Madame Du Châtelet : La femme des Lumières PDF

Marie de Vichy-Chamrond madame Du Châtelet : La femme des Lumières PDF issue d’une famille de Bourgogne, noble, mais pauvre. Elle fut élevée dans un couvent bénédictin à Paris.


Mme Du Châtelet ne fut rien moins que la première femme authentiquement savante de l’époque moderne et la lointaine ancêtre des filles de notre temps, ambitieuses pour elles-mêmes et avides d’autonomie.  » J’ai perdu un ami de vingt-cinq années, un grand homme qui n’avait de défaut que d’être femme, et que tout Paris regrette et honore. On ne lui a pas peut-être rendu justice pendant sa vie « , écrit Voltaire en 1 749 à la mort de sa  » divine Emilie « . Et il est vrai que durant plus de deux siècles, la marquise Du Châtelet n’échappa à l’oubli que par la grâce de Voltaire dont elle fut la compagne pendant près de seize ans. Ce n’est que dans la seconde partie du XXe siècle, avec la publication de sa correspondance et l’intérêt renouvelé pour l’histoire des femmes, que l’on prit conscience tout à la fois de l’originalité et de la modernité de sa personnalité ainsi que de son statut d’intellectuelle hors pair. Ce qui lui valut les sarcasmes haineux de ses contemporain(e) s est justement ce qui nous la rend proche et admirable aujourd’hui. Tournant le dos aux normes de la féminité de son époque et de sa classe, Emilie Du Châtelet prétendit investir les territoires masculins de la science et de la philosophie. Même si, malgré sa passion toute virile pour la physique et la géométrie, elle restait femme par son goût immodéré de la parure et des plaisirs. Voltaire ne l’appelait-il pas tendrement  » Madame Pompon Newton  » ? D’un orgueil et d’une ambition intellectuelle rarement vus chez une femme de cette époque, elle avait aussi la modestie qui sied à l’authentique philosophe. A l’heure du bilan, elle saura se regarder avec la distance et la lucidité qui manquent parfois aux hommes. L’ouvrage, présentant des documents prestigieux comme les manuscrits autographes des institutions de physique et de sa traduction des Principia de Newton – que Mme Du Châtelet, pressentant sa mort, envoya à la Bibliothèque du roi afin qu’ils y soient conservés -, le portrait de Mme Du Châtelet par Marianne Loir, plusieurs portraits de famille venant du château de Breteuil et de très beaux objets de physique de l’abbé Nollet provenant du musée des Arts et Métiers et de la Société archéologique de Tours, est dirigé par Elisabeth Badinter et Danielle Muzerelle, commissaire de l’exposition. Il explore le cercle familial de la marquise et ses relations sociales et amicales, montre la femme de passion et de goût, également femme de science ; il est complété par une chronologie, un index et une bibliographie.

Elle épousa, à 22 ans, en 1718, le marquis du Deffand, homme d’un certain âge, qu’elle n’estime guère. Madame de Montespan, rue Saint-Dominique à Paris, dans l’ancien couvent des Filles de Saint-Joseph où, à partir de 1749, elle ouvrit son célèbre salon  tapissé de moire bouton d’or . Mme du Deffand est avec Voltaire, dans la prose, le classique le plus pur de cette époque, sans même en excepter aucun des grands écrivains , écrivit Sainte-Beuve. Quand, à l’agonie, elle entendit son secrétaire étouffer ses pleurs, elle lui adressa ces derniers mots :  Vous m’aimez donc ? On peut penser qu’il avait quelque amitié pour cette vieille femme qui avait été un des meilleurs écrivains de son temps, à la fois intelligente, pénétrante et sceptique.

Cher Voltaire, éditions des femmes, 1987. Richard, éditions Michel de Maule, Paris, 2007. Correspondance croisée avec la duchesse de Choiseul et l’abbé Barthélemy, augmentée de très nombreux inédits, recueillie, présentée et annotée par Pierre E. Encore trois lettres inédites de Mme du Deffand recueillies, présentées et annotées par P. Mme du Deffand et Julie de Lespinasse. Lettres et papiers de famille recueillis, présentés et annotés par Pierre E.