Revue Quart Monde n° 215 – Développement durable : avec ou sans misère ? – Aout 2010 PDF

Ils concernent en général les habitants pauvres des pays en développement. D’une façon plus restrictive, la microfinance se réfère à un certain nombre d’institutions privées ou publiques qui se réclament de la microfinance. Dans cet article, on désigne souvent les revue Quart Monde n° 215 – Développement durable : avec ou sans misère ? – Aout 2010 PDF de microfinance par  IMF .


Est-il évident que la microfinance réduit la pauvreté ? Bonne utilisation de l’argent des donateurs ? Normalement, les banques ne fournissent pas de services financiers à des clients dépourvus d’un minimum de revenus. Pour gérer un compte clients, ces mêmes banques doivent supporter un coût fixe assez substantiel qui ne dépend pas du montant des sommes d’argent mises en jeu.

De plus les pauvres ne possèdent pas suffisamment de biens qui puissent être considérés comme un collatéral, c’est-à-dire qui puissent servir de garantie. Même lorsqu’ils possèdent leurs terres, ils n’en ont souvent aucun titre de propriété. Cela implique que les banques n’ont pratiquement pas de recours contre les emprunteurs défaillants. Alors que ces prêteurs sont souvent stigmatisés et traités d’usuriers, leurs services sont accessibles, rapides et très flexibles lorsque les emprunteurs doivent faire face à des problèmes. Les espoirs qu’on a pu caresser de les éliminer du circuit se sont avérés irréalistes même dans des contextes où les institutions de microfinance étaient très actives. Dans les années 1970, avec la Grameen Bank, Muhammad Yunus développe le microcrédit au Bangladesh et ouvre la voie à de nombreuses autres expériences menées dans le monde entier. Le succès de la Grameen Bank qui compte maintenant comme clients plus de 7 millions de Bangladeshies pauvres a connu un écho dans le monde entier, dans la pratique, il s’est avéré difficile de recopier cette expérience.

Dans les pays où les densités de population sont plus faibles, il est beaucoup plus problématique de réunir les conditions de rentabilité pour créer des services et commerces de proximité. Beaucoup de progrès ont été effectués, mais tous les problèmes n’ont pas été résolus, et la grande majorité de la population qui gagne moins d’un euro par jour, spécialement dans les zones rurales, ne bénéficie toujours d’aucun accès au secteur financier normal. En principe, la microfinance peut recouvrir toutes les démarches ayant pour but d’accroître les accès ou d’améliorer la qualité des services financiers auxquels les plus pauvres peuvent recourir ou qui peuvent leur être d’une quelconque utilité. Par exemple, les pauvres empruntent à des prêteurs locaux et placent de la même façon leurs économies dans l’économie informelle. Il est bien difficile de tracer une frontière bien nette qui distinguerait la microfinance d’activités similaires.

Les pauvres n’ont pas seulement besoin de crédit, mais aussi de moyens pour placer leur épargne, d’assurance, et de services de transfert de fonds. La microfinance doit procurer des avantages aux ménages pauvres : élévation du niveau de vie, constitution de patrimoine et de garanties pour les prémunir contre des remous auxquels ils peuvent être confrontés. Les subsides provenant de donateurs ou du gouvernement sont rares et incertains. Par conséquent, pour atteindre un plus grand nombre de pauvres, la microfinance doit s’auto-entretenir. La microfinance implique de mettre sur pied des institutions locales permanentes. La microfinance implique également d’intégrer les besoins financiers des populations pauvres dans un système financier national. Le goulot d’étranglement critique est la pénurie d’institutions fortes et de managers.