« Passer en Douce a la Douane » PDF

« Passer en Douce a la Douane » PDF joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours.


Les quatre auteurs réunis ici, Deville, Echenoz, Redonnet et Toussaint, ont beaucoup attiré l’attention de la critique littéraire depuis la fin des années 80. Or, l’objectif de cette étude est, tout en respectant leur singularité, d’analyser leurs romans à partir de traits communs. Publiés aux Éditions de Minuit, ils représentent une pratique de l’écriture caractéristique de la littérature française actuelle, que l’on qualifie ici d’`écriture minimaliste’. Outre ce minimalisme, les recherches romanesque de ces auteurs se rejoignent sur un certain nombre de points. Ainsi, le jeu citationnel qu’ils pratiquent ne manque pas de mettre en cause la représentation de la réalité. De plus, l’organisation de leurs récits témoigne d’une réflexion sur les notions d’ordre et de chaos, de hasard et de nécessité. Enfin, l’étude de leur vision du monde montre que la réalité y fait tout de même sa rentrée ‘en douce’. Le jeu d’ensemble que propose ce livre s’attache à repérer, à la lumière du Nouveau Roman et du postmodernisme, un nouveau territoire dans le paysage littéraire français et souligne en même temps quelques affinités entre la littérature et la pensée actuelles.

Le grand risque du monde d’aujourd’hui, avec son offre de consommation multiple et écrasante, est une tristesse individualiste qui vient du cœur bien installé et avare, de la recherche malade de plaisirs superficiels, de la conscience isolée. J’invite chaque chrétien, en quelque lieu et situation où il se trouve, à renouveler aujourd’hui même sa rencontre personnelle avec Jésus Christ ou, au moins, à prendre la décision de se laisser rencontrer par lui, de le chercher chaque jour sans cesse. Il n’y a pas de motif pour lequel quelqu’un puisse penser que cette invitation n’est pas pour lui, parce que « personne n’est exclus de la joie que nous apporte le Seigneur ». Les livres de l’Ancien Testament avaient annoncé la joie du salut, qui serait devenue surabondante dans les temps messianiques. Voyant le jour du Seigneur, Zacharie invite à acclamer le Roi qui arrive, « humble, monté sur un âne » : « Exulte avec force, fille de Sion !

Crie de joie, fille de Jérusalem ! Cependant, l’invitation la plus contagieuse est peut-être celle du prophète Sophonie, qui nous montre Dieu lui-même comme un centre lumineux de fête et de joie qui veut communiquer à son peuple ce cri salvifique. Que de tendresse paternelle s’entrevoit derrière ces paroles ! L’Évangile, où resplendit glorieuse la Croix du Christ, invite avec insistance à la joie. Il y a des chrétiens qui semblent avoir un air de Carême sans Pâques. Cependant, je reconnais que la joie ne se vit pas de la même façon à toutes les étapes et dans toutes les circonstances de la vie, parfois très dure.

Elle s’adapte et se transforme, et elle demeure toujours au moins comme un rayon de lumière qui naît de la certitude personnelle d’être infiniment aimé, au-delà de tout. La tentation apparaît fréquemment sous forme d’excuses et de récriminations, comme s’il devrait y avoir d’innombrables conditions pour que la joie soit possible. Ceci arrive parce que « la société technique a pu multiplier les occasions de plaisir, mais elle a bien du mal à secréter la joie ». Dieu, qui se convertit en heureuse amitié, que nous sommes délivrés de notre conscience isolée et de l’auto-référence. Nous parvenons à être pleinement humains quand nous sommes plus qu’humains, quand nous permettons à Dieu de nous conduire au-delà de nous-mêmes pour que nous parvenions à notre être le plus vrai. Là se trouve la source de l’action évangélisatrice. Le bien tend toujours à se communiquer.

Chaque expérience authentique de vérité et de beauté cherche par elle-même son expansion, et chaque personne qui vit une profonde libération acquiert une plus grande sensibilité devant les besoins des autres. Lorsqu’on le communique, le bien s’enracine et se développe. C’est pourquoi, celui qui désire vivre avec dignité et plénitude n’a pas d’autre voie que de reconnaître l’autre et chercher son bien. Il nous est proposé de vivre à un niveau supérieur, et pas pour autant avec une intensité moindre : « La vie augmente quand elle est donnée et elle s’affaiblit dans l’isolement et l’aisance. De fait, ceux qui tirent le plus de profit de la vie sont ceux qui mettent la sécurité de côté et se passionnent pour la mission de communiquer la vie aux autres ». Une annonce renouvelée donne aux croyants, même à ceux qui sont tièdes ou qui ne pratiquent pas, une nouvelle joie dans la foi et une fécondité évangélisatrice.