Picasso devant la télé PDF

Valérie Dubois n’picasso devant la télé PDF jamais eu de problèmes psychologiques. Et pourtant, en 2010, elle a été internée abusivement pendant 28 jours.


Les liens inattendus entre les médias – en particulier la télévision, dès son apparition – et l’œuvre de Picasso.

Son mari, avec la complaisance d’un médecin de famille, a obtenu de faux certificats pour que sa femme fasse un séjour forcé en hôpital psychiatrique. Aujourd’hui, malgré un mari et un médecin condamnés, elle a perdu la garde de ses enfants. Mon mari a commencé à me frapper en décembre 2009. J’étais allée faire constater mes blessures auprès du médecin de famille.

Pendant quelques mois, je n’ai rien dit, mais quand il s’en est pris à mes deux enfants mon sang n’a fait qu’un tour. Nous étions le 1er mai 2010. Je n’ai pas averti mon mari de cette démarche, mais je suis certaine qu’il a deviné. Pendant un mois, nous avons donc continué à vivre sous le même toit. Tout a basculé le 11 juin 2010 quand j’ai vu débarquer devant ma porte des infirmiers et des policiers.

C’est elle que vous devez emmener. Quelques jours plus tôt, une de mes amies avait tenté de me prévenir. Elle s’était rendue dans le cabinet du même médecin qui avait constaté mes blessures. Et là, en plein milieu de la salle d’attente, sur une pile de documents, elle avait été interpellée par plusieurs feuilles.

En sortant du cabinet, elle m’avait immédiatement téléphoné, mais j’avais du mal à croire ce qu’elle me racontait. Le 11 juin, j’ai compris qu’elle avait raison : mon mari cherchait à me faire interner dans un hôpital psychiatrique. Je me souviens qu’une heure avant que le convoi arrive, il m’avait passé un coup de fil pour me demander si j’étais bien à la maison. En ouvrant la porte, je n’ai pas tout de suite compris ce qu’il se passait. J’ai commencé par me dire que mon mari avait appelé la police pour se plaindre de moi, pour dire que je le battais. Alors que je dirigeais vers ma voiture pour récupérer les dits papiers, l’un des policiers s’est glissé derrière moi, m’a fait une prise pour que je me mette à genou, et m’a menotté.

J’ai été balancée dans une sorte d’ambulance. J’étais totalement sonnée, incapable de réagir, de comprendre. Je n’ai pas pu lui répondre. Ce n’est qu’en arrivant à l’hôpital psychiatrique que j’ai vraiment réalisé la situation dans laquelle je me trouvais. On m’a mis dans une salle d’isolement. J’ai dû troquer mes vêtements pour une tenue blanche avec des boutons dans le dos.

Pendant deux heures, j’ai attendu que quelqu’un daigne venir me voir, comprenne que je n’avais rien à faire ici. Au bout de deux heures d’attente, le médecin de garde est entré dans la pièce. Il a pris deux ou trois notes, puis il est parti. Des infirmiers ont fini par me monter ma chambre. Je ne saurais pas vraiment l’expliquer, mais je me suis retrouvée dans un état d’inertie, comme paralysée. J’ai retiré mes bijoux, toutes mes affaires personnelles ont été confisquées.