Les Afar, la révolution éthiopienne et le régime du Derg (1974-1991) PDF

Cette junte militaire prend les Afar, la révolution éthiopienne et le régime du Derg (1974-1991) PDF pouvoir durant la révolution éthiopienne de 1974 et abolit le système féodal. Elle conserve le pouvoir en réprimant ses oppositions.


Cet ouvrage porte sur la période de révolution, du renversement de Hayle Sïllasé à la mise en place d’une dictature militaire d’inspiration marxiste. L’auteur examine les causes et les conséquences de ce changement de régime à travers le cas des Afar, un peuple semi-nomade transfrontalier de basses terres. Les possibilités d’investissement agricole sur le cours de l’Awash, fleuve qui traverse le territoire Afar, les ressources minières ainsi que la protection des frontières nationales représentaient des enjeux importants pour intégrer à l’État éthiopien cet espace historiquement hors de sa domination. En réponse aux excès de l’administration impériale éthiopienne du temps de Hayle Sïllasé, notamment la confiscation des terres communales fertiles, la révolution éthiopienne proposait une réallocation des ressources au peuple par l’État et une plus grande autonomie de chaque territoire, impliquant des structures administratives nouvelles. Les hommes politiques représentant les Afar, soit par leurs statuts de chefs traditionnels soit par leurs qualités personnelles révélées par les bouleversements de l’époque, ont tenté de se saisir les opportunités offertes par la situation révolutionnaire. Ils ont dû faire face à plusieurs options qui les ont unis ou divisés. Ce sont ces choix politiques, les raisons qui les ont motivés, les incohérences qui n’ont pas été évitées, les dissidences qu’ils ont entrainées, les objectifs qui n’ont pas été atteints, et les conséquences économiques, écologiques et sociales, qui sont l’objet de cet ouvrage. L’auteur y décortique également les rapports complexes des Afar avec la Junte militaire au pouvoir et les mouvements de guérilla qui s’opposaient à celle-ci, surtout les mouvements érythréens et le Front de libération des peuples du Tigray (FLPT).

Après l’instauration d’une démocratie populaire, Menguistu devient chef de l’État. Il est condamné pour génocide, par contumace, à la réclusion à perpétuité, puis, en appel, à mort le 26 mai 2008. Il est diplômé de l’académie militaire en 1966. Mengistu devient le dirigeant du Derg dès juillet 1974. Début décembre, les premières bombes explosent à Addis Abeba et des groupes  contre-révolutionnaires  sont réprimés. En décembre 1976, Menguistu semble affaibli avec la nomination de Teferi Bante comme chef de l’État, président du CMAP. Sous sa direction, l’Éthiopie s’allie à l’Union soviétique, l’Allemagne de l’Est et d’autres États du pacte de Varsovie, ainsi qu’à Cuba.

Ces pays lui fournissent une assistance économique et militaire. Mengistu adopte la philosophie marxiste-léniniste au cours des années 1970. Le marxisme était alors très populaire en Afrique et dans une large part du tiers monde parmi les nationalistes et les révolutionnaires. En 1975, une grande réforme agraire est lancée. Les terres sont nationalisés, des coopératives de paysans sont mises sur pied, des terres sont distribuées à ceux qui n’en avaient pas avec une limite de taille par exploitation. La vente et la location de terrains sont par ailleurs interdites. Beaucoup y sont victimes des maladies et des bandes armées par les propriétaires terriens, hostiles au nouveau régime.

Il met en place un Institut des nationalités qui regroupait des géographes, des ethnologues, des économistes afin de mieux appréhender les caractéristiques de chaque ethnie. Les musulmans sont admis comme de véritables Éthiopiens pour la première fois dans l’histoire du pays et trois jours de fêtes musulmanes sont reconnus par l’État. 1976, les répressions sanglantes se succèdent contre les  contre-révolutionnaires  supposés. La campagne de Mengistu contre les factions opposées au gouvernement débute par un discours prononcé sur la place de la Révolution au cœur d’Addis-Abeba. Mengistu qualifie les actes de guérilla urbaine menés par les rebelles de Terreur blanche.