Ors et saisons : Une anthologie de la poésie arabe classique PDF

Abû Nuwâs est né d’un père arabe, Hani, soldat dans l’armée de Marwan II, et d’une mère persane nommée Golban, une tisserande. Son père Hâni’ était un client de la tribu sud-arabique d’al-Jarrâh Ibn Abdallah al-Hakamî, d’où la nisba d’Abû Nuwâs  al-Hakamî . Trois hypothèses sont avancées par ors et saisons : Une anthologie de la poésie arabe classique PDF tradition pour expliquer l’origine de son surnom d’ Abû Nuwâs . Abû Nuwâs est encore un jeune garçon quand sa mère le vend à un épicier de Basra, Al-Sa’ad Yashira.


La poésie arabe qui règne du VIe au XIIe siècle est bien plus qu’un genre littéraire : c’est le fleuron du génie arabe, c’est « la mine de la science des Arabes, le livre de leur sagesse, les archives de leur histoire, le trésor de leurs grandes journées », selon les termes du savant Ibn Qutayba au IXe siècle. Mais ce trésor reste mal connu. Quel amateur français pourrait citer les Al-Mutanabbî, Ibn ar-Rûmî, Abû Tammâm, ces géants de la poésie arabe, dont presque aucun vers n’a été traduit dans notre langue ? Cette anthologie rend compte des différents genres et des principales phases de la poésie arabe classique. Les sujets et les registres y varient de page en page. De l’Arabie préislamique aux cours omeyades de Damas, des califats abbassides de Bagdad jusqu’aux royaumes andalous, ce recueil convie le lecteur à une promenade à travers cinq siècles et vingt-quatre poètes. Les traducteurs ont recouru à la versification classique française afin de restituer le mouvement poétique original, son souffle ample et réglé, ses ramifications musicales.

La tradition rapporte qu’Abû Nuwâs se sépara de Wâliba avec son autorisation pour poursuivre son étude de la poésie dans le désert, auprès des Bédouins. Puis il paracheva son apprentissage auprès du poète et grand transmetteur Khalaf al-Ahmar. La tradition rapporte que Khalaf lui aurait imposé de ne composer aucun vers avant d’avoir appris par cœur des milliers de vers de la poésie ancienne. Abû Nuwâs se rend ensuite à Bagdad, la jeune capitale du califat abbasside, peut-être en compagnie de Walibah ibn al-Hubab.

Mais ses contacts avec des mécènes tels les vizirs barmécides, ainsi que son aura scandaleuse, lui valurent les foudres du calife Haroun ar-Rachid. Il rentre à Bagdad en 809 après la mort d’Haroun ar-Rachid. La succession au califat par Muhammad al-Amin, fils de Haroun ar-Rachid, libertin et ancien élève d’Abû Nuwâs, est un immense soulagement pour le poète. Dieu de lui pardonner son penchant pour la boisson.

Amin sera finalement assassiné par son frère, Al-Mamoun. Celui-ci n’a aucune indulgence pour Abû Nuwâs. Les informations relatives à sa mort sont incertaines et contradictoires. Selon une autre version, il mourut en prison, à cause d’un vers sacrilège touchant à un membre de la famille du prophète. Basra et Kufa, qui en firent le corpus normatif à la fois de la langue et de l’excellence littéraire. Abû Nuwâs détournera souvent avec humour les motifs convenus de la qasida.