Monnaies locales et économie populaire en Argentine PDF

Une monnaie se caractérise par la confiance qu’ont ses utilisateurs dans la persistance de sa valeur et de sa capacité à servir de moyen d’échange. Elle a donc des dimensions sociales, politiques, psychologiques, juridiques et économiques. En période de troubles, de perte de confiance, une monnaie de monnaies locales et économie populaire en Argentine PDF peut apparaître.


À l’heure où la crise grecque relance la réflexion sur les formes alternatives de la monnaie et de la financiarisation et remet en mémoire le précédent de l’Argentine, cette ethnographie du trueque vient à point nommé. Elle pose la question du pluralisme monétaire, de la diversité de ses institutions et de ses pratiques.

La monnaie a pris au cours de l’histoire les formes les plus diverses : bœuf, sel, nacre, ambre, métal, papier, coquillages, etc. Chaque monnaie est définie, sous le nom de devise, pour une zone monétaire. En raison de l’importance de la monnaie, les États cherchent très tôt à s’assurer le maximum de pouvoir monétaire. Ils définissent la devise officielle en usage sur leur territoire et font en sorte que cette devise soit symbole et marque de leur puissance. Article connexe : Origine de la monnaie. Article détaillé : Histoire de la monnaie.

La particule monnaie indique que les paléomonnaies remplissent les fonctions qui sont dévolues à une monnaie au sens élargi. Les paléomonnaies ont pour fonction de satisfaire des obligations sociales ou rituelles. Elles servent à régler des naissances, des mariages et des deuils, à déclarer la guerre ou à faire la paix et à compenser des meurtres, des injures, des offenses et des dommages physiques ou moraux. Elles sont amenées à changer de mains selon les circonstances. Certaines obligations rituelles nécessitent la détention de paléomonnaies.

Il est alors possible de les acheter ou de les emprunter. Les formes sont très diverses et variables : coquillages, dents de chien ou de marsouin, plumes collées, pierres polies, coquillages travaillés, etc. Dans tous les cas les paléomonnaies ont un caractère inutile, précieux et rare. Jean-Michel Servet estime que les paléomonnaies sont une genèse de la monnaie. Nombre de leurs caractéristiques les rapprochent d’une monnaie. Elles ont un caractère inutile, précieux et rare.

Leurs techniques de fabrication sont très sophistiquées. Elles sont fondées sur la confiance. Les paléomonnaies indispensables à l’exécution d’un rite ou à la réalisation d’obligations sociales sont prêtables. Elles peuvent alors être soumises à intérêt. Les trois fonctions des monnaies de nos jours, unité de compte, instrument de paiement et instrument de réserve, se retrouvent dans les paléomonnaies soit seules, soit réunies. Elles codifient et rythment des activités et des biens à la manière d’unités de compte.

Vu leurs rituels de conservation et le jeu des dettes et des créances elles préfigurent un instrument de réserve. Jean-Michel Servet relève dans les rites et mythes de nombreuses sociétés une correspondance entre excréments et paléomonnaies. Voir dans les paléomonnaies une genèse de la monnaie relève d’une théorie évolutionniste de la monnaie. La plus ancienne monnaie connue — au sens actuel du terme — fut créée par le roi de Lydie, Gygès, qui en, 687 av.

Le développement de la monnaie métallique est parallèle au développement de vastes territoires politiquement unifiés et centralisateurs tels l’Empire romain et la Chine Qin. Après la chute de l’Empire romain, l’usage de la monnaie connaît une régression dans l’Europe du Haut Moyen Âge avec les restrictions au commerce et la mise en place presque partout de systèmes féodaux laissant peu de place aux libertés économiques. Avec le développement du commerce international, la banque, au sens moderne, fait son apparition en Europe. Venise, républicaine et indépendante, devient la plateforme monétaire du monde. Son succès repose principalement sur l’arbitrage entre les cours respectifs de l’or et de l’argent entre Orient et Occident.