Psychanalyse 30 – du Maudit au Transcendant PDF

Représentation du diable selon Dante Alighieri. Dans le manichéisme, le  mal  est à égalité avec le principe du  bien , l’un et l’autre correspondant à dieu. L’existence d’une entité représentant la personnification du mal sous psychanalyse 30 – du Maudit au Transcendant PDF ses aspects et combinant les fonctions de maître de l’inframonde, destructeur du cosmos et responsable des pires aspects de l’humanité semble être apparue avec le monothéisme. L’élaboration de cette figure originale emprunte peut-être aux religions polythéistes pratiquées au Moyen-Orient.


ISABELLE MORIN, Sexe maudit, réel transcendant

Pierre Bruno, La mort pas toute

FABIENNE GuiLLEN, La subversion éthique du féminin (La lettre écarlate)

MICHAEL MEYER ZUM WISCHEN, Ce qui est en jeu : contribution à la question de la passe

SABINE CALLEGARI, Cygne blanc, cygne noir Le sublime et la destruction dans la danse

KOSUKE TSUIKI, Amour en anamorphose
L’amour courtois et l’amour fou, II

GILBERT SINOUÉ, Vautre Gandhi

HOWARD BARKER, Poème

RAMON MENENDEZ, Passé composé

Il semble que la notion de division de puissance en une force du bien et une du mal soit relativement récente dans l’histoire des croyances. Dans les cultes plus primitifs, le bien et le mal sont tous deux issus de la même déité, puisque celle-ci était considérée comme contenant tout ce qui existe. La même déité était donc à la fois capable de bien et de mal. Dans les religions primitives, chaque clan ou tribu possédait son dieu avec tous ces attributs, cause du bien et du mal qui arrive aux hommes. Le polythéisme est considéré, dans cette argumentation, comme un rapprochement des divers clans, chacun possédant sa propre divinité.

L’union du dieu mâle et d’un dieu femelle reflète l’union réussie et égalitaire de deux clans. Enfin, et c’est là que l’origine du principe du mal personnifié pourrait résider, lorsqu’un clan est belliqueusement conquis, la déité du clan se voit attribuer tous les principes mauvais et était considérée par les conquérants comme la source de tout le mal et, par conséquent, devenait source de peur et de crainte. La plupart des religions précédant le christianisme intègrent un ou plusieurs dieux incarnant le mal, qui par certains aspects rappellent le Diable des religions monothéistes. Contrairement à la vision chrétienne cependant, ces divinités ont généralement un double visage et parallèlement à leur dimension malveillante, sont l’objet d’un culte pour leurs aspects positifs. La religion mésopotamienne est l’une des premières à représenter l’univers comme le champ de bataille de l’affrontement cosmique entre le bien et le mal. Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète.

Les Égyptiens n’avaient pas à proprement parler de Diable dans leur panthéon. Le mal pourrait être associé à Seth qui découpa son frère Osiris. Maât pèse le cœur des morts à l’aide de la plume de la vérité. Haut-relief de Pan, connu comme  satyre della Valle , près du théâtre de Pompée. Si la distinction entre le bien et le mal est parfois diffuse, de nombreuses déités présentant deux facettes, l’une bienveillante et l’autre malveillante, Hésiode affirme néanmoins que les mauvaises actions sont punies par les dieux qui confient aux Érinyes la tâche de tourmenter ceux qui vont contre les lois du cosmos. Si la Grèce antique est le berceau de la philosophie, les philosophes grecs ont cependant eu une faible influence sur la vision anthropomorphique que leurs contemporains, dans toutes les strates de la société, avaient des dieux et expliquaient encore par des travers très humains les vicissitudes de leur existence. Un ange déchu du Paradis, par Gustave Doré.

