soviétique et le déclin des années Gorbatchev puis les recompositions issues de l’après-11 septembre, et enfin, pour chacun des protagonistes, les enjeux de politique intérieure.
C’est l’objet de cet ouvrage, qui établit que, malgré les déclarations d’intention, les intérêts nationaux parfois divergents et les mésalliances, l’histoire des États-Unis est, depuis plus d’un siècle, une histoire européenne.

Catherine Durandin, écrivain, historienne, professeur à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales, est l’auteur de plus de dix ouvrages concernant les États-Unis et l’Est européen. Elle a récemment publié La dynastie des Bush et La CIA en guerre.

Elle se distingue clairement, de la sorte, de la notion de pouvoir, qui s’exerce, à titre principal, dans le périmètre de la souveraineté étatique. La puissance est donc d’abord volonté. 2 300, par Sargon d’Akkad, contribué à écrire l’histoire de l’humanité durant les 45 siècles suivants. Cette même volonté de puissance a animé les fondateurs des États modernes, nés dans le creuset de l’Europe médiévale, et leurs héritiers. Et toujours par la guerre, pour laquelle l’État national s’est révélé être l’entité la plus apte, supplantant, au fil des siècles, les autres formes d’organisation politique, telles que les cités-États ou les empires.

La philosophie politique de ces prémisses de l’ère moderne a cherché à en dégager les lois et les règles, en marquant qu’elles ne devaient rien à la fortune ni à l’intervention divine. Pour Machiavel, le penseur du politique, c’est l’audace, la virtù du Prince qui lui permet de triompher de ses ennemis extérieurs et d’accroître ses possessions. Julien Freund, ont par la suite défini ce besoin de sécurité de l’individu comme fondamental, préalable à la satisfaction des autres besoins, et déterminé que l’État, dans ses formes les plus variées, est le cadre le mieux à même de pourvoir à l’exigence de la sécurité. Et en organisant la défense contre les menaces extérieures. On reconnaît bien là la logique de la  guerre inévitable  entre Athènes et Sparte évoquée par Thucydide, que Hobbes, son premier traducteur en anglais, avait lu avec attention. Cette observation annonce les définitions ultérieures de la puissance, celles de Max Weber et de Raymond Aron.

Bien qu’aucune  théorie de la puissance  n’ait jamais été formulée, ce concept est, explicitement ou implicitement, au cœur des différentes théories des relations internationales. Pour l’école dite du réalisme, la volonté de puissance est le principal mobile des conduites étatiques, pour des raisons qui tiennent à la  nature humaine , caractérisée par l’égoïsme des individus, leur soif de pouvoir, et qui produit ses effets jusqu’au sommet de l’État. Ces passions sont contenues par l’intérêt, fondement de la raison, et par voie de conséquence, de la rationalité de l’action politique. Woodrow Wilson, qui ambitionnait de transposer à l’ordre international les principes qui présidaient à l’ordre interne des démocraties : l’État de droit, la démocratie, la transparence, des procédures de règlement des conflits et la sanction des transgressions, au besoin par la force.

La puissance trouve également sa place dans les théories plus radicales des relations internationales, généralement d’inspiration marxiste. Unis forment le niveau de  commandement  avec, dans un second cercle, les États riches et les réseaux d’entreprises multinationales, et à un troisième niveau, tous ceux qui subissent les décisions sans y participer. La puissance, entendue comme volonté, est tributaire des ressources qu’elle peut mobiliser. La géopolitique a amplement étudié la relation de la puissance au territoire. C’est donc dans l’organisation de la production, dans la capacité à accumuler des ressources tangibles, à assurer des revenus réguliers, notamment par la voie de l’impôt, à financer les efforts de guerre, bref dans le maniement de l’économie et de la finance, que la puissance étatique trouve les ressources nécessaires pour se déployer. Mais elles ne sont pas de nature seulement matérielles, elles sont également de nature idéologique et identitaire. Un dernier facteur est celui de l’avance technologique, moteur de cette course entre le glaive et le bouclier qui a ordonné l’histoire militaire de l’humanité.