Michel Villey, le droit ou les droits ? PDF

En pratique : Quelles sources sont attendues ? Il enseigna à l’Université de Strasbourg, avant d’être nommé à la Faculté de Droit de l’Université de Paris en 1961 — future Université Paris-II. Son travail a été couronné par l’Université de Genève dont il a été fait docteur honoris causa. L’enjeu central de l’œuvre de Michel Villey est la redécouverte de la notion authentique de droit, que Villey appréhende à partir de la fonction du juge, michel Villey, le droit ou les droits ? PDF est de  dire le droit .


Les droits ont-ils tué le droit ? Analysant l’histoire de la pensée juridique moderne, Michel Villey (1914-1988) découvre les symptômes d’un mal qui remet en question la possibilité de trouver une solution juste aux conflits qu’engendre tout vivre-ensemble. L’idée d’une justice et d’un droit inscrits dans la nature des choses a fait place aux exigences illimitées qui se présentent comme droits subjectifs absolus. Il semble dès lors que seule la raison du plus fort, et non plus celle du plus juste, puisse encore mettre un terme aux conflits. S’il constate et condamne cette évolution, Michel Villey ne veut pas tuer les droits subjectifs pour les remplacer à nouveau par un droit transcendant. Conscient du caractère irréversible de la modernité juridique, Villey plaide plutôt pour une correction du droit des Modernes par des éléments du droit des Anciens. C’est cette tentative – prudente – de synthèse de deux conceptions opposées qui fait l’actualité de son œuvre.

Le droit s’occupe donc essentiellement d’effectuer des partages justes : il a pour objet d’attribuer des biens, des statuts, des fonctions, des charges, etc. Villey étaye cette thèse philosophique sur la nature du droit en se faisant historien. Une justice générale,  somme de toutes les vertus , qui caractérise le bon citoyen en général : courageux, honnête, véridique, etc. Une justice particulière, vertu à part entière, qui consiste à attribuer à chacun sa part.

C’est la justice particulière qui correspond au droit proprement dit. La justice générale, elle, se confond avec la morale, et elle est aussi, aux dires d’Aristote, ce qui est visé par une bonne législation. Pour Villey, la notion aristotélicienne du droit a été pleinement recueillie dans le droit romain. La grande thèse historique de Villey est que, à l’ère chrétienne, la théologie a presque totalement absorbé le droit, en ramenant celui-ci dans la morale.

Au  juste  aristotélicien, entendu comme partage, comme attribution, il oppose la  loi , au sens de la torah biblique, qui définit des règles de conduite. Par un paradoxe qui n’est qu’apparent, c’est l’héritage théologique de la pensée de la loi qui a exercé la plus profonde influence sur les penseurs modernes du droit, de Hobbes et Kant à Kelsen. Michel Villey est surtout connu comme un défenseur du droit naturel classique. Sa pensée sur ce point est souvent mal comprise.