Les « Remontrances » de Malesherbes PDF

Victor Hugo, ayant été élu à l’Académie française à la place laissée vacante par la mort de M. Au commencement de ce siècle, la France était pour les nations un magnifique spectacle. Un homme la les « Remontrances » de Malesherbes PDF alors et la faisait si grande qu’elle remplissait l’Europe.


Février 1771. Un conflit violent oppose Louis XV et les parlements. Malesherbes, partisan de longue date de la liberté d’écrire et de publier, entre dans la bataille. Ses énergiques Remontrances au roi lui valent une lettre de cachet et un exil sur ses terres qui ne font qu’accroître l’enthousiasme du public éclairé.
Mai 1775. À l’orée du règne de Louis XVI, Malesherbes adresse de nouvelles Remontrances au jeune souverain. Ce second réquisitoire, une défense de la cause du peuple contre l’absolutisme, est interdit. Ce sera un grand succès sous le manteau.
L’essai d’Élisabeth Badinter, qui précède ces Remontrances, nous plonge au cœur des tensions de l’Ancien Régime finissant. Les débats du temps en annoncent d’autres plus contemporains. Et les apparentes contradictions de ce magistrat, serviteur de la monarchie, critique de ses abus et pour finir, avocat du roi de France, posent la question toujours actuelle du rapport entre l’intellectuel et le politique.

Cet homme, sorti de l’ombre, fils d’un pauvre gentilhomme corse, produit de deux républiques, par sa famille de la république de Florence, par lui-même de la république française, était arrivé en peu d’années à la plus haute royauté qui jamais peut-être ait étonné l’histoire. Sa fortune, Messieurs, avait tout surmonté. Comme je viens de vous le rappeler, les plus illustres princes sollicitaient son amitié, les plus anciennes races royales cherchaient son alliance, les plus vieux gentilshommes briguaient son service. Europe émerveillée et vaincue qui, devenue presque française, participait elle-même du rayonnement de la France, que représentaient ces six esprits révoltés contre un génie, ces six renommées indignées contre la gloire, ces six poëtes irrités contre un héros ? Dieu ne plaise que je prétende jeter ici le blâme sur les esprits moins sévères qui entouraient alors le maître du monde de leurs acclamations ! Cet homme, après avoir été l’étoile d’une nation, en était devenu le soleil. On pouvait sans crime se laisser éblouir.