Les quartiers irréguliers de Beyrouth: Une histoire des enjeux fonciers et urbanistiques dans la banlieue sud PDF

Liban et la ville la plus importante du pays. Avant la guerre civile libanaise, la ville était un centre financier, un port de commerce et un centre culturel d’une importance majeure à l’est de la Méditerranée et au Proche-Orient. Du fait de la présence de les quartiers irréguliers de Beyrouth: Une histoire des enjeux fonciers et urbanistiques dans la banlieue sud PDF entreprises et de grandes banques internationales, elle joue un rôle central dans l’économie du pays. Beyrouth rivalisait avec Le Caire comme le centre culturel et éducatif du monde arabe.


Quartiers « illégaux », « informels », « irréguliers » : les études sur l’urbanisme proche-oriental s’intéressent de plus en plus à ces lieux de la ville où l’habitat contrevient aux règles de la construction et de l’urbanisme. Ces désignations recouvrent en réalité une grande diversité dans les histoires et les enjeux socio-politiques présidant au développement de ces quartiers. Ce livre en étudie un exemple particulièrement révélateur. La banlieue sud-ouest de Beyrouth concentre la grande majorité des quartiers irréguliers du Liban : ceux-ci participent de la stigmatisation sociale de cette périphérie de la capitale, et les grands projets de reconstruction de l’après-guerre ont par ailleurs fait de l’irrégularité urbaine une question d’actualité. Les occupations de terrains pendant la guerre ou encore les extensions des camps de réfugiés sont liées à l’histoire récente du Liban. Mais en se plongeant dans l’histoire foncière des parcelles irrégulièrement construites et occupées, ce livre révèle que leur sort a également été marqué par des ambiguïtés juridiques remontant à l’époque ottomane ou au Mandat français. Cette profondeur historique remet en perspective le phénomène de l’irrégularité foncière. S’ajoutent des histoires particulières, celles de propriétaires plus ou moins bien placés pour protéger leur bien, qui montrent que les stratégies individuelles ou collectives sont souvent un facteur important pour expliquer la localisation et l’ampleur des irrégularités. Plan, réglementation, loi et norme sont des outils majeurs de l’urbanisme. lorsqu’il organise la ville. Aussi l’irrégularité, qu’elle soit définie en termes juridiques (illégalité) ou formels (désordre visible dans l’espace), fonctionne-t-elle comme un remarquable révélateur des tensions qui traversent l’aménagement urbain. Entretiens, enquêtes de terrain, travail sur des archives cartographiques et juridiques ou encore étude du cadastre mettent ici au jour les raisons qui rendent certains lieux plus vulnérables ou plus accueillants que d’autres à l’irrégularité.

La ville a été nommée capitale mondiale du livre 2009 par l’UNESCO. Bérytos est fondée vers 5000 av. Petit port à l’origine, moins puissante que les autres cités phéniciennes tel que Tyr, Byblos, ou Sidon, elle gagne de l’importance pendant l’Empire romain. Pendant les croisades, elle est le centre de la seigneurie de Beyrouth, vassale du royaume franc de Jérusalem. Elle est prise par les mamelouks en 1291. Sous l’Empire ottoman, elle joue un rôle commercial actif parmi les échelles du Levant mais subit les effets du déclin économique de la Syrie ottomane.

L’essor de la ville doit beaucoup à son port, le premier de la région à avoir été doté d’une Quarantaine, et au choix de Beyrouth par les puissances occidentales qui y implantent leurs missions religieuses, leurs universités et leurs comptoirs commerciaux. 1860 dans la montagne entre druzes et maronites : Beyrouth sert alors de port de débarquement à l’expédition française en Syrie. Beyrouth passe de 7 000 habitants en 1810 à 27 000 en 1845 et 130 000 en 1915. Empire ottoman après la Première Guerre mondiale, Beyrouth, avec le reste du Liban, a été placée sous mandat français. Quand le Liban a obtenu son indépendance le 22 novembre 1943, Beyrouth est devenue sa capitale. L’ère de prospérité relative suivant l’Indépendance a pris fin en 1975 lorsque la guerre civile libanaise a éclaté. Pendant la majeure partie de la guerre, Beyrouth a été divisée entre une partie musulmane à l’Ouest et l’Est chrétien.

La basse ville, autrefois centre d’une grande partie des activités commerciales et culturelles de la ville, est devenue alors une  terre inhabitée  désignée sous le nom de  Ligne verte . Une période particulièrement destructrice a été le siège, en 1978, de l’armée syrienne contre Achrafieh, le principal quartier chrétien de Beyrouth. Les troupes syriennes ont bombardé sans relâche le quartier oriental de la ville. Un autre chapitre destructeur a été l’invasion israélienne en 1982, pendant laquelle Beyrouth-Ouest fut assiégée par les troupes israéliennes. En effet, durant l’été 1982, la ville a été soumise par l’armée israélienne à un siège et à un blocus hermétique.