Reliures de création : 1998-2008 PDF

C’est de l’étranger qu’est venue la lumière. Sans une conférence des professeurs américains Michael Buckland et Ron Day, organisée en 1998 au CNAM, je reliures de création : 1998-2008 PDF’aurais pas connu Suzanne Briet et son manifeste.


Voici vingt ans déjà que Florent Rousseau a ouvert son atelier de reliure rue Ballu à Paris. En 1998, la Bibliothèque historique de la ville de Paris présente les créations de ses dix premières années d’activité. L’exposition L’Envers du décore, Chapitre I voit ainsi le jour. Florent Rousseau projette, alors, de renouveler l’expérience. En 2008, c’est au tour de la Bibliotheca Wittockiana, à Bruxelles, d’accueillir ses œuvres réalisées entre 1998 et 2008, son  » Chapitre II « . Ce catalogue illustre parfaitement l’immense variété des décors de ses reliures. Au fil des pages, des reliures aux couleurs éclatantes côtoient celles aux teintes d’une grande sobriété où quelques empreintes sont les seuls éléments du décor. Sa manière très particulière d’utiliser et de marier les couleurs, l’harmonie qui se dégage de chaque reliure qu’il crée, révèlent la véritable personnalité de cet artiste. Outre les 125 reliures présentées, les nombreux détails des décors, les photos de certaines illustrations contenues dans les ouvrages, les notices qui résument les procédés de création de chaque reliure augmentent l’intérêt de ce catalogue quoi accompagne l’exposition.

J’étais pourtant étudiant à l’INTD, qu’elle a contribué à fonder. Elle y était oubliée, alors que ses vues théoriques manquaient à l’enseignement. Par certains aspects formels, ce texte est daté. Il n’a pas été republié depuis 1951. Pourtant cette republication « web » ne procède pas d’un souci historien. Pour l’avoir lu à de nombreuses reprises, pour l’avoir traduit vers l’anglais avec Ron Day, je suis convaincu qu’il est toujours d’actualité pour les professionnels de l’information-documentation. Cela tient à quelques qualités simples : il est court, il pose franchement les problèmes, et il est admirablement construit.

Partant d’une réflexion fondamentale sur ce qu’est un document – le fameux exemple de l’antilope -, Suzanne Briet bâtit chapitre après chapitre une vigoureuse théorie globale de l’information. Et de cette théorie, en 2008, il n’y a pas grand’chose à jeter. Il serait injuste de dire, comme Yves-François Le Coadic, que Suzanne Briet, en mettant en avant la fonction culturelle de la documentation, manque sa dimension technologique. Au contraire, elle ne cesse d’insister sur l’importance de la maîtrise des nouvelles machines : « Le documentaliste sera de plus en plus tributaire d’un outillage dont la technicité augmente à une vitesse grand V.