Mouvements islamistes et politique PDF

C’est ainsi un terme d’usage controversé. Le mot  islamisme  dérive du mot  islam  et du suffixe  -isme  et qualifie donc  la doctrine de mouvements islamistes et politique PDF’islam . Le sens politique est plus récent. Par contre, Ali Merad y utilise l’adjectif  islamiste  dans le sens qui est utilisé couramment de nos jours.


Cet ouvrage collectif apporte des pistes de réflexion sur l’irruption et l’expansion des mouvements se réclamant de l’islam et déployant des stratégies diverses dans des cadres nationaux et historiques particuliers. Comment comprendre l’évolution des relations islam et politique? Qu’englobe le terme islamisme? Comment caractériser les mouvements dits islamistes? Sommes-nous face à des mouvements extrémistes et anti-démocratiques? Les auteurs privilégient tous la perspective historique et l’ancrage national pour la compréhension des phénomènes islamistes et mettent l’accent sur l’aspect réactif des mouvements en insistant sur la revendication ou non d’un État islamique comme clé de lecture pertinente. A travers des études de cas – Asie centrale, Iran, Pakistan, Liban, Turquie, Tchétchénie – est mise en évidence la nécessité de comprendre que les courants dits islamistes se distinguent par leurs particularités idéologiques, leur projet, leurs modes d’action, leur recours à la violence ou leur ancrage dans la démocratie, leur organisation et surtout par les circonstances ayant donné lieu à leur naissance.

Ces courants sont nés à la suite des questionnements que posent la confrontation à la modernité occidentale et sa domination. On peut lire à ce sujet Le choc colonial et l’islam, écrit sous la direction de Pierre-Jean Luizard. Cette confrérie est le premier mouvement à entrer sur la scène politique pour réclamer l’application de la charia, la loi islamique, dans un premier temps en opposition à l’occupation britannique en Égypte. Au début des années 1960, Sayyid Qutb, théoricien des Frères musulmans, introduit les notions de rupture par rapport à la société impie et de reconquête.

La guerre indo-pakistanaise de 1971 conduit les militaires pakistanais, soutenus par l’Arabie saoudite, à encourager la propagande islamiste sunnite. La guerre civile libanaise, plus politique que religieuse à l’origine, va aussi devenir un foyer d’activité islamiste. La décennie noire en Algérie oppose, à partir de 1991, le gouvernement algérien et divers groupes islamistes intégristes qui attaquent au début l’armée et la police, puis les civils. Les décennies suivantes sont marquées par des actes terroristes spectaculaires. La diversité d’interprétation des textes est une cause de l’existence de plusieurs courants islamistes aux discours divergents.

Le traditionalisme dépasse largement l’islamisme, c’est un discours lié à la tradition, pas forcément à la tradition musulmane. Il renvoie à tout ce qui est conservateur, nostalgique du passé. Ce dernier concept puise souvent dans la religion, où se trouvent des éléments sur la moralité des mœurs. Le traditionalisme musulman est ainsi plutôt un islamisme. Le  fondamentalisme  participe largement à la démarche islamiste en cherchant à effectuer un retour aux fondements de la religion, et à la période des quatre premiers califes. Le terme  fondamentalisme  était utilisé dans le monde anglophone avant de l’être par emprunt dans le monde francophone. Bernard Lewis rejette le terme fondamentalisme qu’il juge imprécis et fallacieux.

Critiquant également l’usage fourre-tout du mot  islamiste  dans les grands médias, Pierre Tevanian écrit que  le terme n’a pas de sens précis : dans ses usages dominants en tout cas, il ne signifie rien d’autre que  mauvais musulman . La journaliste Rokhaya Diallo s’indigne de l’utilisation qui est faite du terme en France :  ce qui me dérange, c’est que pour toutes les autres religions on dit juste extrémiste. Là le mot est construit à partir du mot islam, ça laisse penser que les deux sont intrinsèquement liés. La langue française est suffisamment riche pour que l’on puisse trouver un autre terme . François Burgat, L’Islamisme au Maghreb, éd. L’Islamisme à l’heure d’Al Qaida, éd. Michael Bonner, Le Jihad, Origines, Combats, interprétations, éd.