Les sources arabes de l’averroïsme dans l’Occident médiéval PDF

Dieu au moment de la conception et qu’elle est conservée éternellement par lui après la mort physique. Ces trois points centraux ont modifié en profondeur la théologie rationnelle, la cosmologie et l’anthropologie philosophiques. Approfondir la foi, en saisir la vérité et le sens profond, trouver une formulation claire et précise organisée en corps de doctrine. De là est les sources arabes de l’averroïsme dans l’Occident médiéval PDF la théologie.


L’averroÔsme est certainement l’une des consÈquences latines du rÙle mythique et de l’admiration plus que superstitieuse qu’entretient AverroËs l’Ègard d’Aristote. Et c’est peut-Ítre aussi cette admiration qui desservira plus tard L’averroÔsme et l’aristotÈlisme. En attendant, le XIIIe siËcle franÁais, quoique loin de constituer une vue globale sur l’averroÔsme, pourrait cependant nous montrer la naissance d’une idÈologie qui aura davantage de consÈquences la fin du XIIIe mais surtout au XIVe siËcle.

Défendre la nouvelle foi contre les attaques de ses adversaires, voir contre tout le monde païen incrédule. La tournure d’esprit de l’apologétique risquait d’entraîner la nouvelle religion à dénoncer et à diaboliser la civilisation païenne dans son ensemble et de maintenir à l’écart les fidèles, de les isoler du paganisme. Tertullien condamne tous les philosophes, oppose Athènes et Jérusalem, L’Académie et l’Église. Les philosophes sont les patriarches des hérétiques. Le refus de la philosophie entraîne chez lui des conséquences paradoxales. La mort du Fils de Dieu est très croyable, puisqu’insensée, la résurrection est certaine, puisqu’impossible, etc.

Pourtant, à la même époque, une tendance inverse voyait le jour. Justin de Naplouse soutenait l’idée que la venue des Sages, avant le Christ, participait déjà du Verbe de Dieu. Par conséquent, tous ceux qui avaient vécu selon le Logos parmi les barbares, étaient des chrétiens avant la lettre. Alexandrie joua un grand rôle dans l’élaboration de cette synthèse. Selon Clément d’Alexandrie,  la foi est greffée sur l’arbre de la philosophie, et quand le vaccin est parfait, alors le bourgeon de la foi se substitue à celui de l’arbre, il grandit dans l’arbre et fait que celui-ci porte des fruits . Pour réaliser ce projet, Clément décide de se servir de notions philosophiques pour interpréter les mythes bibliques.

C’est cette démarche qu’Origène approfondit pour interpréter le texte sacré dans son triple sens charnel, psychique, spirituel. Origène, en usant d’une grande liberté d’interprétation à l’intérieur de la Révélation et en n’hésitant pas à se servir de la philosophie pour convertir la foi en connaissance, est l’artisan majeur de l’introduction de la démarche philosophique au sein du christianisme : utiliser les ressources de la raison pour formuler ce qui n’est pas encore des dogmes tout en éliminant au maximum le subjectivisme et l’anthropomorphisme des philosophes païens. Lucien d’Antioche préfèrera la méthode grammatico-historique, plus scientifique et objective, mais qui vise surtout la lettre. Dans le monde latin, c’est la pensée de saint Augustin qui forme une étape décisive dans la constitution d’une véritable philosophie chrétienne. On a souvent dit que l’augustinisme est une synthèse du platonisme et du christianisme. Pères de l’Église opérée par Thomas d’Aquin qui va désormais guider la destinée philosophique du christianisme. Ces connaissances permettent de créer les écoles à l’époque carolingienne.

Dans cette période, une partie de l’œuvre de Platon est connue en occident et de nombreuses thèses néo-platoniciennes circulent dans les milieux intellectuels chrétiens. L’œuvre d’Aristote n’est pas encore parvenue en Occident. Les dialecticiens sont les partisans de la philosophie. Ils pensent qu’il est possible d’éclaircir et même de rationaliser les mystères du christianisme. Le plus grand d’entre eux, Abélard, utilise des arguments logiques et dialectiques pour donner une explication rationnelle du mystère de la Trinité. C’est peut-être la première expression radicale du rationalisme chrétien et médiéval.