Les merveilles du gourou PDF

Face aux questions soulevées par les rumeurs du comportement inadéquat d’un « maître », la réponse sera souvent un silence gêné, voir une mimique pleine de reproches. Pourquoi parler de tout les merveilles du gourou PDF ? Vous ne devez jamais regarder les défauts du Gourou, vous devez au contraire le diviniser. Il fera disparaître vos doutes, il doit être libre de l’avidité, de la colère et du désir.


Nous avons le plus souvent du maître spirituel une vision étroite qui le limite dans le temps et dans la forme à une personne humaine, qui nous parle et nous enseigne. Sans nier cette dimension du gourou, Sa Sainteté nous invite à un regard beaucoup plus vaste et plus profond. Partant du gourou extérieur, il nous fait cheminer jusqu’au gourou secret, l’éveil lui-même, nous faisant découvrir au passage que la vie entière sert également de maître ‘. si nous savons écouter ses messages :  » Sans la barrière de la communication, tous les phénomènes se révèlent être le gourou. Tous nous donnent constamment un encouragement, un enseignement sacré et précieux.  » Les Merveilles du Gourou nous ouvre ainsi d’immenses perspectives, exigeantes, mais combien enrichissantes et enthousiasmantes, semblables aux promesses de l’aurore quand s’efface le voile de la nuit.

Qu’est-ce qui fait que certains agissements particulièrement intolérables de « guides spirituels » bien connus ne fasse pas plus de bruit ? Comment des personnages qui salissent les enseignements peuvent rester en place sans créer trop de polémique ? La relation de maître à disciple si importante dans les traditions orientale et les vœux de fidélité qui vont avec y sont sans doute pour quelque chose. Et il vrai que, quand on a consacré sa vie, son temps et son argent à une communauté, quand on s’est peu à peu coupé du monde autour de nous en ne le « déchiffrant » plus qu’avec la grille de lecture du maître, il est bien difficile de reconnaître son erreur de jugement et un difficile travail de réévaluation est nécessaire. Et après tout, n’est-il pas tentant de cacher la saleté sous le tapis pour ne pas porter préjudice à tout un mouvement spirituel ? Certains diront qu’il faut se concentrer sur le positif et ne pas regarder le négatif et qu’il ne faut pas juger les autres.

On nous reprochera peut-être de remuer la « merde ». Peut-être, mais il y a sans doute des limites à ne pas franchir et qui ne dit mot consent. Par cet article, nous ne cherchons pas  la petite bête, nous ne voulons pas instaurer une « police dharmique de la braguette » ni  appliquer une grille de lecture « spirituellement correcte » sur une une quête de Soi qui peut, à certains moments, prendre des formes étranges et paradoxales. Néanmoins, la gravité de certains faits ne cesse d’alarmer et l’aveuglement général semble parfois prendre des dimensions abyssales.

On ne compte plus le nombre de chercheurs sincères dont la vie a été brisée par des psychopathes déguisés en saints, avec l’approbation silencieuse du reste de leur communauté. De récentes révélations agitent  le petit monde du Yoga, mais bizarrement sans grandes répercussions dans la communauté francophone. Nous voulions en faire part à nos lecteurs car l’organisation impliquée est bien connue et eut une grande influence sur l’évolution du yoga en Occident. Mort il y a quelques années, le Swami prônait l’abstinence, la chasteté et l’austérité alors que sa vie intime semble bien trouble. Elle explique son silence initial : « Si j’avais prévenu les autres disciples, à leurs yeux j’aurai été la seule à blâmer pour être une mauvaise disciple et pour ne pas accepter ce que le gourou faisait pour mon propre bien », « si vous appeliez à l’aide dans l’ashram, personne ne venait à votre secours ». D’autres témoignages viennent corroborer ses dires et accusent les dirigeants de l’ashram de  Mangrove Moutain de nombreux abus physiques et sexuels durant les années 70 et 80. La plupart des faits  seraient l’oeuvre de ce Swami Akhandananda Saraswati, véritable pédophile grimé en promoteur de paix et  leader de l’ashram de Mangrove Moutain.

Khandananda fut d’ailleurs condamner à deux ans de prison en 1989 pour abus sexuels sur une jeune fille de 15 ans mais la sentence fut annulée pour vice de forme en 1991. Il mourut en 1997 d’un coma éthylique. La police enquête maintenant sur d’autres événements du même genre dans lesquels Akhandananda serait impliqué, en recevant les témoignages de six ex-adeptes qui étaient encore enfants au moment des faits. Au moins quatre de ses femmes disent avoir aussi été abusées par la « partenaire tantrique » de Akhandananda, une personne connue sous le pseudonyme de Shishy, qui a depuis admis avoir eu une relation sexuelle avec un garçon mineur et couvert les agissements de son amant. Malheureusement ce n’est pas tout et les choses iront encore plus loin dans l’abject: dans une récente audition devant le tribunal, un témoin qui avait 7 ans au moment des faits, décrit comment elle aurait « participé malgré elle à un rituel macabre, mise nue et tenue de force par des membres de l’organisation » puis comment « Akhandananda aurait pratiqué une incision entre ses seins puis sucer le sang qui en coulait avant de la violer ». Les plaignants demandent maintenant réparation alors que l’ashram de Mangrove Moutain fonctionne toujours et reste un lieu d’activité très populaire auprès des disciples de l’organisation. Les dirigeants actuels de l’ashram dénient toutes responsabilités et demandes de compensations arguant du fait qu’ils n’étaient pas en place au moment des faits.