Revue française de sciences politique, vol 52, N° 4 : Août 2002 PDF

Ces accords avaient pour but de régler la crise des Sudètes mais, indirectement, ils scellent la mort de la Tchécoslovaquie en tant qu’État indépendant, en permettant à Hitler d’annexer les régions tchécoslovaques revue française de sciences politique, vol 52, N° 4 : Août 2002 PDF d’Allemands. Chamberlain, Daladier, Hitler et Mussolini le 29 septembre 1938.


Bohême sont vassaux puis princes-électeurs du Saint-Empire avant que la couronne ne passe à la maison d’Autriche, certains rois de Bohême ont même été empereurs. Ces destinées séparées ont créé de fait deux nations distinctes réunies de manière arbitraire pour justifier leur autonomie. Allemands des Sudètes deviennent une minorité au sein de l’État tchécoslovaque nouvellement créé. Collectivement, ces régions sont appelées la Région des Sudètes. Les citoyens de nationalité allemande sont 3 millions dans un pays de 15 millions d’habitants. Cependant, jusqu’en 1935 au parlement tchécoslovaque, ce n’est qu’une minorité des députés germanophones des Sudètes qui demande la sécession complète de leur région, certains Allemands des Sudètes participant même aux coalitions gouvernementales. La crise économique de 1929 a une influence importante dans les régions industrielles des Sudètes où le chômage s’élève très rapidement, accentuant les conflits nationalistes.

Allemagne à la suite de la prise du pouvoir par Hitler en 1933. Il est alors évident que la prochaine exigence de Hitler sera le rattachement de la Région des Sudètes. Mobilisation de réservistes pendant la crise des Sudètes, affiche placardée à Metz. La France mobilise alors ses troupes alors que, sur proposition de Benito Mussolini, Hitler décide d’organiser une conférence de la dernière chance.

L’Union soviétique réclame la tenue immédiate de négociations militaires entre des représentants des forces soviétiques, françaises et tchécoslovaques, ainsi que l’inscription de la crise à l’ordre du jour de l’assemblée générale de la Société des Nations. Entre le 21 et le 23 septembre, l’Armée rouge mobilise et déploie des forces considérables près de Kiev et en Biélorussie : environ soixante divisions d’infanterie, seize divisions de cavalerie, six corps de chars et dix-sept brigades aériennes. Le ministre britannique des Affaires étrangères, Edward Frederick Lindley Wood, fait informer son homologue soviétique, Maxime Litvinov, que sa présence n’est pas souhaitable afin de ne pas  provoquer  Hitler. Neville Chamberlain brandissant devant la foule le document qui atteste de l’accord de Munich. La France a un traité d’alliance avec la Tchécoslovaquie, mais n’est pas prête pour la guerre.

La France de Daladier est à la veille d’élections, ce qui est une situation peu favorable à une opération militaire d’envergure, et elle ne souhaite pas entrer en guerre sans la présence du Royaume-Uni à ses côtés. La France abandonne la Tchécoslovaquie avec laquelle elle avait passé des accords pour garantir ses frontières. En France, les accords de Munich font consensus. La majorité des hommes politiques sont  munichois , les  antimunichois  sont dispersés sur  l’échiquier politique .