Les ministres des Finances de la Révolution française au second empire : Tome 2 : Dictionnaire biographique 1814-1848 PDF

Bien que Louis XVIII ait l’habitude de ne s’entretenir de politique qu’avec ses ministres, Decazes obtient l’autorisation de faire ses rapports directement au roi. Détesté des Ultraroyalistes, cet homme de police, ancien collaborateur de Fouché en les ministres des Finances de la Révolution française au second empire : Tome 2 : Dictionnaire biographique 1814-1848 PDF, puis ministre du duc de Richelieu, sait attirer les faveurs du roi pour qui il devient indispensable. Louis XVIII se prend peu à peu d’amitié intime avec Decazes, car il est pour lui le plus sincère des ministres qui ne parle pas inutilement mais simplement, sans respect excessif, ni sans trop d’humilité. Se fait-il dans le cœur des monarques isolés, un vide qu’ils remplissent avec le premier objet qu’ils trouvent ?


Ce dictionnaire rassemble, en quarante-cinq notices réparties en trois volumes, les biographies très documentées des ministres des Finances, de la Révolution française jusqu’à la fin du Second Empire. Illustrées pour la plupart d’un portrait, enrichies par le dépouillement d’archives jusqu’alors inexploitées, telles que les archives notariales, elles détaillent les précisions recueillies sur la famille de chaque ministre, sur son éducation, sur sa fortune familiale et enfin sur sa carrière et son rôle dans la gestion des finances. Toute l’histoire financière de la France à cette époque est évoquée à travers les parcours de ces ministres. Dans ce second volume qui couvre la période allant de la Restauration (1814) à la fin de la monarchie de Juillet (1848), l’auteur souligne notamment l’importance de l’action déployée par les cinq figures ministérielles éminentes que furent Louis, Corvetto, Villèle, Humann et Lacave-Laplagne. Ils fixèrent pour l’essentiel les grands traits de l’organisation financière de la France contemporaine : réunion des Finances et du Trésor dans un seul ministère, mise au point de la procédure parlementaire du vote du budget annuel et du contrôle de l’exécution des exercices passés, développement du principe de la spécialité budgétaire, régularisation du mouvement général des fonds en relation avec la Banque de France et l’utilisation de bons du Trésor, réglementation de la comptabilité publique… Seule survivance archaïque : le recours à l’emprunt en perpétuel, ce qui posa le problème de la diversification du taux des emprunts, de la conversion des rentes et de l’amortissement de la dette. Le budget annuel, de 900 millions en 1816, s’éleva à près d’un milliard et demi en 1848, la politique des grands travaux, en particulier la construction des chemins de fer, ayant creusé un déficit croissant à partir de 1840, ce qui compromit la solidité du régime.

Est-ce sympathie, affinité d’une nature analogue à la leur ? Est-ce une amitié qui leur tombe du ciel pour consoler leur grandeur ? Elie duc Decazes, pair de France, Eugène Devéria, vers 1845, Musée national du château de Pau. Decazes devient, grâce à l’appui du Roi, le chef de la majorité et le ministre de l’intérieur jusqu’en novembre 1819. Ses diverses actions en faveur de l’industrie, du commerce et de l’agriculture témoignent d’une volonté de développer économiquement la France. Peu à peu, Decazes va voir son champ d’action se réduire. Il se retrouve avec une multitude d’ennemis, entre des ultras qui dénoncent quotidiennement son libéralisme et des libéraux qui trouvent ses réformes trop timides.

Mais un attentat va peu à peu entraîner la chute de Decazes et de sa carrière politique. En effet, le 13 février 1820, le duc de Berry est assassiné par un ouvrier sellier, Louvel. La presse ultra se déchaîne alors contre Decazes, accusé d’être responsable de l’assassinat du duc de Berry. L’Illustration du 3 novembre 1860 annonçant la mort du duc Decazes. Serre en 1819 imposent aux journaux de se déclarer et de payer un cautionnement mais elles suppriment également l’autorisation préalable et la censure, entraînant un développement de la presse nationale.

