Photopoche : Marc Riboud, numéro 37 PDF

En 2003, un an avant sa mort, une fondation portant son nom est créée à Paris pour assurer la conservation et la présentation de son œuvre ainsi que pour soutenir et exposer les photographes dont il se photopoche : Marc Riboud, numéro 37 PDF proche. 2014 a renouvelé la vision qu’on avait de lui, en montrant de façon explicite son activité militante pour le parti communiste dans la période 1936-1946. Aîné de cinq enfants, Henri Cartier-Bresson est né dans une famille bourgeoise. Son père était un filateur très prospère.


Le mode de vie de la famille est très conforme aux usages du milieu, les cinq enfants vouvoient leurs parents. Paris, le jeune Henri fréquente d’abord l’école Fénelon, puis le lycée Condorcet. Dès l’enfance, il s’intéresse au dessin et à la photographie. Scouts de France dans le groupe de la paroisse Saint-Honoré-d’Eylau.

Quand il sort de Condorcet, à dix-huit ans, il s’oppose à son père qui aurait souhaité le voir reprendre l’affaire familiale. Il veut faire de la peinture, être artiste, et son obstination va avoir raison des réticences paternelles. Tout d’abord, Cartier-Bresson apprend la peinture avec André Lhote en 1927-1928. Pendant son service militaire, il rencontre, chez les Crosby, Max Ernst, André Breton et les surréalistes, et il découvre la photo avec le couple Gretchen et Peter Powell. Les photographies de Cartier-Bresson sont toujours situées avec précision géographiquement et dans le temps, ainsi que dans chaque contexte culturel.

Il repère d’abord un arrière-plan dont la valeur graphique lui semble intéressante. C’est souvent un mur parallèle au plan de l’image, et qui vient comme cadrer celle-ci en profondeur. Puis, comme quelques séquences de négatifs conservés permettent de le vérifier, le photographe attend qu’un ou plusieurs éléments doués de vie viennent trouver leur place dans cet agencement de formes qu’il définit lui-même dans une terminologie très surréalisante comme une  coalition simultanée . Cartier-Bresson s’oriente entièrement dans l’engagement communiste et la lutte antifasciste.

Il lit le Ludwig Feuerbach d’Engels, qui formule le concept de  matérialisme dialectique , et encourage ses proches à le lire. Il suit les cours de matérialisme dialectique de Johann Lorenz Schmidt et assiste aux réunions de cellule à proximité du domicile d’Aragon. Avec elle, il milite pour l’indépendance de l’Indonésie. Il descend d’une famille de riches industriels et, afin de ne plus être assimilé à sa famille, il prend le nom d’Henri Cartier, sous lequel il sera connu dans toute son activité militante, la signature de tracts en 1934, les citations de son nom dans la presse communiste, et dans toute sa production de photos et de films jusqu’à la fin de la guerre. En mai 1937, ce quotidien l’envoie à Londres pour réaliser un reportage sur le couronnement de George VI.

Henri Cartier prend une série de clichés des gens regardant le cortège, sans montrer celui-ci. Henri Cartier se tourne vers le cinéma. Il est mobilisé, fait prisonnier, s’évade, rejoint un groupe de résistants à Lyon. Il photographie les combats lors de la Libération de Paris, le village martyr d’Oradour-sur-Glane. En août 1939, à la suite du Pacte germano-soviétique, la presse communiste est interdite et le Parti communiste français est dissous. En février 1947, Cartier-Bresson inaugure sa grande rétrospective au MoMA, qui entérine l’occultation de son militantisme communiste. Avec ses amis communistes Robert Capa et Chim, il fonde Magnum en 1947 : une coopérative en autogestion, aux parts exclusivement détenues par les photographes, propriétaires de leurs négatifs, où toutes les décisions sont prises en commun et où les profits sont équitablement redistribués.

En août 1947, il est nommé expert pour la photographie auprès de l’Organisation des Nations unies. Cartier-Bresson obtient, au moment du dégel qui suit la mort de Staline, un visa pour se rendre en Union soviétique et arrive à Moscou en juillet 1954. Robert Capa est tué en Indochine en 1954 lors d’un reportage pour Life. Chim est tué en 1956 lors d’un reportage sur la crise du canal de Suez.