Les clichés-verre PDF

L’expression  il tire son cliché  désignait dans les ateliers d’imprimerie l’individu les clichés-verre PDF répétait constamment la même chose. Gustave Flaubert les recense dans son Dictionnaire des idées reçues. Le cliché est une idée ou une formule que l’on retrouve très souvent répétée dans les mêmes termes et qui est devenue banale, usée. Il s’agit souvent de métaphores passées comme usuelles dans la langue, également appelées catachrèses.


Le cliché est à la source du comique et de l’ironique. Leur repérage est parfois, néanmoins, complexe. Autrement dit, rajoute l’auteur, sa compréhension est très variable du niveau de connaissance culturelle de l’interlocuteur. L’usage bivalent des termes de  cliché  et de  lieu commun , synonymes en pratique, reflète les deux faces du cliché.

Remy de Gourmont, critique littéraire explique ainsi, à propos d’un roman  à clichés , ce qui  distingue le cliché du lieu commun. Le cliché possède aussi, malgré lui, la faculté de situer l’action, car il nous est familier, facilement reconnaissable. Le cliché est également à l’origine des types littéraires, principalement dans la constitution des personnages types ou des stéréotypes. On peut ainsi résumer en montrant que le cliché se fonde sur des analogies culturelles, partagées par tous, à l’instar d’archétypes. Le cliché est une figure transversale à tous les genres littéraires, certainement celle la plus ancienne et la plus employée.

Troie, le cheval de Troie pour Homère, le déluge ou le buisson ardent de la Bible, etc. L’idylle est souvent en littérature, mais aussi dans les Arts visuels, une scène  cliché . Le décalage avec l’époque de réception conditionne en grande partie la nature du cliché. De manière assez fréquente, cliché désigne aussi quelque chose de non conforme à la réalité que l’on retrouve souvent dans la fiction.

Certains artistes n’hésitent pas à récupérer des clichés dans un but satirique ou parodique. Gustave Flaubert qui a pour ambition de rejeter le romantisme et ses clichés surannés pour atteindre le réalisme autopsique, notamment dans son œuvre Madame Bovary, dénonciation de la facilité du cliché. La langue courante fourmille de clichés, certains sont même employés de manière automatique et sans que l’on y prête attention. Les clichés ont tendance, sous l’effet de l’évolution de la langue, à se grouper pour créer des formules figées: gravement malade et grièvement blessé sont souvent figées dans la langue orale, alors que les deux adverbes sont synonymes et de même étymologie.

Au cinéma, des réalisateurs comme Quentin Tarantino ont parfois fait, sciemment, un grand usage des clichés de films antérieurs. Le cliché est aussi à la base des sketches de nombreux comiques de music-hall. Quelques films utilisent l’autodérision, en faisant appel volontairement à un certain nombre de stéréotypes. Le terme de cliché provient historiquement du vocabulaire de la typographie et résume les sèmes d’ empreinte  et de  reproduction , que l’on retrouve dans l’acceptation photographique. Par extension, il vient à désigner la mémoire sélective, où les souvenirs semblent être imprimés. Avec la photographie, dès les années 1860, le cliché devient un procédé universel pour faire allusion à une idée ou une situation galvaudée et reproduite par tous dans le langage.

La métaphore faite entre plaque photographique et cliché mental va demeurer vivace. Pour certains écrivains ou linguistes modernes, le cliché doit sortir de son image populaire, proche du ressassé. Michael Riffaterre notamment ne le considère plus du point de vue normatif, banal ou galvaudé mais y voit un potentiel stylistique créateur, proche du fait de style. En d’autres termes, la distinction se porte sur la formulation et non sur la tournure de pensée produite.