Prose & poésie : Oeuvre complète PDF

Manuscrit du poème Les Assis d’Arthur Rimbaud recopié par Paul Verlaine. La poésie s’est constamment renouvelée au cours des siècles avec des orientations différentes selon prose & poésie : Oeuvre complète PDF époques, les civilisations et les individus. On notera toutefois que maintes traditions orales, par exemple celle des griots africains, relèvent de la poésie. Dans l’Antiquité grecque toute expression littéraire est qualifiée de poétique, qu’il s’agisse de l’art oratoire, du chant ou du théâtre : tout  fabricant de texte  est un poète comme l’exprime l’étymologie.


Le mot poésie évoluera encore vers un sens plus restrictif en s’appliquant aux textes en vers qui font un emploi privilégié des ressources rhétoriques, sans préjuger des contenus : la poésie sera descriptive, narrative et philosophique avant de faire une place grandissante à l’expression des sentiments. Opéra Garnier, sculpture en bronze et en feuille d’or d’Aimé Millet. La poésie fut marquée par l’oralité et la musicalité dès ses origines puisque la recherche de rythmes particuliers, comme l’utilisation des vers, et d’effets sonores, comme les rimes, avait une fonction mnémotechnique pour la transmission orale primitive. Charme, au sens fort de chant magique. La poésie ne se définit donc pas par des thèmes particuliers mais par le soin majeur apporté au signifiant pour qu’il démultiplie le signifié : l’enrichissement du matériau linguistique prend en effet en compte autant le travail sur les aspects formels que le poids des mots, allant bien au-delà du sens courant du terme  poésie  qui renvoie simplement à la beauté harmonieuse associée à une certaine sentimentalité.

Traditionnellement, la poésie revêt la forme d’un texte versifié obéissant à des règles particulières en termes de métrique, de scansion, de rimes, s’inscrivant ou non dans une forme fixe. Cependant, la poésie moderne s’est affranchie du vers traditionnel, qu’il s’agisse de l’assouplir ou de s’en passer totalement. Si la poésie présente souvent une forte densité stylistique, donc un travail particulier sur la langue, tant s’en faut qu’il revête toujours la même forme. On notera ainsi que les règles traditionnelles de versification peuvent varier d’une langue à l’autre, et qu’il est également possible de s’en affranchir. Portrait de Mallarmé par Édouard Manet. Le poète exploite toutes les ressources de la langue en valorisant aussi les mots par leur rareté et leur nombre limité : on parle parfois de  poésie-télégramme  où chaque mot  coûte  comme dans le sonnet et ses 14 vers ou dans la brièveté extrême du haïku japonais de trois vers, voire du monostiche d’un seul vers.

Mais ce découpage n’est qu’un éclairage : la poésie, plus que tout autre genre littéraire, pâtit de ces approches des  doctes  alors qu’elle est d’abord la rencontre entre celui qui, par ses mots, dit lui-même et son monde, et celui qui reçoit et partage ce dévoilement. Portrait de José-Maria de Heredia par Émile Lévy. Plusieurs courants poétiques, au demeurant fort différents entre eux, et relevant de contextes historiques distincts, insistent sur le travail esthétique et la perfection formelle. Des formes contraintes comme le haïku, bref poème japonais, relèvent de cette préoccupation formelle tout en lui associant une expression lyrique. Portrait d’Alphonse de Lamartine par Henri Decaisne. Si le mot  poétique  a dans son acception quotidienne le sens d’harmonieux et de sentimental, c’est à l’importance de la poésie lyrique qu’il le doit.

Orphée et Apollon et qui, dans l’Antiquité, accompagnait les chants qu’on ne distinguait pas alors de la poésie mais ne doit pas se limiter à la petite musique personnelle du poète chantant un des thèmes traditionnels et a priori poétiques comme l’amour, la mort, la solitude, l’angoisse existentielle, la nature ou la rêverie. Ils parlent en effet, non en vertu d’un art, mais d’une puissance divine . Des poignants aiguillons de sa Divinité. Dans les années 1950-1970, revenant sur cette systématisation de l’image, les poètes s’orienteront davantage vers une poésie-célébration, un chant du monde orphique ou vers une poésie lyrique, chant de l’âme qui fait entendre la voix personnelle des poètes comme celle de Jules Supervielle, René Char ou Yves Bonnefoy. Romantiques et particulièrement Victor Hugo feront entrer le poète dans la Cité en lui attribuant un rôle de guide pour le peuple.

Résistance en publiant clandestinement des œuvres importantes. Cet élan, synthétisé sous le nom d’avant-garde, est né avec les Futuristes italiens et russes et le mouvement Dada. Si ce bandeau n’est plus pertinent, retirez-le. On a cherché la poésie à la limite dans une  expression poétique  indépendante du travail des poètes. Jacques Roubaud nomme le  vers international libre . Il est de ce fait plus facile de le traduire à l’heure de la mondialisation. La différence entre la poésie et la prose est ténue.

La poésie se fait par  petites proses courtes  mais non narratives. On peut en trouver de nombreux exemples dans les innombrables revues de poésie qui continuent à fleurir, malgré une ambiance peu favorable à leur expression. La poésie, depuis plus de cinquante ans, n’est que très peu présente dans les journaux et la presse nationale. La diffusion en librairie est de plus en plus restreinte.