Les Belges (Documents Français) PDF

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Des crimes de Marc Dutroux, en août 1996, à la contamination de poulets par la dioxine, en juin 1999, la Belgique n’a cessé de défrayer la chronique. L’évasion rocambolesque du même Dutroux et le discrédit jeté sur le Tour de France par des fournisseurs flamands de produits dopants complètent la série catastrophe qui révéla la fragilité d’une société ayant accumulé trop longtemps sans réagir deuils et pertes de repères. Le monde entier s’est interrogé : la Belgique, considérée jusqu’alors comme une démocratie stable et prospère, ne sera-t-elle pas en train de bascule dans l’anarchie ? Cet Etat fraîchement fédéralisé allait-il suivre l’exemple de la Yougoslavie et de la Tchécoslovaquie et, à son tour, disparaître du continent européen ?
Malgré leur individualisme atavique et leur scepticisme chronique à l’endroit de toute forme de pouvoir, les Belges ont montré leur capacité, tant morale que politique, à surmonter cette crise et à entreprendre des réformes nécessaires à la restauration de l’État de droit. La « marche blanche » d’octobre 1996 fut le signal de ce redressement. Les élections législatives de juin 1999 ont confirmé cette volonté de réhabilitation de la citoyenneté.
Le récit enlevé et l’analyse brillante de Didier Pavy constituent à l’évidence une mine riche d’enseignement pour une Europe de plus en plus multiculturelle et ouverte sur le monde, où l’État Nation se trouve remis en question et où les élites politiques et intellectuelles doivent gérer des situations économiques et sociales de plus en plus complexes.

Didier Pavy est journaliste. Il est correspondant permanent du Nouvel Observateur et du mensuel économique Challenges en Belgique depuis 1992.

Léopold Ier, sur le trône belge en 1865. Portrait par Franz Xaver Winterhalter, 1844. La naissance de Léopold revêt une importance qui dépasse celle d’assurer la continuité dynastique car la Belgique est encore une nation fragilisée à l’intérieur du pays par une faction orangiste nostalgique du régime précédent et à l’extérieur par la France qui convoite encore la partie francophone du nouvel État et par l’absence de reconnaissance de sa souveraineté par l’Autriche et la Russie. Lorsque Léopold naît, il est chétif et malingre. En 1840 le roi remet à l’honneur au profit de ses deux fils les titres de duc de Brabant pour l’aîné et celui de comte de Flandre pour le cadet. La langue maternelle de Léopold est le français, mais l’héritier apprendra aussi l’anglais et l’allemand.

La révolution française de 1848, qui épargne la Belgique, entraîne l’abdication de Louis-Philippe qui se réfugie en Angleterre où règne la reine Victoria, cousine germaine du jeune prince Léopold. Très affecté par la mort de sa mère qui s’occupait beaucoup des enfants royaux, Léopold, ses frère et sœur sont quelque peu livrés à eux-mêmes. Un mois après la mort de la reine Louise, la reine Victoria conseille au roi : « Vous devriez garder vos enfants aussi près de vous que possible. Membre du Sénat belge depuis sa majorité, le duc de Brabant prend part à des discussions importantes, notamment celles concernant l’établissement d’un service de navigation entre Anvers et le Levant en 1855. Le changement de régime en France minore désormais la position du roi des Belges lequel était le gendre du souverain déposé par la Révolution de 1848.

Pour faire face à la chute de prestige de la monarchie belge, Léopold duc de Brabant qui vient en 1853 de fêter ses dix-huit ans s’avère d’un précieux secours. Son père l’emmène faire le tour des cours allemandes et autrichienne. Léopold avec une archiduchesse issue de la séculaire Maison d’Autriche sont annoncées. Après les cérémonies nuptiales, le jeune couple entreprend la tournée des villes belges avant de s’embarquer en octobre pour un long séjour anglais auprès de la reine Victoria, laquelle après les avoir observés, écrit au roi Léopold : « Je crois que vous ne vous rendez absolument pas compte que, pour son âge, elle a une personnalité exceptionnelle. Sur tous les sujets, je l’ai trouvée particulièrement intelligente et saine d’esprit, très instruite et très cultivée. L’inharmonie entre les jeunes époux se fait jour lorsqu’ils séjournent aux Tuileries en 1855. Lady Westmoreland écrit : « On lui donnerait seize ans.