Mémoires de la Marquise de La Rochejaquelein PDF

Il est le frère de Louis et d’Auguste du Vergier de La Rochejaquelein. On le vit en effet, dans le Poitou, déplorer les suites du premier soulèvement de Bressuire, où les paysans royalistes venaient d’être défaits par les révolutionnaires. Accompagné de son guide fidèle et armé de deux pistolets, la Rochejaquelein arrive sur mémoires de la Marquise de La Rochejaquelein PDF théâtre de la guerre et rejoint Bonchamps et d’Elbée.


La redoutable franchise de la marquise

Sa plume court, tant il lui faut savoir ce que la Guerre de Vende a fait d’elle. Même si ensuite elle ne peut même pas relire ces aventures aussi terribles qu’invraisemblables. Quoi de commun, en effet, entre la jeune femme de naguère élevée à la cour de Versailles, et celle qui, en 1793-1794, a tout perdu: son amour de jeunesse le général Lescure et son héros Henri de La Rochejaquelein, son père et ses trois filles, son or, ses diamants et son château? Ses préjugés aussi lorsque, traquée jour et nuit, le petit peuple l’a protégée au péril de sa vie.

Pourquoi ce récit n’a-t-il jamais été publié dans toute sa verdeur? La marquise elle-même le savait impubliable, qui avait confié à Prosper de Barante, le futur académicien, le soin d’en donner une version littéraire. Et même en 1889, son petit-fils Julien, dont l’édition a prévalu depuis, avait encore cru devoir atténuer sa redoutable franchise.

Après 40 éditions du best-seller de la Guerre de Vendée, le retour au manuscrit original et à ses variantes en restitue enfin l’incroyable fraîcheur. Surtout, ce témoignage dérangeant d’avant les mythes, exempt de toute haine, nous révèle les ressorts intimes de cette révolte populaire, qui sont spirituels. Ce livre, c’est le cri d’une âme qui naît à l’amour en même temps qu’au deuil, à l’égalité en même temps qu’à la Révélation, à l’universel en même temps qu’à l’enracinement.

En mars 1793, il participe au soulèvement de la Vendée et devient un des chefs de l’armée vendéenne. Si mon père était parmi nous, il vous inspirerait plus de confiance, car à peine me connaissez-vous. Les Vendéens répondent par des acclamations et marchent aux républicains, qu’ils trouvent retranchés dans le cimetière des Aubiers. Ils investissent le bourg et attaquent en tirailleurs la division du général Pierre Quétineau. La Rochejaquelein les persuade que l’ennemi, à demi vaincu, commence à prendre la fuite.

Aussitôt les Vendéens s’élancent sur les républicains, les dispersent et s’emparent de leur artillerie. Le château de Clisson devint à l’instant une place d’armes et se remplit de soldats. Chaque rassemblement faisait un corps à part. Le 2 avril, La Rochejaquelein prit part au combat de Beaupréau, à la suite duquel les républicains, refoulés au-delà de la Loire, restèrent pendant trois mois sans s’avancer dans le pays insurgé.

La prise de Saumur fut l’exploit le plus étonnant des Vendéens. Après l’échec de Nantes, il vola à la défense du pays insurgé, qui était attaqué de nouveau. Cet échec fut réparé le 4 septembre, jour où l’armée républicaine de Luçon, assaillie dans son camp retranché de Chantonnay, fut entièrement détruite. La Rochejaquelein avait tourné lui-même le camp pour l’investir et commencer l’attaque. Le torrent des fuyards entraîna la Rochejaquelein jusqu’à Beaupréau. Devenu l’âme de son parti, ce jeune guerrier se vit engagé sous ces funestes auspices dans le passage de la Loire, qu’il désapprouvait.

Le 18 octobre, 80 000 fugitifs avaient atteint Saint-Florent-le-Vieil pour passer sur la rive droite. La Rochejaquelein et Lescure s’opposaient opiniâtrement à ce passage ou plutôt à cette fuite. Les généraux, n’ayant plus ni Bonchamps ni d’Elbée, sentirent la nécessité de se donner un commandant en chef qui eût la confiance générale. Lescure, blessé à mort, désigna la Rochejaquelein comme le seul capable de ranimer le courage des combattants de la Vendée.

Tous les chefs le nommèrent, à l’unanimité, généralissime. Il est nommé général en chef de l’armée vendéenne catholique et royale. Lorsque le plan de campagne eut été arrêté dans les conseils, que l’on se fut décidé à se porter d’abord sur Laval et sur Rennes, l’armée leva ses tentes. L’armée entière se mit en mouvement, le 20 octobre, pour une expédition sur les côtes de Bretagne, où les Anglais faisaient espérer des secours. La Rochejaquelein passa le gros des tirailleurs et deux pièces de canon en avant et les bagages au milieu de l’armée. La Rochejaquelein, qui avait divisé son armée en trois corps, s’empara d’Ernée et de Fougères à la suite de deux attaques brillantes.

Il prit ensuite la route de Dol au lieu de marcher sur Rennes. La Rochejaquelein rappela les détachements et se remit en marche. En s’éloignant du rivage, les royalistes perdirent à jamais l’occasion d’acquérir, par la jonction des forces anglaises avec eux, la consistance politique et militaire, qui pouvait les sauver. L’expédition que commandait lord Moira, contrariée par les vents, mit trop tard à la voile. Mais leur retraite jusqu’à la Loire fut marquée par des combats où éclatèrent de nouveau toute leur valeur et l’énergie de leurs chefs. Pontorson fut d’abord enlevé après un grand carnage.