Son Excellence Eugène Rougon PDF

Son Excellence Eugène Rougon est un roman d’Émile Zola publié en 1876, sixième volume de la série Les Rougon-Macquart. Eugène Rouher, modèle sur lequel est basée la personnalité d’Eugène Rougon. Eugène Rougon est le fils aîné son Excellence Eugène Rougon PDF Pierre et Félicité Rougon. L’action s’ouvre sur une séance à la chambre des députés.


Voici un roman centré autour d’un person-nage, et ce personnage lui-même ne vit que par et pour la politique. Voici un roman où la politique ne fait pas une apparition occasionnelle, comme dans L’Éducation sentimentale ou même dans Lucien Leuwen, mais qui, d’emblée, se propose de montrer les coulisses gouvernementales, aussi bien les aspects officiels de la vie politique que ses dessous, nous fait assister à une séance de l’Assemblée et à un Conseil des ministres. Un roman qui présente l’ambition politique comme une idée fixe, comme une passion mobilisant toutes les forces d’un homme. Ce n’est pas une mince originalité, du moins à la fin du xixe siècle. Rassurons-nous, en effet, toute cette histoire se passe sous le Second Empire : aucune allusion à notre époque n’est à craindre. Et pourtant…

Chacun est venu comme au spectacle, les propos relèvent du commérage plutôt que du débat, la chambre est totalement soumise à l’Empereur. Lorsque Eugène Rougon, tombé en défaveur, démissionne de la présidence du Conseil d’État, on assiste à tout le travail d’influence auquel se livre son entourage, sa bande, pour le ramener au pouvoir. Sentant que l’excès de pouvoir nuit à Rougon et aussi parce que chacun a obtenu ce qu’il souhaitait, l’entourage du grand homme prend alors ses distances vis-à-vis de lui. Clorinde, devenue maîtresse de l’Empereur, provoque sa chute, se vengeant enfin de l’homme qui n’a pas voulu d’elle comme épouse. Trois ans plus tard, en 1861, Rougon revient au gouvernement comme ministre sans portefeuille. L’acharné partisan d’un Empire autoritaire s’est transformé en défenseur de la politique libérale que promeut Napoléon III.

Dans ce roman, Zola s’attache à décrire comment se mêlent le monde politique et celui des affaires dans la société du Second Empire : sphères d’influence, liens étroits entre la presse officielle et le pouvoir, clientélisme, avidité puis ingratitude de ceux à qui des faveurs ont été accordées. Eugène Rougon est un homme dévoré par l’appétit du pouvoir, trait héréditaire chez les Rougon. Vivant simplement, il aime le pouvoir pour lui-même, comme une manifestation de sa propre force. Il ne recherche ni les honneurs ni la richesse, le pouvoir lui suffit. Il montre du mépris pour ceux qui le servent, mais veille aussi sur leurs intérêts, comme paternellement, pour mieux se les attacher.

L’une des rares faiblesses d’Eugène Rougon réside dans sa peur des femmes et dans son comportement maladroit avec elles. D’où ses déboires avec la belle Clorinde Balbi : mélange de complicité, de lutte d’influence, de manipulation, de jalousie voire de haine, les relations qu’ils entretiennent constituent un des fils directeurs du roman. Enfin, Zola décrit dans le détail les fastes de la cour impériale à Compiègne. Par son accumulation, le luxe s’oppose avec d’autant plus de violence à la misère décrite dans d’autres volumes des Rougon-Macquart.

C’est avec cette précision que Zola veut dénoncer le cynisme et la cruauté de la société du Second Empire. David Baguley,  Histoire et mythe dans Son Excellence Eugène Rougon , Les Cahiers Naturalistes, 1982, no 56, p. Colette Becker, Gina Gourdin-Servenière, Véronique Lavielle,  Dictionnaire d’Émile Zola , Robert Laffont, Bouquins, 1993. Grant,  Studies on Zola’s Son Excellence Eugène Rougon , Romanic Review, 1953, no 44, p. Grant,  Émile Zola’s Son Excellence Eugène Rougon : An Historical and Critical Study , Durham, Duke UP, no 1960. Henri Mitterand,  La Genèse et la publication de Son Excellence Eugène Rougon d’Émile Zola , Mercure de France, 1961, no 342, p. Elénore Reverzy,  Histoire et politique dans Les Rougon-Macquart : Son Excellence Eugène Rougon , Images du temps, pensée de l’histoire, Paris, Minard, 2005, p.