Le Psaume 82, préfigurant la descente aux enfers de Satan, indique :  Dieu s’est dressé dans l’assemblée divine, au milieu des dieux, il juge : Je le déclare, vous êtes des dieux, vous êtes tous des fils du Très-Haut, pourtant vous mourrez comme les hommes, vous tomberez tout comme les princes. Le Livre d’Isaïe contient un passage qui a été interprété comme une mention de la chute de l’ange rebelle :  Te voilà tombé du ciel, Astre brillant, fils de l’aurore ! Tu es abattu à terre, Toi, le vainqueur des nations ! La raison de la chute semble résider dans un orgueil et une volonté de s’égaler à Dieu et cette opinion a prévalu dans la tradition chrétienne. Par la suite, cette autonomie sera reprise et développée mais hors du canon biblique, dans la littérature apocryphe et les croyances populaires. Cette version présente dans le texte éthiopien, cohabite avec celle d’un autre texte plus récent appelé le livre d’Hénoch slave, qui présente l’ambition de défier Dieu en se plaçant sur un pied d’égalité comme l’origine de la chute de Lucifer. Cette littérature établit donc un lien entre le démon et la sexualité, ainsi qu’avec les femmes qui sera largement repris et amplifié au Moyen Âge, bien que ces passages ne soient pas inclus dans le canon de l’Ancien Testament juif ou chrétien.

Juifs s’interrogent sur leur statut de peuple élu. L’incompréhension des Juifs qui peinent à accepter leurs propres péchés comme seule justification des fléaux qui s’abattent sur eux amène à des développements théologiques dont on retrouve la trace principalement dans le Livre de Job. Cependant, malgré toutes les épreuves, Job ne renie pas son dieu :  Sorti nu du ventre de ma mère, nu j’y retournerai. L’essentiel du texte du Livre de Job est constitué par le dialogue avec ses quatre amis au cours duquel Job exprime la détresse de l’humanité face à une adversité qu’elle ne parvient pas à s’expliquer.

Ce texte est fondamental dans la compréhension du personnage de Satan dans la tradition judéo-chrétienne. Il y est nominativement mis en scène et s’il n’a pas le statut d’égal de Dieu, il a son autonomie. Ce passage indique que c’est Satan qui a incité David à recenser le peuple. Yahweh qui est à l’origine de ce recensement. Différentes explications ont été proposées pour expliquer ce transfert de responsabilité de Yahweh à Satan.

Lorsque l’auteur des Chroniques retravaille le livre de Samuel, il a pu vouloir exonérer Yahweh d’un acte manifestement condamnable. Article détaillé : Démons dans le christianisme. Les évangiles synoptiques font une place prédominante à l’affrontement entre Jésus et le démon. Des premières confrontations dans le désert jusqu’à la bataille finale sur le mont Calvaire, ils se présentent comme le récit d’une bataille entre le bien et le mal.

Les propos de Jésus faisant régulièrement état du libre arbitre de l’homme qui doit prouver sa vertu en choisissant de renoncer au péché auquel le diable incite pour gagner sa place au paradis. Ce passage est généralement interprété comme faisant allusion au Diable, il existe toutefois d’autres interprétations. Dieu : les Égyptiens contre Israël, l’Empire romain contre les premiers Chrétiens. Cette vision se généralise progressivement pour s’étendre à toutes les divisions qui apparaissent au sein même de l’Église : le diable, le diviseur, est considéré comme à l’origine des disputes et des hérésies. Cependant, le Christianisme considère que si le diable est souvent à l’œuvre, il ne l’est que par le biais des hommes qui demeurent responsables de leurs actes : le premier concile de Braga dans son canon 8, déclare qu’il ne peut être à l’origine des catastrophes naturelles. Satan, est le roi des  démons  qui sont les anciens anges qui, avec lui, se sont révoltés et ont chuté, devenant les ennemis de l’humanité et de Dieu. Quand l’extension de Islam prend de l’ampleur et s’étend jusqu’en Europe, la menace est vue comme inspirée du démon.