Après la démission du duc de Richelieu en 1818, il prit la direction effective du gouvernement du général-marquis Dessolles. Mais les grandes puissances de l’alliance observaient la montée du libéralisme en France avec une inquiétude croissante. Finalement contraint à la démission en février 1820, Decazes est élevé au rang de duc, et se retire honorablement comme ambassadeur en Grande-Bretagne. Ceci mit fin à sa carrière dans l’exécutif.

Il adhéra après 1830 à la monarchie de juillet. Il fut nommé en 1834 grand référendaire de la Chambre des pairs. Il quitta entièrement les affaires et la vie politique à partir de 1848. C’est au milieu d’eux, dans sa terre girondine qu’il repose. Indépendamment de son rôle politique, Decazes signala son administration par des mesures favorables aux arts, à l’agriculture et à l’industrie : il rétablit en 1819 l’exposition quinquennale des produits de l’industrie. D’argent à trois têtes de corbeau arrachées de sable. Dictionnaire universel des contemporains, contenant toutes les personnes notables de la France et des pays étrangers : ouvrage rédigé et continuellement tenu à jour, avec le concours d’écrivains et de savants de tous les pays, Paris, L.

Dictionnaire des parlementaires français : depuis le 1er mai 1789 jusqu’au 1er mai 1889, Paris, Bourloton, 1891, 5 vol. Nouvelle biographie générale : depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, Paris, Firmin-Didot frères, 1866, 37 vol. Avant l’apogée, la vérité sur le père et la famille du favori de Louis XVIII, et la jeunesse du duc Decazes. Bordeaux, Feret et fils, 1901, 123 p. Le duc Decazes : conférence faite à Decazeville, le 24 août 1929, à l’occasion des fêtes du centenaire, Rodez, P.

Decazes, ministre du roi, Paris, Hachette, 1960, 214 p. Decazes : homme d’État et franc-maçon, Tulle, Maugein, 1973, 144 p. Le Duc de Richelieu : 1766-1822 : un sentimental en politique, Paris, Perrin, 2009, 498 p. Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l’Europe, vol. Rechercher les pages comportant ce texte. La dernière modification de cette page a été faite le 9 janvier 2019 à 17:43.

Jacques Laffitte connut une ascension rapide dans le monde de la banque qui le conduisit jusqu’au poste de gouverneur de la Banque de France. Après de courtes études, il devint d’abord, à douze ans, apprenti charpentier auprès de son père, puis, pendant deux ans, troisième clerc chez un notaire de Bayonne, puis, à quatorze ans, commis chez un négociant de cette ville, M. Jacques Laffitte fit preuve de remarquables qualités et manifesta de réelles aptitudes pour le métier de la banque. D’un caractère liant, vif et gai, doué d’une grande capacité de travail et d’un esprit clair et net, il connut une ascension rapide. Cette lettre eut son effet puisque Perregaux fit de Laffitte, le 23 février 1806, son associé dans la Sté Perregaux et Cie, avec un quart du capital. Pendant dix ans, Laffitte géra seul cette maison qui devint très vite la première banque de Paris et l’une des plus puissantes banques européennes. Napoléon Ier lui aurait dit :  Je vous connais Monsieur Laffitte, je sais que vous n’aimez pas mon gouvernement, mais je vous tiens pour un honnête homme .

Laffitte eut l’occasion de le démontrer en rendant service à tous les gouvernements successifs. Quelques jours plus tard, il avança et garantit presque entièrement la nouvelle contribution de guerre exigée par la Prusse. En 1818, il sauva une fois de plus la place de Paris d’une crise financière, alors que la bourse était impuissante à faire sa liquidation : il acheta pour 400 000 francs de rentes et les paya, mettant un terme à la panique. 1818, le château de Maisons à la duchesse de Montebello. Il a également créé la Caisse générale du commerce et de l’industrie où il fait nommer son frère Martin Laffitte. Il s’abstint de prendre la parole à la tribune et vota avec le parti constitutionnel libéral. Réélu comme député de la Seine par le collège de département le 4 octobre 1816, Laffitte prit dès lors place à gauche et se spécialisa dans les matières financières, prononçant de remarquables discours dont le gouvernement faisait le plus grand cas, quoique l’orateur siégeât sur les bancs de l’opposition.